jeudi, 10 avril 2008
A propos du Tibet...
Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l’autorité des rois de France. Parler « d’invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant. Dit-on que la France a « envahi » la Vendée quand les armées de notre République y sont entrées contre les insurgés royalistes du cru ?
Le Dalaï Lama et les autres seigneurs tibétains ont accepté tout ce que la Chine communiste leur proposait et offrait, comme par exemple le poste de vice président de l’assemblée populaire que « sa sainteté » a occupé sans rechigner. Cela jusqu’au jour de 1956 où le régime communiste a décidé d’abolir le servage au Tibet et régions limitrophes.
Dans une négation des traditions, que j’approuve entièrement, les communistes ont abrogé les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d’esclaves le droit de vie, de mort et de tortures sur eux. On n’évoque pas le satut des femmes sous ce régime là. Mais il est possible de se renseigner si l’on a le coeur bien accroché.
L’autorité communiste a mis fin aux luttes violentes entre chefs locaux du prétendue paradis de la non violence ainsi qu’aux divers châtiments sanglants que les moines infligeaient à ceux qui contrevenaient aux règles religieuses dont ils étaient les gardiens. La version tibétaine de la Charria a pris fin avec les communistes. La révolte de 1959 fut préparée, armée, entretenue et financée par les USA dans le cadre de la guerre froide. Voila ce qu’il en est des traditions charmantes du régime du Dalaï Lama avant les communistes et de l’horrible « invasion » qui y a mis fin.
Depuis, la scolarisation des enfants du Tibet concerne 81% d’entre eux là où il n’y en avait que 2% au temps bénis des traditions. Et l’espérance de vie dans l’enfer chinois contemporain prolonge la vie des esclaves de cette vallée de larmes de 35, 5 à 67 ans. En foi de quoi l’anéantissement des tibétain se manifeste par le doublement de la population tibétaine depuis 1959 faisant passer celle-ci de un million à deux millions et demi.
Pour tout cela, la situation mérite mieux, davantage de circonspection, plus de respect pour les chinois que les clichés ridicules que colportent des gens qui ne voudraient ni pour eux, ni pour leur compagne ni pour leurs enfants d’un régime aussi lamentable que celui du roi des moines bouddhistes du Tibet.
A l’heure actuelle je n’éprouve aucune sympathie pour « le gouvernement en exil du Tibet » dont sa sainteté est le décideur ultime sur pratiquement toutes les questions, où siège un nombre de membres de sa famille qu’il est tout à fait inhabituel de trouver dans un gouvernement, même en exil, sans parler de leur présence aux postes clefs de la finance et des affaires de cet exil. Je respecte le droit de sa sainteté de croire ce qu’elle veut et à ses partisans de même. Mais je m’accorde le droit d’être en désaccord total avec l’idée de leur régime théocratique. Je suis également hostile à l’embrigadement d’enfants dans les monastères. Je suis opposé à l’existence du servage.
Je suis laïque partout et pour tous et donc totalement opposé à l’autorité politique des religieux, même de ceux que l’album "Tintin au Tibet" a rendu attendrissants et qui ne l’ont pourtant jamais été. Je désapprouve aussi les prises de position du "roi des moines" contre l’avortement et les homosexuels. Même non violentes et entourées de sourires assez séducteurs, ses déclarations sur ces deux sujets sont à mes yeux aussi archaïques que son projet politique théocratique. Je n’ai jamais soutenu l’Ayatollah Khomeiny, même quand j’étais contre le Shah d’Iran. Je ne soutiens pas davantage ni n’encourage le Dalaï Lama, ni dans sa religion qui ne me concerne pas, ni dans ses prétentions politiques que je désapprouve ni dans ses tentatives cecessionistes que je condamne. Je demande: pourquoi pour exercer sa religion et la diriger le Dalaï Lama aurait-il besoin d’un Etat ? Un Etat qui pour être constitué demanderait d’amputer la Chine du quart de sa surface! Son magistère moral et religieux actuel souffre-t-il de n’être assis sur aucune royauté ?
Jean Luc Melenchon
11:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : laicité, international
samedi, 16 février 2008
C'est Ferry qu'il assassine!
Cela faisait longtemps , trop longtemps que Nicolas Sarkozy ne nous avait pas gratifié d'un énième discours sur ses vues historiques et religieuses.
C'est à nouveau chose faite depuis avant- hier soir, au diner du CRIF.
Au delà de l'incongruité de parler religion devant une institution laïque, ce qui renforce une fois de plus l'amalgame entre religion juive et judéité, Nicolas Sarkozy a asséné une fois de plus sa relecture del'histoire et sa vision très particulière de la laïcité.
Malheureusement, cela a été occulté dans les médias par son annonce concernant » le parrainage d'enfants de la shoah « par les élèves de CM2
Ainsi, il déclare « le drame du XX° siècle n'est pas né d'un excès de Dieu mais de sa redoutable absence » et « le monde sans dieu que le communisme et le nazisme ont cherché à batir ne s'est pas révélé tellement préférable ». Autrement dit, nazisme et communisme( qui sont mis sur un même pied d'égalité) sont les fruits d'un monde athé...
Jacques Chirac , lors de la commémoration de la rafle du Vel d'hiv en1995 ,avait fait litière de la mythologie gaulliste comme quoi Vichy n'était pas la France et avait reconnu la responsabilité de l'état français dans la Shoah (« Oui, la folie criminelle de l'occupant a été chacun le sait, secondée par l'état français. La France, patrie des Lumières,patrie des droits de l'homme, terre d'accueil, terre d'asile, la France ce jour là accomplissait l'irréparable, manquant à sa parole ») Nicolas Sarkozy revient aux vieilles lunes gaullistes en affirmant » Même en 1940, quand Vichy édictait l'immonde statut des juifs, vous saviez que la République n'était pas dans ce crime »
Et pour finir, the last but not the least, il remet en cause complêtement la conception actuelle de la laïcité en prônant » nos enfants ont le droit de rencontrer, à un moment de leur formation intellectuelle et humaine , des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de Dieu ». Pas de spiritualité sans religion. A quand le cathéchisme dans l'enseignement public?« Toiletter » la loi de 1905 ne lui suffit plus. C'est Ferry ( Jules) qu'il asssassine.
Karine Chevalier
14:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : laïcité
samedi, 26 janvier 2008
POLITIQUE DE CIVILISATION,POLITIQUE DE REACTION!
Depuis un mois, il ne se passe pas un jour sans qu'on nous rabatte les oreilles avec le grand dessein de Sarkozy, la politique de la civilisation. Politique de civilisation par ci, politique de civilisation par là. L'expression est belle, clinquante...mais derrière le toc des mots, quel est le choc des réalités?
Dans le domaine social, la politique de civilisation , c''est la remise en cause de la durée légale du travail. Certes, sur le papier elle existera encore, mais ce sera de l'ordre du symbolique.En pratique, c'est le patronat qui la fixera au « cours de négociations par entreprises ». Véritable escroquerie, surtout lorsqu'on sait que dans 90 % des entreprises, il n'y a pas de représentation syndicale!Finalement, c'est le retour du face à face employé-employeur,tout comme au XIX° siècle, quand l'ouvrier était en tête à tête avec son patron qui fixait la durée du travail!
Est ce cela la modernité? Est ce cela civiliser le travail?
Dans le domaine des valeurs,la politique de civilisation, c'est la remise en cause de la laïcité.C'est l'idée qu'il n'y a pas de morale sans religiosité, que les civilisations se réduisent aux religions et que l'espérance ne peut être de ce monde! Quant aux curés, imams et autres religieux, c'est à eux qu'incombe de civiliser les jeunes des banlieues!En attendant ce que l'on appelle pudiquement « le toilettage » de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat annoncé aujourd'hui par Michèle Alliot Marie!
Et pour finir, dans le domaine de la justice, la politique de civilisation, c'est le retour à une certaine forme de lettre de cachet avec la loi sur la rétention de sureté. Surfant sur l'émotion provoquée par quelques faits divers, on en arrive à mettre en place une peine de mort sociale, la rétention préventive de sécurité! Ainsi, on n'est plus condamné parce que l'on a été jugé pour avoir commis une infraction mais parce qu'on risque éventuellement d'en commettre une.C'est la négation de l'habeas corpus( XVII° siècle), de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (XVIII° siècle). C'est « Minority repport »:la réalité rejoint la fiction!! Et puis sur ce coup là, les députés UMP se sont régalés dans la surrenchère sécuritaire, n'hésitant pas à élargir cette disposition future à tous ceux qui seraient condamnés à plus de 15 ans de prison et ne craignant pas voter une loi qui s'appliquerait rétroactivement, violant ainsi tous les principes constitutionnels ( la dernière fois que l'on a vu des lois rétroactives, c'est sous Vichy...)
Finalement, cette fameuse politique de civilisation, c'est la politique la plus rétrograde, la plus réactionnaire qui soit. Edgard Morin ne doit plus reconnaître son concept!
Karine Chevalier
15:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : laïcité, social
lundi, 21 janvier 2008
LA LAICITE EN DANGER
L’air du temps se nourrit de pensée positive , cet ersatz d’optimisme pour avaler des pilules amères ou indigestes.
Dernière née de cette tendance « novatrice » la laïcité positive (vous aviez déjà dit discrimination), leitmotiv asséné par notre président « mouche du coche » lors des vœux aux autorités religieuses.
Si ce n’est qu’à Rome ou à Riad il fait le parallèle, dans la constitution de l’identité nationale et du pacte républicain, entre « le siècle des lumières » et « un dieu qui n’asservit pas l’homme mais le libère », il met donc sur un pied d’égalité ce qui relève de la croyance et ce qui relève de la raison, stigmatise les non croyants « qui ne s’interrogent pas sur l’essentiel» et défie donc le principe laïque de la neutralité de sa fonction au nom d’une vérité, à lui seul révélée…
Encore un peu d'espoir pour les catholiques
La laïcité a longtemps justifié le rayonnement d’une France progressiste, universaliste. Elle a durablement garanti la paix sociale, préservé des dérives intégristes, et contribué à faire notamment de l’école, un espace de respect et d’égalité dont bénéficieront plus particulièrement les filles de toutes confessions.
Jeter de l’huile sur le feu, mettre au pas, régresser au nom d’une politique de civilisation qui fausse la pensée d’Edgar MORIN, quels seront les limites et les dangers de l’inconséquence ?
Ces illustrations du principe démagogique et cathodique du « c’est mon droit, c’est mon choix », ne sont-elles pas l’écran de fumée destiné à masquer une croissance en berne, attendue à 2.5 et envisageable à 1.6 et un pouvoir d’achat en chute libre.
Pour preuve : « L’espérance dans un au-delà meilleur est un facteur d’apaisement et de consolation pour la vie d’aujourd’hui » est la version sarkosienne de la parabole où il est question de l’égale impossibilité pour les riches d’accéder aux royaumes des cieux…. que pour les chameaux de passer par le chas d’une aiguille.
A coup sûr les contribuables bénéficiaires du bouclier fiscal seront voués aux flammes de l’enfer, alors que pour les autres : « on ira tous au paradis….toi et moi.. ».
Dolorès ROQUE
18:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : laïcité
lundi, 14 janvier 2008
CONTRADICTION / RIDEAU DE FUMEE SAISON 2
Nous tenons en premier lieu à faire un rectificatif concernant les conséquences de la suppression des 35 heures commentées dans notre séquence SAISON 1, décision remise en cause le jour suivant par le Président (faire et défaire c'est toujours travailler).
Nous avons pu nous procurer le bulletin de santé du Président. Il s'agirait d'après les experts, je cite "d'une désorientation spatiale"....Le coût risque d'être moins élevé que celui causé par le crash du Rafale de l'armée de l'air, la même défaillance ayant frappé le malheureux pilote. Un groupe d'étude va être mis en place pour éviter la contagion qui pourrait accroître le déficit de la Sécurité Sociale et décimer nos élites.
REPRENONS LE SHOW
Critères de mesures de l'économie
Deux prix Nobel vont se pencher sur l'étude de nouveaux critères de mesures pour retrouver la confiance (c'est du sérieux).
Il nous refait le coup de la mesure de l'insécurité qui, nous dit-on, était sur une tendance positive de décroissance, pendant que les émeutes faisaient la UNE sur tous les médias.
Mais cette fois si!! C'est une mesure du BONHEUR dont il s'agit et oui !!!
L'école
Priorité à l'école primaire a-t-il dit pendant sa conférence, alors que précedemment le ministre n'évoquait que la réforme du collège unique. Pas de problème, on fera tout en même temps, service après-vente garanti !!
Formation des enseignants.
Nous avons trouvé l'axe du développement de cette formation dans le discours du Vatican... Oui, vous vous en souvenez, la claque dans le dos à Benoît !!
Je cite notre Président "L'INSTITUTEUR NE POURRA JAMAIS REMPLACER UN PASTEUR". eh bien, la voilà la formation! celle de Pasteur après un passage chez Benoît.
C'est cela la laïcité positive de notre Président.
Service public de l'audio visuel
Vive la qualité, la vrai qualité, bien sûr, mais oui, la voila la solution.
Suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévision. Pour le financement, taxes sur la téléphonie mobile, internet, et sur les recettes publicitaires des chaînes privées.
Le piège mortel pour France Télévision :
- suppression de la régie publicitaire, soit 300 personnes qui iront planter les choux.
- financement dépendant des recettes publicitaires du privé, super génial !
- et enfin, gros cadeau à l'actionnaire de la plus importante chaîne privée qui va pouvoir vendre dans d'excellentes conditions pour prendre le contrôle de l'activité nucléaire en France.
Et enfin, le futur acquéreur de cette chaîne, une société de produits de luxe qui vient d'acheter le journal les Echos.
Et alors me direz vous, quel manque de considération pour le Monsieur qui lui prête sa pirogue et son delta plane pour ses vacances et qui attend lui aussi son cadeau. Lequel sera-t-il ? Si vous avez des infos, à vous le clavier.
Frédéric Sauvagnac
19:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : économie, sarkozy, laïcité
samedi, 22 décembre 2007
La laïcité en question
Verbatim
LEMONDE.FR | 21.12.07
"Depuis longtemps, les républicains et les laïcs se méfient et s’inquiètent de Nicolas Sarkozy et de ses tentations :
- Depuis sa volonté exprimée, il y a 2 ans, de revenir sur la loi de 1905 dite de séparation des églises et de l’Etat.
- Depuis son livre « La République, les religions, l’espérance », paru en 2004 où il dissertait sur la nécessité, pour la République de déléguer aux religions un certain nombre de missions.
- Depuis son discours de Constantine il y a quelques semaines où il réduisait les civilisations aux religions, la civilisation arabe à l’islam, la civilisation occidentale à la chrétienté, et où en disant « nous », il ne parlait pas au nom des français ni au nom des européens mais au nom des chrétiens…
Hier, à Rome, Sarkozy a confirmé ces inquiétudes et ses menaces. Il a plaidé pour une « laïcité positive ». Soit. Mais peut-il nous exposer ce que serait une laïcité « négative » ?
Pour nous, la Laïcité est une grande et belle valeur républicaine qui n’a point besoin d’adjectif qualificatif. Il a précisé que le Laïcité devait, certes, « veiller à la liberté de pensée » – c’est bien le moins ! – mais aussi assumer également les racines chrétiennes de la France !
Que l’histoire de la France soit imprégnée de christianisme, qui peut le nier ? S’il ne s’agissait que de le rappeler, le Président aurait enfoncé une porte ouverte.
Mais y insister, n’est-ce pas nier le reste de l’identité française ? Son enrichissement par d’autres cultures, d’autres religions, d’autres philosophies ?
Les juifs, les musulmans, les athées et les agnostiques, tous les croyants et tous les non-croyants sont-ils encore des filles et des fils de France, Monsieur Sarkozy ?
Vous dites que « la France a besoin de catholiques convaincus » mais les autres ? La France n’en a-t-elle pas besoin aussi ?
Jean Glavany, Secrétaire national à la Laïcité
12:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : laïcité
