jeudi, 05 mars 2009
le plan de relance n'est pas à la hauteur
08:42 Publié dans Actualités, Coup de coeur/Coup de griffe, Débat/Forum, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, international, economie
dimanche, 15 février 2009
Le gâchis
Il veut mettre « la politique familiale au carré », et dénonce une « hypocrisie, le libre choix des femmes », celles qui s’arrêtent de travailler pour profiter -moyennent 550 euros par mois- d’ être payées « à ne rien faire » pendant les 3 ans d’un congé dit parental dont les pères ne profitent pas. Et tout cela, au nom de « l’égalité homme-femme » ; c’est le Président de la République qui parle.
Question hypocrisie, on nous avait déjà annoncé avec force publicité, « le droit de garde – des enfants- opposable », avant d’y renoncer. Il faut dire que le projet consistait en quelque sorte pour un père ou une mère d’un enfant malade qu’on ne pouvait ni confier à la crèche, ni à l’école, ni même à une amie ou parente de bonne volonté, de le conduire le matin chez le Préfet, à charge à ce dernier de se débrouiller. Aujourd’hui, on nous promet 200 000 places de crèche supplémentaires d’ici la prochaine présidentielle de 2012, pour mémoire, 150 000 de moins que l’engagement de campagne de l’actuel locataire de l’Elysée.
Notez bien que ce n’est pas difficile. Non de créer des places pour tous ces nourrissons qui font la queue en piaffant sur les listes d’attente de la mairie, du conseil général, ou de la crèche d’entreprise, mais de les exiger avec brio et assurance. Car, la mise en place de ces infrastructures est une compétence non obligatoire des collectivités territoriales. Et si de ce côté-là, si elles sont loin d’être de mauvaise volonté, elles vont devoir encore se demander comment budgéter leur reste à payer en dehors des queues de cerises, 6%, que leur promet encore le chef de l’Etat.
La question n’est pas là.
Une vraie politique familiale intègre l’égalité des hommes et femmes. C'est-à-dire qu’elle place les deux parents sur un pied d’égalité, et met au centre de la famille la dimension de la conciliation de la vie professionnelle et familiale.

Nicolas Sarkozy essaye de nous faire croire que demain, entendez d’ici 2012, la France aura atteint les performances de la Suède. Je vous en ai déjà parlé (Voir « Les gamins avant le turbin », 3 février 2009 ).
Mais soyons honnête, il n’a pas tout à fait tort. Parce que la France y sera probablement contrainte. L’Union européenne prépare, d’ici 2010, un projet de Directive pour « Redoubler d’efforts pour mieux concilier vie professionnelle, vie privée et vie de famille», (http://ec.europa.eu)
Reste à savoir pourquoi celui qui a présidé l’Europe pendant les derniers six mois ne le sait pas. Du gâchis, je vous dis...
Geneviève Tapié
15:16 Publié dans Actualités, agenda, Coup de coeur/Coup de griffe, Débat/Forum, Famille, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, social, économie
samedi, 24 janvier 2009
Les solutions du PS héraultais face à la crise
Robert Navarro estime les querelles liées aux élections sénatoriales dépassées Robert Navarro, le secrétaire fédéral du Parti socialiste, est désormais bien campé dans son rôle de politique national. Son rôle au Sénat, sans doute. Ou celui qui fut, jusqu'au 1er octobre dernier, député européen et seul représentant régional. Ou encore celui de membre du cercle très fermé du bureau national du PS. Seul représentant héraultais encore. Bref, celui qui a toute la légitimité pour causer d'affaires graves comme la crise.
Fraîchement sorti du même bureau national du PS, le
premier de l'ère de Martine Aubry, Robert Navarro peut fustiger le bilan Sarkozy et son plan de relance : « La droite s'est plantée sur le plan de relance, lâche-t-il. Car il manque un second pilier : la relance de la consommation. » Pour schématiser : les 25 milliards d'euros pour les entreprises, c'est bien mais il en manque 25 pour « améliorer immédiatement le pouvoir d'achat des Français ». Comment ? Un chèque crise de 500 € à tous les bénéficiaires de minima sociaux, la baisse d'un point de TVA, une revalorisation du smic de 3 %... Du concret et du rapide pour « injecter de l'argent dans le circuit car la réalité qu'on nous cache, c'est que la récession qui arrive sera de 3 à 4 % », prédit Robert Navarro.
Pour le reste, le sénateur a fait la paix des braves. Les querelles du passé sont derrière lui. Il s'avoue volontiers « à fond derrière Aubry. Désormais, il faut travailler. » Il a, par ailleurs, signé la pétition d'André Vezinhet en faveur de la sauvegarde des départements. Et dénonce « le grand chantier de la réforme des collectivités », voulu par Sarkozy (lire ci-contre). Sur les régionales, Robert Navarro se conforte dans une position d'attentisme quand, à l'UMP, on occupe l'espace : « Nous sommes les sortants. On gère. On attend la commission Balladur et, surtout, savoir si on vote en 2010 ou en 2011. » Exit donc les récentes secousses au sein du PS départemental. Seul bémol : avec Frêche, une première. Le président de la Région le verrait bien laisser sa place de premier fédéral d'ici deux ans : « Pour la première fois, je suis en désaccord avec lui. J'ai trois ans à faire et jamais je n'ai dit que j'arrêterais là. »
Yannick POVILLON dans Midi Libre
11:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, economie, crise
samedi, 22 novembre 2008
Le doute
le résultat de l' "élection" est entaché de doute. Pourquoi ?
- le délai entre les résultats dans les sections et l'annonce officielle. Même au PS, nous ne sommes plus au temps des pigeons voyageurs. Pigeons souvent, voyageurs quelquefois, mais les deux ensemble, c'est dépassé. La veille, les résultats, pourtant plus complexes, ont été obtenus beaucoup plus vite.
- l'analyse des chiffres. La Gironde et l'Aquitaine ont progressé, comme un vol de passereaux, en faveur de Ségolène Royal. Dix points en Gironde. Charisme des leaders ou élan militant ? Les leaders en question n'étant pas majoritairement en faveur de SR, j'ai tendance à penser que la deuxième proposition est la bonne.
Pourquoi, alors, en serait-il autrement, dans quelques territoires protégés de l'élan national ? Le Nord et la basse-Normandie, sont-ils protégés, comme la France à l'époque, du nuage de Tchernobyl ?
Michèle Delaunay, député de Bordeaux
21:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, international, economie
samedi, 01 novembre 2008
La crise, prétexte pour imposer le travail le dimanche
À la suite des nombreuses déclarations de Nicolas Sarkozy (dont lesquelles il aime répéter sans cesse la même blague - en matière de communication politique, la répétition est sans doute la meilleure des rhétoriques), la polémique du travail du dimanche est relancée.
Pourtant, nous savons parfaitement qu’une telle mesure n’aurait aucun effet positif sur l’économie. Elle ne créera aucune consommation supplémentaire puisque qu’elle n’augmentera pas le pouvoir d’achat, qui en est le vrai frein. Il n’y a en effet aucune raison pour que ce que l’on achète le dimanche, on le rachète dans la semaine. Et si dans une telle situation, la consommation augmente, c’est alors les cas de surendettement qui seront légion.
Ensuite, cela ne créera aucun emploi. Si la grande distribution embaucher davantage d’employés (souvent dans des conditions particulièrement précaires), nous savons que ce sont les petits commerces qui pâtiront de cette concurrence déloyale et qui devront supprimer des postes.
Alors que la crise financière devrait nous rappeler à la nécessité de plus de régulation, à refuser que le marché impose ses règles, elle sert visiblement de prétexte à l’idée d’aller chercher la croissance en imposant le travail du dimanche. Il ne s’agit plus de créer des emplois, mais d’éviter leur destruction. Notons qu’en réalité, la proposition gouvernementale ne contient même pas le doublement du salaire avancé comme argument. Et le droit au refus du salarié, avancé comme l’arme fatale est absurde. Comme cela est développé sur rue89, cela "revient à prétendre qu’il suffirait d’inscrire le droit de refuser le harcèlement pour qu’il disparaisse, ou de penser que la question n’est pas un critère d’embauche".
Nicolas Sarkozy a essayé de justifier l’ouverture dominicale par l’argument touristique. Mais si nous recevons autant de touristes, c’est sans doute, comme le rappellent les syndicats, pour notre art de vivre que nous devons conserver. Nous devons continuer de profiter de nos musées, de notre patrimoine historique, de nos marchés traditionnels qui seront fermés si les grandes surfaces ouvrent le dimanche.
La majorité prend prétexte de la crise pour déréguler un peu plus ce qui est vu comme un frein au développement des grands groupes, au mépris de la qualité de vie et des avancées sociales durement acquises. À ce rythme là, on nous expliquera bientôt que la crise justifie l’alignement du droit du travail français (trop contraignant c’est bien connu) sur le droit chinois.
Le dimanche doit rester le jour de repos commun, pour permettre à tout le monde de se retrouver. Notre vie n’est pas faite seulement pour produire et consommer, heureusement.
Jean Louis Bianco
09:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, sarkozy
mercredi, 29 octobre 2008
Les choix de Sarkozy vus d'Allemagne
Nicolas Sarkozy veut injecter 10,5 milliards d'euros dans les six plus grandes banques de son pays. Il veut assouplir la taxe professionnelle. Et il veut intervenir dans les secteurs clés de l'industrie à l'aide d'un fonds "souverain" doté de 175 milliards d'euros. Compte tenu de la crise qui frappe la deuxième économie de l'Union européenne, ces déclarations ne doivent pas surprendre. Elles incarnent le maintien d'une vieille tradition française [d'interventionnisme étatique]. De plus, elles n'ont pas d'alternative dans l'espace public, face à une opposition de gauche réduite au silence dans le domaine de la politique économique. Ses efforts suscitent la sympathie de ses compatriotes, les derniers sondages le montrent.
A la différence d'Angela Merkel, qui tergiverse et rechigne à prendre des mesures au niveau européen, le président français donne ces temps-ci l'impression d'être un homme d'action. Fidèle à lui-même, il agit seul et en toute hâte. Un style critiquable. Mais, au lieu de vérifier si ces décisions peuvent servir les intérêts de l'économie française, voire européenne, le camp allemand suggère que le président français utilise la crise pour mettre en place une sorte de néosocialisme. Aussi utilise-t-on, pour caractériser sa politique, les termes très connotés de "nationalisation" ou de "nationalisation partielle". Peut-être les réactions de cet ordre attisent-elles [de part et d'autre] les ressentiments nationaux, mais elles ne correspondent pas à la réalité. Car il est notoire que Sarkozy ne nourrit aucune intention hérétique à l'égard du dogme libéral : ne cherche-t-il pas, par exemple, à accélérer le retrait de l'Etat des hôpitaux et autres services publics ?
En fait, Nicolas Sarkozy veut "soutenir" les entreprises afin de les renforcer face à la concurrence internationale. Il ne s'efforce pas d'imposer un contrôle de l'Etat sur les banques, ni d'orienter la politique des entreprises en faveur du plus grand nombre, salariés ou consommateurs. Le président français n'est pas en quête d'un New Deal ; il sert la concurrence et la maximisation des profits.
Dorothea Hahn
Die Tageszeitung
10:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, social, sarkozy
vendredi, 17 octobre 2008
“There Is No Alternative”
Ségolène Royal a raison de dénoncer le risque qu’il y aurait à ne pas changer le système.
Aujourd’hui, alors que les bourses mondiales repartent à la hausse, plus personne ou presque n’évoque la remise en cause du système économique libéral actuel.
S’il est nécessaire que l’État vienne en soutien aux établissements bancaires par le versement de plusieurs centaines de milliards d’euros, la moindre des choses est de s’assurer de réelles et sérieuses contre-parties. Le risque est de consolider un système perverti sans avoir le courage politique de le changer.
Hier, Nicolas Sarkozy a présenté un plan de 360 milliards d’euros. Mais aucune réforme structurelle n’est envisagée. "Les obligations porteront d’abord sur l’éthique, notamment sur la question des rémunérations, puis sur le financement des particuliers, des entreprises, des PME et des collectivités territoriales" a-t-il déclaré…
Très mince demande aux géants de la finance, quand dans le même temps, on nous présente un budget 2009 faisant la part belle aux coupes sèches sur les budgets sociaux ou sur l’éducation nationale.
Cette réalité révèle toute la démagogie du discours de la droite qui ne cesse de stigmatiser les plus précaires d’entre nous en les qualifiant d’"assistés". Mais aujourd’hui, la "France des assistés", c’est celle des géants de la finance qui privatisent les profits et souhaiteraient nationaliser les pertes.
Jean Louis Bianco
14:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, economie, social
vendredi, 10 octobre 2008
Pour une refondation de l’UE sur la base de la zone euro
Avec mes camarades Jean-Pierre Mignard et Gilles Savary, nous avons souhaité apporter quelques éléments pour une réponse européenne à la crise financière.
Nous jugeons ainsi impératif de donner, enfin, à l’Eurogroupe un statut et des prérogatives à la hauteur des nécessités d’une zone monétaire comme l’Euroland.
À l’instar du FMI, ce groupe de 15 États dotés de la même monnaie doit pouvoir prescrire des orientations de politique économique, assister les États membres de l’Union en difficultés conjoncturelles ou structurelles, veiller à la convergence des économies européennes, disposer de moyens de contrôle, de régulation et de sanctions sur le secteur financier et ses débordements spéculatifs.
De la même façon, nous pensons urgent de doter la Commission européenne d’une feuille de route législative comprenant quatre missions :
- Moraliser et assainir le secteur financier et bancaire ;
- Responsabiliser judiciairement les agences de notation et les dirigeants d’établissements bancaires et financiers ;
- Réformer nos normes comptables plutôt que les importer des Etats-Unis ;
- Mettre en place des règles européennes prudentielles et de transparence des transactions.
Aujourd’hui, nous ne pouvons que constater la vacuité confondante des conclusions du Sommet de l’Élysée (samedi dernier, réunissant France, Allemagne, Grande-Bretagne et Italie), en pleine tourmente financière et bancaire. Cette réunion témoigne du délitement alarmant de l’ambition et de l’esprit européens.
Jean Louis Bianco
18:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, international, economie
La crise actuelle est-elle comparable à celle de 1929?
La baisse actuelle des Bourses, très marquée, est-elle similaire au krach boursier de 1929 ?
Jean-Paul Fitoussi : Oui et non. Elle est similaire dans son ampleur. Si l'on calcule depuis trois semaines, les Bourses ont perdu environ 20 à 25 % Elles les ont perdus en plusieurs séances, mais si on prend un mouvement plus long, elles ont beaucoup baissé. Il y a des similitudes avec le krach de 1929. Mais le contexte est très différent, où la baisse des cours se produit malgré les interventions massives décidées par les gouvernements pour, précisément, éviter un enchaînement du type 1929.
Pourquoi cette crise a-t-elle été comparée à celle de 1929. Est-ce par pur catastrophisme ou bien est-ce justifié ? Des crises économiques de grande envergure, le monde en a pourtant connu depuis les années 1930...
Jean-Paul Fitoussi : Les crises financières sont inscrites dans les gènes du système capitaliste, et elles se produisent à intervalles plus ou moins réguliers. Mais de façon récurrente. Il y en a au moins une par décennie. Celle-ci apparaît plus grave car elle touche au coeur le système bancaire. Quand on pense à la dernière crise, l'explosion de la bulle Internet, qui a eu un effet sur les cours boursiers analogue à celui de 1929, la grande différence entre 2000-2001 et aujourd'hui, c'est que le système bancaire est atteint au coeur et qu'il y a des faillites d'établissements bancaires. Et c'est cela qui fait penser à une similitude avec la crise de 1929.
Pour trouver des crises financières qui ont atteint le système bancaire de façon massive, on n'a pas besoin de reculer très loin dans le temps. Il suffit de se référer à la période de la crise dite "asiatique", en 1998-1999, où les banques asiatiques étaient quasiment en faillite.
Mais cette crise a été résolue par un interventionnisme massif de la part des gouvernements concernés, dont certains n'ont pas hésité à nationaliser le système bancaire. Ce qui a permis à leur économie de sortir de la crise.
Ils ont ensuite revendu les banques qu'ils avaient nationalisées, avec un profit considérable, de sorte que le contribuable coréen, par exemple, n'a pas eu à payer, mais s'est au contraire enrichi. Mais il s'agissait alors d'une crise très localisée.
Une autre crise localisée - il y en a tellement qu'on sent qu'elles sont congénitales au système capitaliste - fut la crise japonaise des années 1990, une crise qui atteignait la 2e puissance économique du monde. Et celle-là aussi a été résolue par une nationalisation partielle ou totale des banques. Simplement, si la crise a duré au Japon, et a eu comme conséquence la déflation, c'est parce que la réaction des autorités japonaises a été lente. Par exemple elles ont mis quatre ans à nationaliser le système bancaire. Alors que l'on sait qu'en réalité, lorsqu'on est confronté à une perte de confiance, il faut agir très vite.
Ne sommes-nous pas du fait de la mondialisation dans une crise plus grave que celle de 1929 ?
Jean-Paul Fitoussi : Ce qui a caractérisé la crise de 1929, c'est qu'elle fut aussi mondiale. Ce n'était pas une crise spécifique à un pays, ni comme celle des pays asiatiques, elle a concerné toutes les places financières. La globalisation telle que nous la connaissons aujourd'hui aggrave-t-elle le potentiel de crise que le secteur financier peut connaître ? La réponse est sans ambage oui, dans la mesure où elle produit des effets de contagion beaucoup plus rapide, mais si à mon sens il faut exclure une répétition de l'histoire, c'est parce que nous sommes aujourd'hui dans un contexte complètement différent d'alors. Pour dire les choses simplement, la crise de 1929 a été autant causée par l'effondrement des marchés financiers, par la crise du système bancaire, que par l'absence de réaction des politiques économiques, ou probablement leur mauvaise réaction.
En d'autres termes, ce qui a expliqué la crise des années 1930, on est obligé de faire référence à la politique économique qui a été conduite pendant ces années-là. Aujourd'hui, comme le montrent les réactions et l'ampleur des réactions des autorités monétaires et budgétaires dans le monde, la leçon a été bien comprise.
Et on ne peut pas imaginer une seconde que la réaction de nos politiques économiques à laquelle nous assistons puisse ne pas atténuer la crise potentielle que les développement financiers pourraient provoquer.
Deuxième élément de très grande différence : la part des dépenses publiques et des impôts, la taille des Etats, est beaucoup plus importante aujourd'hui qu'elle ne l'était en 1929.
Donc l'activité économique est spontanément soutenue par l'existence de ces dépenses publiques et de ces recettes publiques importantes.
J'insiste sur à la fois les dépenses et les recettes parce que d'une part, les dépenses soutiennent l'activité, d'autre part, les recettes publiques, en temps de crise, diminuent, ce qui équivaut à un partage des pertes privées par l'Etat. En réalité, lorsqu'un individu perd 1 000 aujourd'hui, il va payer moins d'impôts, donc sa perte nette est inférieure à 1 000.
Lorsque le taux de prélèvement obligatoire est important, le partage des pertes entre le secteur privé et le secteur public devient plus important.
Disons qu'en 1929 la taille de l'Etat américain, par exemple, était de 10 % ; aujourd'hui, elle est supérieure à 30 %, ce qui montre qu'il y a un effet de stabilisation automatique, qui est inscrite dans la montée en puissance des recettes publiques et des dépenses publiques, qui a été assez vive lors du dernier siècle.
Il existe un élément pourtant qui fait encourir aujourd'hui un risque supplémentaire par rapport à la crise que l'on a connue dans les années 1930, c'est la pénétration de l'activité financière dans le quotidien de la vie des populations.
Chat du Monde avec Jean Paul Fitoussi
09:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, economie, international
mardi, 07 octobre 2008
Bouclier fiscal: Lefebvre ose tout
Frédéric Lefebvre ose tout. C'est à ça qu'on le reconnaît.

Au plus fort du débat sur le financement du RSA il était monté au créneau pour expliquer que le bouclier fiscal n'était pas un dispositif pour les plus fortunés.
"Le bouclier fiscal ça serait un truc pour les riches? Mais est-ce qu'on a regardé l'application du bouclier fiscal? Est-ce qu'on a vu que 75% des gens qui profitent du bouclier fiscal sont en-dessous de 3.750 euros de déclaration annuelle aux impôts? Ce sont des gens très modestes"
Très en colère contre les socialistes qui disent "n'importe quoi", il avait sommé le PS de "reconnaître publiquement son erreur".
Décidemment, le fougueux Lefebvre en fait trop. Car les chiffres sont là qui montrent que le bouclier fiscal est bien un truc pour les riches, et même pour les très riches.
Selon une étude réalisée par le ministère du Budget, l'Etat a remboursé plus de 246 millions d'euros aux quelque 15.000 contribuables, qui avaient payé, en impots et taxes, plus de 50% de leurs revenus de l'année 2007
Grâce à Didier Migaud, président socialiste de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale et commanditaire de cette étude, on sait enfin précisément à qui a profité ce fameux bouclier fiscal. On constate, sans surprise que les ménages les plus aisés ont été comblés.
"Deux euros sur trois payés au titre du bouclier fiscal vont aux ménages disposant de plus de 15 millions d'euros de patrimoine"
Plus précisément: 155,6 millions d'euros ont été restitués à 671 ménages, soit 231.900 euros par ménage.
OK, dira Lefebvre, mais il n'empèche que les trois quart des bénéficiaires du bouclier ont un revenu fiscal de référence inférieur au RMI. Sont-ils pour autant "très modestes"? L'étude démontre, par l'absurde, qu'il faut être prudent sur ce point:
13 contribuables disposant de plus de 15,53 millions d'euros de patrimoine déclarent un revenu fiscal de référence inférieur à 3.753 euros annuels,
Où l'on peut vérifier que pour être riche, il n'est pas nécessaire d'avoir de gros revenus!
Alain Auffray
13:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, social, economie


