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samedi, 09 juillet 2016

Feu le rocardisme !

Pauvre Michel Rocard ! Ils l’encensent tous sur son lit de mort pour mieux repartir à la castagne comme si de rien n’était. Les socialistes contre les socialistes, emmurés dans l’arène qu’ils ont eux-mêmes construite. Le projet de loi El Khomri est devenu leur cercueil. La droite l’a senti. Elle s’est retirée du combat, n’a pas déposé de motion de censure, s’est installée dans les gradins pour mieux contempler le massacre. Sont-ils devenus fous ?

D’un côté, le premier ministre Manuel Valls qui bombe le torse, revendique l’usage du 49.3, se targue de gouverner désormais avec « une majorité relative », ce qui est une façon de revendiquer toutes les pertes en ligne qui ont émaillé le quinquennat de François Hollande : les Duflot, Montebourg, Taubira, Hamon, Filippetti partis s’égailler ou s’enliser ailleurs, c’est selon.

 

De l’autre, les frondeurs qui restent minoritaires, n’ont pas recueilli les 58 signatures nécessaires au dépôt d’une motion de censure, n’ont pas eu « la peau » du chef du gouvernement mais ont réussi autre chose de plus toxique encore : inoculer ce poison dans l’opinion que le dernier grand texte du quinquennat d’un président issu des rangs socialistes est une loi antisociale qui réduit les protections et joue contre le pouvoir d’achat.

 

Pourquoi ? Parce que l’ultime amendement que 123 députés socialistes voulaient faire accepter portait sur la rémunération des heures supplémentaires et qu’il a été rejeté par Manuel Valls.

Le procès est instruit : le premier ministre qui s’est imposé à François Hollande aux heures noires du quinquennat n’est pas de gauche. Il n’est pas social, il est même antisocial. C’est facile et injuste car le projet de loi El Khomri est un texte de gauche, soutenu par les syndicats réformistes, au premier rang desquels la CFDT.

Outre la réorganisation du code du travail et le développement de la négociation en entreprise, il comporte un nouveau droit – « le compte personnel d’activité », que la CGT défendait au côté des autres organisations syndicales sous le nom de « sécurité sociale professionnelle ». Mais qui aujourd’hui pour le dire ?

A force de se haïr, la gauche se suicide. Elle piétine par la même occasion l’héritage rocardien qu’elle a eu tant de mal à faire sien.

 

Lorsque, à la fin des années 1970, Michel Rocard théorisait l’existence au sein du Parti socialiste de deux sensibilités, la deuxième bien plus réaliste que la première, ce n’était pas pour que l’une tue l’autre mais pour que les deux s’apprivoisent. Il voulait que l’idéal colle au réel.

Et ce fut un peu le cas dix ans plus tard lorsqu’il devint premier ministre de François Mitterrand et que, de cette cohabitation difficile, naquirent au moins deux réformes qui continuent de marquer les esprits : l’instauration du revenu minimum d’insertion (RMI) et celle de la contribution sociale généralisée (CSG), mais aujourd’hui, basta !

Ceux qui l’encensent et se revendiquent de lui, les Valls, les Hamon notamment, ne cherchent plus ni à se comprendre ni à pactiser. Ils guerroient, creusent le fossé, texte après texte, au point d’imposer au président de la République l’ultime « clarification », cette primaire que la gauche avait inventée en 2011 pour gagner et qui, aujourd’hui, est faite pour trancher les désaccords aussi sûrement que la guillotine.

 

 

 

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/07/07/feu-le-rocardisme_4965209_3232.html#0tREd6yOzHxeOYb0.99

vendredi, 08 juillet 2016

Hommage à Michel #Rocard


jeudi, 07 juillet 2016

Nous sommes si nombreux à avoir été rocardiens

La mort de Michel Rocard nous fait comprendre tout le poids de nos erreurs pendant un demi-siècle parce qu’il fut un des seuls hommes politiques de premier plan à comprendre et à combattre ces erreurs. Il fut mis en marge du pouvoir politique parce que la France a presque constamment tourné le dos aux exigences du présent et de l’avenir, parce qu’il avait compris le sens précurseur de 1968 et surtout à l’emprise croissante des marchés internationaux sur les politiques nationales de reconstruction. Alors que l’Europe choisissait la social-démocratie, Allemagne en tête, la France resta longtemps enfermée dans le rêve d’une politique « révolutionnaire » pourtant rendue impossible par la division de l’Europe à Yalta.

Une génération plus tard, alors que nous sommes déjà engagés dans la globalisation économique et dans une société de communication qui transforme profondément aussi bien les acteurs dirigeants que les populations dominées, la France continue à accuser de ses échecs la politique « d’austérité » de Bruxelles, au lieu de corriger ses propres erreurs. Nous abordons les prochaines élections avec un Front national qui court en tête, une reprise économique encore insuffisante pour faire reculer le chômage et une politique de la recherche et des universités qui nous laisse encore loin derrière les Américains et les Britanniques. Les jeunes français partent par dizaine de milliers en Angleterre, aux États-Unis, au Canada et en Australie pour trouver un emploi.

 

Si Michel Rocard est si populaire parmi les Français, c’est parce que la majorité de ceux-ci se sent coupables de ne pas avoir suivi le chemin qu’il nous montrait. Même beaucoup de ceux et de celles qui ont refusé de choisir la pensée et l’action qu’il nous proposait se sentent aujourd’hui mauvaise conscience et reconnaissent que c’est lui qui avait raison dans ses choix les plus généraux et aussi dans les situations les plus dramatiques, comme celle de la Nouvelle-Calédonie où il a évité un massacre de masse.

Si nous sommes si nombreux à avoir été rocardiens, même parmi ceux qui ont refusé de lui confier l’avenir de la France, ce n’est pas parce qu’il savait convaincre et démontrer, c’est pour deux raisons bien différentes : la première est que nous n’avons jamais douté qu’il cherchait à servir seulement l’intérêt général. La seconde est plus importante encore : cet homme, qui avait un goût si exigent pour la compétence et donc pour la connaissance, était guidé, dans le monde obscur de la politique, par la passion de la dignité de chaque être humain, quel que soit son mode de vie, de penser et de croire.

Michel Rocard a mieux compris ce que nous continuons à attendre de la politique : non pas de la grandeur mais de l’espoir.

On peut comprendre qu’après de grandes illusions et tant de fausses prophéties des sages nous engagent à nous contenter d’une politique bien faite, transparente et honnête. Mais Michel Rocard a mieux compris ce que nous continuons à attendre de la politique : non pas de la grandeur mais de l’espoir ; non pas de solides équilibres mais de la solidarité ; non pas une gestion rassurante mais des découvertes exaltantes et auxquelles chacun de nous soit conscient d’avoir contribué par ses efforts et par son plaisir de la partie bien jouée. Pour lui-même il n’a demandé à la politique que la joie de l’obstacle surmonté et de l’ascension réussie par tous.

Ce que nous lui devrons encore quand nous sentirons que sous nos pieds la route à nouveau monte, ce sera de nous souvenir que son but principal a toujours été de nous maintenir à la hauteur de ceux et de celles qui ont marché avant nous et de ceux et de celles qui chercheront après nous le bonheur de vivre plus libres.

Alain Touraine 

 

mardi, 05 juillet 2016

Michel #Rocard , le contre exemple

Michel Rocard, le 7 janvier 2010 à Paris.

Editorial du « Monde ». Michel Rocard avait le « parler-vrai », la dent dure et le jugement acéré. Nul doute qu’il se serait gaussé de l’avalanche d’hommages qui lui ont été rendus, au lendemain de sa mort, le 2 juillet.

A gauche, bien sûr, François Hollande a salué ce socialiste capable de« concilier utopie et modernité », Manuel Valls a évoqué avec émotion ce« visionnaire » qui fut son « père en politique », Lionel Jospin cette« référence », Emmanuel Macron cet « exemple », Jean-Pierre Chevènement ce « militant sincère qui croyait à la force des idées », ou Jean-Luc Mélenchon cet « éclaireur » dont « la vie est une leçon ».

A droite, tout autant, où Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou François Fillon ont dit leur respect pour l’homme d’Etat. A l’extrême droite même, puisque Marine Le Pen a adressé ses condoléances aux proches de cet « homme de conviction ». Sans oublier Nicolas Hulot et Brigitte Bardot.

Dans les prochains jours, aux Invalides comme au siège du Parti socialiste, des cérémonies solennelles en sa mémoire parachèveront ce couronnement posthume. L’homme de gauche Rocard mérite ces hommages, évidemment. S’il fut à trois reprises, en 1980, en 1987 et en 1994, empêché d’aller jusqu’au bout de son ambition présidentielle, il ne fait pas de doute qu’il a puissamment contribué à la rénovation intellectuelle du socialisme français.

Gauche social-démocrate libérée du marxisme, gauche réformiste aux antipodes de l’illusion révolutionnaire, gauche régulatrice plutôt que dirigiste, décentralisatrice plutôt que jacobine, sociétale plutôt qu’étatiste : tel est le legs de Michel Rocard. Il n’en fut pas le seul champion, mais le plus vigoureux, assurément.

 

Pour son pragmatisme tenace, sa capacité d’innovation autant que de conciliation, le premier ministre Rocard (1988-1991) ne mérite pas moins l’éloge. A peine entré à Matignon, il a su, en quelques semaines, réconcilier ceux qui paraissaient irréconciliables en Nouvelle-Calédonie et tracer un avenir apaisé pour ce territoire, alors à feu et à sang. L’instauration du revenu minimum d’insertion (RMI, devenu depuis RSA), la création de cet impôt moderne qu’est la contribution sociale généralisée (CSG), ou encore la réforme sans drame de La Poste font partie de son héritage.

 

Mais, au-delà, la diversité et l’œcuménisme des hommages disent bien autre chose : une nostalgie, une frustration, un regret. La nostalgie d’un temps où la politique avait du sens, donnait du sens, échappait à la dictature de l’instant et cherchait sans relâche à comprendre le présent pour mieux penser l’avenir et construire un « projet de société », son ambition cardinale.

La frustration de constater que les qualités reconnues à Michel Rocard – une exigence de morale en politique, un inlassable engagement pour ses idées, une inépuisable ouverture d’esprit – paraissent si peu et si mal répandues aujourd’hui.

 

Le regret est de voir disparaître un homme, et une voix, qui incarnait une conception noble de l’action publique : celle qui fonde l’ambition et l’exercice du pouvoir sur la force et la justesse des idées, du savoir et de la culture. Et non celle qui instrumentalise les idées au service de la seule stratégie qui vaille, la conquête du pouvoir. C’est ce qui a fait sa singularité et lui confère aujourd’hui une aura particulière. C’est aussi, et il le reconnaissait lucidement, ce qui a fait sa faiblesse pendant quarante ans.



lundi, 04 juillet 2016

Michel Rocard

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C'est avec beaucoup d'émotion et de peine que j'ai appris le décès de Michel Rocard.
Après l'échec de Mitterrand à la Présidentielle de 1974 et le deuxième échec aux législatives de 1978, j'ai été séduit par l'appel de Rocard pour une refondation du PS et un renouveau de la gauche. Par ailleurs, Rocard, c'était un nouveau discours basé sur le parler vrai, une vision morale de la politique ,la prise en compte des réalités, une social démocratie assumée. Maire-Adjoint de Béziers et premier rocardien du département, j'ai assumé la responsabilité du courant jusqu'en 1981.

Michel Rocard avait toutes les qualités pour être Président de la République, mais soucieux de l'unité du Parti - une leçon pour nos " frondeurs " - et voulant laisser toutes les chances à la gauche, il a refusé d'affronter le Premier Secrétaire, François Mitterrand,permettant ainsi la victoire de1981!
Premier Ministre de 1988 à 1991,il a modernisé le pays et, à l'instar de Pierre Mendès- France, il laisse une trace indélébile dans la vie politique française puisque ses  idées sont aujourd'hui au pouvoir .

Qu'il me soit permis d'associer à sa mémoire celle d'Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix, décédé le même jour. Ce sont deux grands hommes,  qui, par une tragique coïncidence, disparaissent en même temps.
 
Yves Sabah
Ancien maire adjoint de Béziers
Fondateur du courant rocardien dans l'Hérault

   

jeudi, 26 mai 2016

Les opposants à cette loi ont peur de quoi ? De l'expression des salariés ?

Interview de Laurent Berger, secrétaire general de la CFDT

Etes-vous étonné par l'aggravation de la contestation de la loi Travail ?
LAURENT BERGER. Non, pas particulièrement.

Je pense qu'il y a un jeu de posture de plus en plus marqué entre la CGT et le gouvernement et que ce face-à-face ne permet plus de traiter du vrai sujet de cette loi qui est le travail.

Le gouvernement est responsable de cette dégradation ?
En partie bien sûr. Et ce, dès l'origine avec une première version totalement déséquilibrée et à laquelle les syndicats n'avaient pas été suffisamment associés. Heureusement que la CFDT a pesé pour une profonde réécriture du texte. Ensuite, le gouvernement a péché par une absence de pédagogie qui a laissé la voie libre à toutes les intoxications et à tous les radicalismes, de la CGT à l'extrême gauche. Le gouvernement n'a pas assez explicité tous les nouveaux droits qui étaient ouverts aux salariés, le compte personnel d'activité, la garantie jeunes mais aussi une protection renforcée pour les femmes de retour de maternité, la lutte contre les travailleurs « détachés » ou encore contre le sexisme en entreprise. Renoncer à cette loi serait renoncer à tous ces droits, ce qui serait inacceptable.

La CGT s'oppose à la priorité donnée aux accords d'entreprise sur la convention collective ou sur la loi...
Il y a beaucoup de fantasmes dans tout cela. Ce changement de hiérarchie ne touche ni le smic, ni les salaires, ni les règles de sécurité. Il ne concerne que l'organisation et le temps de travail et rien d'autre. Même dans ces domaines, les salariés resteront protégés par les règles actuelles sans accord majoritaire. Si la priorité est donnée aux accords d'entreprise, ce n'est pas pour faire moins pour les salariés mais mieux en apportant une réponse plus ajustée et plus efficace. Les opposants à cette loi ont peur de quoi ? De l'expression des salariés ? Mais les syndicats consolideront leur pouvoir de négociation pour répondre aux préoccupations des salariés au plus près de leurs réalités. Des règles uniformes ne protègent pas mieux des salariés qui se trouvent dans des situations différentes.

Mais la CGT semble déterminée à aller jusqu'au bout...
Aujourd'hui, le débat s'est figé mais la CFDT continuera à tenir son rôle qui est de défendre les salariés et donc de défendre cette loi. Le rapport de forces n'est pas seulement dans la rue, il est aussi dans les entreprises où la CFDT gagne du terrain en termes d'adhérents ainsi qu'aux élections professionnelles. Je n'ai pas peur des vociférations de l'extrême gauche, quels que soient ses porte-voix. Je fais le pari de l'intelligence collective qui consiste à construire des compromis équilibrés. Si l'on préfère miser sur l'extrême gauche en lui accordant une place surdimensionnée à un moment où par ailleurs le FN prospère, ce sera la porte ouverte à l'hystérisation, la fragmentation et la radicalisation de notre société.

Le gouvernement affirme qu'il ne retirera pas la loi. Vous en doutez ?
Qui sait ? Mais je le dis avec force : il est hors de question que le gouvernement renonce à ses engagements, que ce soit en retirant la loi ou en la vidant de sa substance. Ce serait un coup dur pour les salariés car ils perdraient le bénéfice des nouveaux droits reconnus par le texte. Je tire la sonnette d'alarme aussi vis-à-vis des organisations patronales à qui je dis qu'il est temps de dialoguer mais aussi vis-à-vis des autres centrales syndicales. Le monde actuel n'est pas un monde idéal : la précarité et les difficultés vécues par les salariés y sont grandes. La loi El Khomri est faite pour corriger ces injustices car le dialogue social peut garantir un progrès social grâce à des syndicats engagés. La CFDT y est prête.

mardi, 24 mai 2016

Message à la gauche insatisfaite

Le projet de loi travail a été adopté en première lecture le 12 mai dernier, selon la procédure de l’article 49-3 de la Constitution, qui autorise le gouvernement à engager sa responsabilité sur un texte lorsqu’il estime que les conditions de la discussion en séance publique créent un risque d’enlisement. En l’occurrence, le blocage résultait de manœuvres d’obstruction conduites, selon l’expression de Manuel Valls, par « une alliance des contraires ».

Ceux qui ont déposé une motion de censure mais aussi ceux qui y ont renoncé reprochent au gouvernement de n’avoir pas respecté le temps du dialogue.

Comment comprendre ces accusations, quand, au contraire ce gouvernement est celui qui a valorisé et renforcé les principes de la démocratie sociale? Depuis quatre ans, de grandes réformes sociales ont été adoptées: la loi de sécurisation de l’emploi, la loi sur la formation professionnelle, la loi sur le dialogue social, la loi sur l’avenir des systèmes de retraite. Comme le projet de loi travail, dont l’un des axes forts est la confiance dans le dialogue social, toutes ont été précédées de phases de concertation avec les partenaires sociaux, de sorte que dans leur esprit comme dans leurs méthodes, elles s’inscrivent dans la  lignée des lois Aubry et des lois Auroux.

Le débat a eu lieu dans le pays, et lorsque des inquiétudes se sont exprimées, le Premier ministre lui-même s’est impliqué et a construit un compromis avec les syndicats réformistes et les mouvements de jeunesse.

Au stade des travaux parlementaires, le projet a été précisé, enrichi, amélioré, en particulier sur les articles qui suscitaient des interrogations. La Commission des affaires sociales a pris tout le temps nécessaire pour examiner les propositions des députés et le gouvernement a repris à son compte plus de 460 amendements issus de leurs travaux, et ce après l’examen en Commission qui avait déjà vu l’adoption de 340 amendements. Quant au débat en séance publique, il a duré plus d’une semaine avant que le gouvernement ne décide d’engager sa responsabilité pour que chaque parlementaire se positionne sans ambiguïté.

Il le fallait pour réaffirmer que ce projet de loi correspond à la spécificité de la gauche, qui est, historiquement, de croire en la capacité de chacun à prendre son destin en main et de lui en offrir la possibilité. Dans cet esprit, le projet de loi instaure une décentralisation du dialogue social car il se fonde sur la conviction que cette méthode doit prévaloir au sein de l’entreprise. En donnant plus d’espace au dialogue social de proximité, ce texte offre aux syndicats une immense opportunité de conforter leur rôle au sein de l’entreprise. Les grandes garanties en matière de salaire minimum, de durée légale du travail, de majoration des heures supplémentaires, resteront posées par la loi, et les garanties indispensables assurées grâce au principe majoritaire de l’accord consacré, à l’élargissement du mandatement dans les TPE et les PME, à la réduction du nombre de branches et au renforcement de leur rôle d’évaluation. Clairement, avec ce projet de loi, les syndicats seront plus à même qu’ils ne l’étaient auparavant d’assurer la défense des droits des salariés au coeur de chacune des entreprises de notre pays.

Le déroulement de la discussion dans l’hémicycle a conduit le gouvernement à engager sa responsabilité. S’il ne l’avait pas fait,  le calendrier parlementaire n’aurait pas été respecté, le débat se serait embourbé dans des postures voire des injures, et le projet de loi n’aurait pas pu être adopté dans des délais permettant l’entrée en vigueur de ses dispositions avant la fin de la législature.

Comment aurions-nous expliqué que la sécurité sociale professionnelle attendue depuis si longtemps, enfin accessible au travers du compte personnel d’activité, qui répond à la fragmentation des parcours professionnels en attachant les droits à la personne et non pas seulement à son statut, ne verrait finalement pas le jour?

Comment aurions-nous justifié que les mesures destinées à favoriser l’embauche en CDI et à combattre la précarisation des contrats de travail ne seraient finalement pas concrétisées?

Comment aurions-nous annoncé que la généralisation de la garantie jeunes de 460 euros par mois assurant aux 16-25 ans un accompagnement vers la formation et l’emploi, ne leur serait finalement pas proposée?

Pourquoi aurions-nous renoncé aux nouvelles avancées du texte en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes?

En recourant à la procédure constitutionnelle de l’article 49-3, le gouvernement a fait le bon choix, soutenu par l’immense majorité du groupe socialiste. Nous savons qu’existe une crainte de l’avenir qui rend, au sein même de la gauche, et dans une partie de l’opinion, toute adaptation incertaine, toute évolution inquiétante. Pourtant, face au nouvel âge du travail, marqué par le développement de la multi-activité, l’éclosion des nouvelles technologies, la révolution du numérique, les dirigeants politiques de gauche seraient condamnables s’ils n’engageaient pas les réformes qui permettent de s’adapter à ces mutations au lieu de les subir, et de le faire en protégeant les droits des travailleurs. La gauche a toujours été dans le camp du progrès, et le progrès suppose le mouvement. L’immobilisme conduit à la régression et la peur  de changer à la défaite.

Au moment où les candidats à la primaire de la droite commencent à dévoiler leurs projets économiques, il serait extrêmement dangereux que la gauche se divise et s’affaiblisse dans la perspective du très rude combat de 2017. Jamais la différence entre la gauche et la droite n’a été aussi marquée, jamais la brutalité de la droite n’a été aussi manifeste. Pêle-mêle, elle se fait forte de reporter l’âge de la retraite à 65 ans pour tous les Français, sans tenir compte de la pénibilité des métiers exercés; de supprimer l’impôt sur la fortune mais de plafonner les minima sociaux; de lutter contre la « fraude sociale », mais surtout pas contre la fraude fiscale; de supprimer plusieurs centaines de milliers de postes de fonctionnaires sans dire comment ni lesquels; d’abolir le tiers payant généralisé; de légiférer par ordonnances sur des sujets majeurs, autant dire d’ignorer les corps intermédiaires.

Qu’il me soit permis, par fidélité aux principes et aux valeurs du socialisme, de formuler ce voeu : gardons nos forces et unissons-les, alors que s’engagent les prémices des batailles de 2017, pour combattre sur le terrain des idées cette droite irresponsable et revancharde, et préserver nos chances de la vaincre.

Oui, ça va mieux qu’en 2012, et ça va mieux en le disant !!!!

Bernard Roman

lundi, 23 mai 2016

Nous devons être forts de nos doutes et d'un bilan qui n'est qu'une étape.

Députés, nous avons œuvré depuis quatre ans à concilier une meilleure efficacité de l'action publique et une plus grande égalité des opportunités. Nous avons travaillé "nos" textes de loi avec la volonté d'un progrès réaliste. Fin 2015 notre pays comptait 3,45 millions de demandeurs d'emploi. Si certains pays ont commencé à inverser la courbe du chômage ou ont un taux de chômage plus faible, c'est qu'ils ont connu un effet de rattrapage et allaient plus mal. Si d'autres pays ont créé de l'emploi, ils l'ont fait souvent en misant sur des emplois de moindre qualité à temps partiel ou sans salaire minimum.

Notre pays connaît la contrepartie de son dynamisme démographique : chez nous, si 800 000 jeunes arrivent sur le marché du travail, il y a 650 000 départs en retraite chaque année. En Allemagne, si 800 000 jeunes arrivent sur le marché du travail, il y a 900 000 départs en retraite chaque année. La comparaison relativise aussi ce qui serait notre exception. Depuis 2012, plus d'une dizaine de types de contrats et dispositifs d'insertion ont été mis en œuvre en direction des publics fragiles. En 2015, 100 000 emplois nets auront été créés. Les résultats ne sont pas à la hauteur de ce que nous pouvions espérer, mais nous n'avons pas à rougir des efforts faits. Ce qui manque, ce sont de nouvelles politiques publiques européennes en faveur de l'investissement durable, celui qui crée de l'emploi dans une industrie à verdir, dans la transition énergétique, et l'innovation.

Il nous faut retrouver des marges que la droite a ruinées avec 600 milliards d'euros de dettes en plus entre 2007 et 2012. Mais refaire son retard demande du temps. L'amélioration des finances publiques et sociales est en cours. En 2016, le déficit public atteindra 3,3 % du PIB alors qu'il était encore de près de 5 % en 2012. Nous avons adopté de nombreux textes (mariage pour tous, refondation de l'école, retraites, transition énergétique...). Ils ne seront de "bonnes" lois que si les acteurs s'en saisissent avec l'esprit de justice et le souci de l'efficacité. Nous avons fait œuvre de réforme, le mot "changement" s'avérant parfois peu adapté pour illustrer un mouvement de fond, réel mais pas suffisamment rapide pour ceux qui connaissent des difficultés. Le plus souvent nous avons amélioré les textes initiaux ; nous aurions aimé aller au-delà.

"NOUS AURIONS AIMÉ ALLER AU-DELÀ"Le libéralisme économique a changé et a choisi un cadre mondial alors que les politiques sociales sont restées de l'ordre des questions intérieures à chaque Etat, ce qui a probablement conforté l'idée que la globalisation des marchés avait gagné et que la solidarité avait perdue. L'Europe est le cadre nouveau de l'action pertinente pour tous les sujets transnationaux. Nous sommes au milieu du gué : d'une part, une réorientation de la politique publique dans bon nombre de domaines suppose un accord majoritaire avec d'autres Etats ; d'autre part, il y a une crise politique née de la difficulté des dirigeants au plan européen à trouver un langage commun. Les tendances xénophobes et isolationnistes rendent difficile le projet européen.

Une partie de nos concitoyens sont tentés par le retour de la droite qui, après avoir largement dégradé la situation de l'Etat, propose des "remèdes de cheval". Une autre partie de nos concitoyens sont tentés par le verbe populiste, malgré son incohérence démocratique et économique. Nous sommes nombreux à avoir été des députés refusant le mépris, exerçant pleinement notre libre arbitre pour améliorer les textes, loyaux avec l'exécutif, travaillant dans la durée sans annoncer la "fin" de l'Etat-providence ou de la gauche, ce qui, dans un moment d'incertitudes accrues, peut toujours apparaître comme possible. Nous devons être forts de nos doutes et d'un bilan qui n'est qu'une étape. Nous formulons l'idée que notre République a besoin de plus de délibération collective et de participation des citoyens. Nous devons préparer une nouvelle étape utilisant les marges regagnées. A nous de nous battre pour faire avancer de nouveaux projets pour la gauche et la France.

Signataires : Marietta Karamanli, François André, Brigitte Bourguignon, Jean-Jacques Bridey, Jean-Claude Buisine, Marie-Anne Chapdelaine, Jean-Michel Clément, Valérie Corre, Jean-Paul Dupré, Michèle Fournier-Armand, Elisabeth Guigou, Hervé Pellois, Michel Issindou, Henri Jibrayel, Conchita Lacuey, Dominique Lefebvre, Philippe Martin, Philippe Plisson, Christophe Premat, Christophe Sirugue.

 

dimanche, 22 mai 2016

Harcèlement

HARCÈLEMENT

Oserai-je aller à contre-courant sur un sujet aussi sensible et aussi médiatique que le harcèlement ? Il me semble que nous nous américanisons, peut-être à l’excès, sur la dénonciation et la sanction de « propos graveleux » ou de gestes  pas forcément attentatoires à la dignité humaine.

Ma génération de « boomeuses » ayant « fait 68 » a conquis son émancipation et conserve une volonté forte d’autonomie et de défense de soi-même par soi-même. Aurais-je reçu un mail (il n’y en avait pas encore) équivoque, subi une remarque déplacée, la remise en place aurait été immédiate et définitive. En tout cas pas question pour moi, ni hier, ni aujourd’hui dans des limites bien précises d’absence de toute violence, de « dénoncer » le goujat et de mettre les faits sur la place publique.

Omertà coupable ou refus de la victimisation des femmes, chacun aura de cette attitude la lecture qu’il souhaite. Je répète que j’exclus de ce recours à la seule auto-défense tous les actes comportant une véritable violence physique. De même ceux que pourraient subir une femme en « fragilité hiérarchique » vis-à-vis de son supérieur. Là, la plainte est nécessaire pour démontrer le refus, le rejet et le dégoût de toute promotion, subordination comme de tout déclassement reposant sur des arguments sexuels. Cela va au-delà même, on l’aura compris, du sujet du harcèlement.

Une de mes correspondantes sur twitter, dont j’estime les remarques et les questions, m’interroge : dans l’affaire qui occupe aujourd’hui les médias, auriez-vous dénoncé les faits ? La réponse demande plus de 140 signes:

  • Je n’aurais en aucun cas dénoncé quelque chose que j’aurais appris par le buzz interne de l’Assemblée. Le tam-tam couloir y est intense et pas toujours appuyé sur le béton de la vérité.
  • Apprendrais-je cependant un fait digne de foi, je m’adresserais à la femme victime pour confirmation et l’inciterais à porter plainte.
  • Aurais-je constaté moi-même un fait, j’appuierais en premier lieu là encore la victime pour qu’elle agisse. En accord avec elle, si les personnes étaient liées à mon groupe politique, j’en informerais le président de ce groupe pour que lui aussi la soutienne dans ses démarches.

On le comprend, la délation n’est pas mon fort. La dénonciation est autre chose mais elle demande la certitude et doit être faite en priorité par la victime, ou en lien avec elle quand celle ci craint une mesure de rétorsion de la part de l’agresseur.

Ce sujet est en effet très sensible. Ma volonté est que par souci de défendre les victimes de toute forme de harcèlement, on ne les affaiblisse dans leur autorité propre et on ne les place de fait en infériorité en face des hommes. N’oublions pas cependant qu’agresseurs et agressés peuvent être de même sexe et que la même attention doit être apportée à toute forme d’actes qui implicitement suppose une subordination.

N’oublions pas non plus que le mot « harcèlement » suppose la répétition et même la fréquence de cette répétition et dans ce cas, même de simples propos ou des gestes anodins, sont en effet condamnables.

Michèle Delaunay

 

 

 

mercredi, 18 mai 2016

Le pacte germano-biterrois

 

pacte.PNGDécidément, en terre de Biterre, les basses manœuvres politiques ne connaissent pas de frontières et les combinaisons mêmes les plus indignes sont monnaie courante. On avait connu les tendres échanges d'amabilités entre Ménard, le chantre de l'extrême droite et Duplaa, la tête de liste socialiste. Ce dernier se maintenait d'ailleurs au second tour de la municipale, offrant la ville à Ménard. On a souvent vu le député local UMP faire les yeux doux à l'électorat du FN. Voici venu le temps d'un rapprochement plus qu'improbable entre l'élu communiste Aimé Couquet et le représentant local du RPF de l'homophobe Christian Vanneste, le dénommé Brice Blazy, élu en disgrâce sur la liste Ménard. Une seule motivation qui l'emporte sur la raison : la lutte des places. Suite à un renouvellement partiel des élus communautaires,le nombre d'élus communautaires de Béziers doit passer de 30 à 24. Les conseillers municipaux de Béziers étaient donc appelés aux urnes pour élire à la proportionnelle leurs représentants à l'agglo. Un gros souci pour le communiste Couquet qui, élu en troisième position sur la liste socialiste, voyait sa place de conseiller d'agglo et l'indemnité qui l'accompagne s'éloigner. Il avait bien tenté de grappiller la place de n°2 occupée par une femme, mais en vain. Alors, comme l'élu ne manque pas de ressources et que les convictions ne l'étouffent guère, il s'est acoquiné avec l'élu du RPF rejeté par la liste Ménard, n'hésitant pas à faire liste commune avec cet élu d'extrême droite afin d'obtenir les deux voix nécessaires à son maintien.Un mauvais remake du pacte germano soviétique de 1939. Echanges de bons procédés, le communiste Aimé Couquet adhère désormais au groupe divers droite de l'agglo permettant ainsi le maintien de ce groupe. Quand on songe que Couquet et les communistes ne cessent de dénoncer des socialistes trop à droite...

Mais après tout, la place et son indemnité valent bien le sacrifice de quelques électeurs de plus en plus dégoûtés.

 

lundi, 16 mai 2016

Hollande et Valls jouent deux partitions distinctes

 




 

Deux méthodes opposées. Deux tempéraments contraires. Deux agendas distincts. L'épisode du 49.3 n'a rien révélé de fondamentalement nouveau quant aux relations entre François Hollande et Manuel Valls. Le président et le premier ministre, d'accord sur les objectifs et les moyens, ont piloté l'opération de concert mais sa conduite laisse apparaître, plus nettement que jamais, une divergence de style, de tempo et, plus encore, d'horizon politique.

Certes, tous deux ont initialement péché, par excès de vitesse et d'optimisme, en n'associant pas suffisamment la CFDT à la production de la " loi travail ", erreur largement concédée aujourd'hui tant à l'Elysée qu'à Matignon. De même ont-ils toujours envisagé l'hypothèse du 49.3, conscients, depuis fin avril, qu'elle s'avérait inéluctable. La divergence réside dans la manière. Elle s'est tôt exprimée, quand Matignon a d'emblée décidé de faire planer sur le texte la menace de cette procédure, ce qui ne figurait pas dans les plans de l'Elysée.

D'accord sur l'utilisation de l'arme constitutionnelle, MM.  Hollande et Valls ont divergé jusqu'au bout dans la manière de l'employer. Le premier ministre l'a utilisé comme une arme lourde, fustigeant, à l'Assemblée, la tentative de dépôt d'une motion de censure par la gauche. Pour lui, cette " démarche aventureuse " a eu " un intérêt " : une " clarification (…) entre ceux qui assument l'exercice du pouvoir et ceux qui se contentent d'être dans la proclamation ".

Marquer le coup

Cette mise au point n'était pas conforme aux vues de l'Elysée. " Hollande n'avait pas suggéré à Valls de faire comme ça ", note un conseiller haut placé. Mais M. Valls entendait marquer brutalement le coup. " Je ne vais pas banaliser ", avait-il annoncé. Exaspéré, depuis plus de deux ans, d'avoir d'abord eu à affronter son propre camp, il a donc opté pour la force. Tout autre a été le service après vente du président, qui a, depuis Les Mureaux (Yvelines) jeudi, préféré vanter " un texte de progrès ". A en croire l'Elysée, MM.  Hollande et Valls agiraient en parfaite intelligence. " Ils ne sont pas dans la même situation institutionnelle, le premier ministre est à l'offensive, fait le job. Le président rassemble tous les Français, à commencer par la gauche. Il y a une répartition. " Délicat euphémisme, qui interroge également sur la suite des opérations.

Alors que Matignon assume le rapport de force avec les frondeurs, l'Elysée maintient sa volonté de compromis pour les trois derniers textes significatifs du quinquennat : la loi Sapin  2, le texte égalité et citoyenneté et le projet de loi de finances. " Nous chercherons la majorité la plus large possible, et nous la trouverons sans difficulté. "

A un an de la présidentielle, ces deux logiques politiques divergent de plus en plus. M. Valls construit, dans l'opposition à la gauche du PS et à la gauche de la gauche, pour l'après-2017, là où le président a un besoin crucial de rassembler d'ici au premier tour. Contrairement au premier ministre, François Hollande, évidemment, " ne considère pas qu'il y a des gauches irréconciliables ", précise l'un de ses proches.

David Revault d'Allonnes

jeudi, 12 mai 2016

Misogynie et politique

 

4169411022.jpgIl y a quelques mois, à l’Assemblée nationale, un député caquetait en imitant le cri de la poule pendant qu’une de ses collègues intervenait en séance, d’autres brocardaient une femme ministre parce qu’elle avait revêtu ce jour-là une jolie robe fleurie, une sénatrice au micro était interpellée d’un grossier « qui c’est celle-là ? », et au tournant du siècle dernier encore, une femme députée qui se levait dans l’hémicycle était sans coup férir apostrophée d’un concert d’ignobles « à poil » !  

Au même tournant du siècle, la Constitution a été modifiée.  Le 6 juin 2000,  une loi (votée par la Majorité de Lionel Jospin)  a été adoptée pour mettre un terme à la domination masculine dans les assemblées élues. Et, si 15 ans après, l’actuel Gouvernement est bien paritaire, si l’égalité  de représentation existe bien tant dans les  Conseils municipaux, régionaux, départementaux que leurs exécutifs, force est de constater que les premières responsabilités exécutives restent verrouillées : aucune femme n’a jamais présidé l’Assemblée nationale, le Sénat ou la République et, aujourd’hui encore, 84% des maires sont des hommes ainsi que 90% de départements et 75% des présidents de régions métropolitaines.

Quant au Parlement, pourquoi se gêner encore puisque les hommes sont largement dominants (75% des élus) et le font bien sentir aux femmes, ne se privant outre de monopoliser la parole, de balancer quelques plaisanteries graveleuses du haut des bancs pendant les séances.    

Seule la vraie parité mettra fin à cette dominance masculine dans l’espace politique, à condition que les partis en expriment clairement la volonté. La décision du Président de l’Assemblée nationale Claude Bartolomé qui a exigé moins de 5 heures après la publication des articles de presse concernant ses manquements, la démission du Vice-président Denis Baupin, est exemplaire. Comme d’ailleurs la dignité de l’épouse de ce dernier, Emmanuelle Cosse, femme politique et Ministre du Gouvernement de Manuel Vals.

Les investitures accordées par les partis pour les prochaines  élections législatives  prévues en mai 2017, feront figure de test. Par huit fois des femmes victimes d’agressions et de harcèlement sexuel viennent de dénoncer le Parlementaire EELV en question.  

La loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes prévoit de retenir 75% du montant leur dotation publique aux partis et formations politiques qui ne présenteront pas autant de candidature de femmes que d’hommes aux élections législatives. Gageons, parce que la note de « l’imparité » va dès lors devenir salée, que les responsables politiques vont hésiter à s’acheter des « indulgences » comme ils le faisaient régulièrement en se limitant à payer les pénalités.

Gageons encore qu’au fur et à mesure de l’approche des élections présidentielles et législatives, les langues des femmes vont se délier… pour révéler d’autres histoires au grand public. Et par là même exiger des responsables  qui choisissent les députées, non seulement une parité de candidature, mais une parité des élues.

A l’occasion des élections législatives de 2012, l’Assemblée des femmes-Observatoire régional de la parité avait fourni sous forme d’un rapport très travaillé, un mode opératoire pour y parvenir. La méthode demeure valide aujourd’hui. 

Geneviève Tapié

Présidente de l'Assemblée des femmes-Observatoire régional de la parité

 

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mercredi, 11 mai 2016

Quand le Premier fédéral traite les journalistes de BFM de fachos

La fusion est vraiment en marche. Du moins au niveau des deux plus grandes fédérations PS de la Grande Région. Le vendredi 6 mai, un militant (et ancien cadre) du PS de Haute-Garonne qualifie le premier ministre, Manuel Valls, de national-socialiste sur les réseaux sociaux. Moins d’un jour après, c’est le 1er fédéral de l’Hérault qui « gratifie » les journalistes de BFM du qualificatif de…fachos.

Raison du « pétage de plomb » : un bandeau indiquant que le nouveau maire de Londres est musulman. Visiblement, le 1er Fédéral de l’Hérault regarde la chaine d’info en continue et la vision de l’inscription « Sadiq Kahn : Londres en passe d’élire son premier maire musulman » le fait sortir de ses gonds.

Hussein Bourgi poste alors sur twitter :

@BFMTV arrêtez de parler de maire musulman. On ne parle pas de vous en disant les journalistes fachos de #BFNTV

 

Capture d’écran 2016-05-07 à 17.42.09

Deux dérapages la même semaine, dans la même région et au sein du même parti cela fait beaucoup.

Le parti socialiste est loin d’avoir le monopole des outrances verbales et des débordements. Mais ce n’est pas une raison. Les excès des uns n’excusent pas les délires des autres. Un « détail de l’histoire » lepeniste, « le bruit et l’odeur » d’un Chirac ou « l’homme africain » sarkozyste ne justifient pas les allusions nauséeuses et malsaines au fascisme.  Des allusions nauséeuses et malsaines et pas simplement déplacées.

Bien évidemment, Hussein Bourgi (comme tous les autres téléspectateurs de BFM ou de France 2) peut parfaitement trouver que le fait d’insister sur la religion musulmane du nouveau maire de Londres est déplacé. Un homme ne se réduit jamais à sa religion, à son goût pour les fruits des mers, ses origines géographiques ou ses racines familiales.

Le secrétaire d’Etat en charge des affaires européennes, Harlem Désir a déclaré : « ce n’est pas un maire musulman mais un maire travailliste« . Il est parfaitement possible de défendre ce point de vue et de reprocher à BFM une dérive « communautariste » : un musulman est un musulman avant d’être un maire, un chirurgien ou un pilote d’avion.

En revanche, l’utilisation du mot « fachos » est totalement absurde. Elle est franchement irresponsable s’agissant d’un « responsable » politique.

Les qualificatifs de fascistes ou de national-socialiste renvoient à des réalités historiques et à des pratiques politiques (terriblement) précises : culte et utilisation de la violence, discours belliciste, parti unique…
Un lycéen de seconde est capable de distinguer des fascistes de…journalistes de BFM TV.

Visiblement, ce n’est pas le cas du 1er fédéral de l’une des plus importantes fédérations PS de France.

L’Université d’été de Nantes approche.

Ce rendez-vous annuel de tous les socialistes de l’Hexagone et de l’Outre-Mer est l’occasion de passer de bonnes soirées entre camarades et de participer à des séances de formation. Il est visiblement urgent de prévoir quelques cours d’histoire…élémentaire.

Il n’est pas certain qu’Hussein Bourgi accepte de s’inscrire dans ce séminaire. Il assume totalement :

Sur le fond de mon tweet, je ne retire rien. Je le revendique avec fierté et honneur

 

Laurent Dubois (@laurentdub)

dimanche, 08 mai 2016

Soutien à @ArnaudG_ML et aux journalistes de @Midilibre

Dans une autre vie, Robert Ménard, journaliste, avait fondé "Reporters sans frontières " et arpentait le monde pour défendre, là où elle était menacée, la liberté de la presse. 

Désormais, Robert Ménard, devenu maire, combat cette liberté de la presse qu'il a tant défendue. Pour l"ancien journaliste, une bonne presse est une presse à sa botte et un bon journaliste un journaliste qui chante ses louanges. 

Depuis son accession à la mairie, Robert Ménard s'en prend donc avec une régularité de métronome aux journalistes de Midi Libre en multipliant les intimidations: procès en diffamation contre une journaliste (procès qu'il a perdu), nom et photo d'un journaliste jeté en pâture sur la page facebook de la mairie et maintenant une page entière du "journal" municipal dénigrant le travail d' Arnaud Gauthier , le chef d'agence de Midi Libre .

Face à ces procédés indignes qui remettent en cause la liberté d'expression et la liberté de la presse , le Parti Socialiste Béziers 3 apporte tout son soutien aux journalistes de Midi Libre . 

La liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas . Servez vous en !

jeudi, 05 mai 2016

Soutien à Arnaud Gauthier face aux attaques de la Mairie de Béziers



Le Club de la presse Languedoc-Roussillon s’élève contre les attaques scandaleuses de la Mairie de Béziers contre Arnaud Gauthier, chef de l’agence locale de Midi Libre.

Dans un texte publié sur le compte Facebook de la Ville*, notre confrère a été vilipendé de manière inacceptable. A l’origine de cette fureur, un article publié le 24 avril dans Midi Libre, intitulé « Mouvements à la mairie ». Arnaud Gauthier écrivait : « Laurent Vassalo, chargé de mission auprès du Maire, quittera ses fonctions d’ici septembre. L’intéressé dément fermement la rumeur d’une explication de texte musclée, au cours de laquelle Robert Ménard aurait jeté une chaise en sa direction ».

Le rédacteur municipal voit dans cette relation d’une rumeur et de son démenti, « un procédé d’une bassesse infinie ». L’article serait « fangeux ». Son auteur appartiendrait au « petit monde coprophage du Tout Béziers journalistico-politicien ». Le texte de la Ville se termine ainsi : « Est-il exact qu’Arnaud Gauthier n’a pas de talent ? Ah zut ! C’est vrai…ça, ce n’est pas une rumeur ! ».

Le Journal de Béziers, organe de la municipalité, a relayé ces insultes en cherchant, sur une page entière, à ridiculiser la fiabilité des informations du quotidien : « Depuis l’arrivée de Ménard, nous affichons un bilan irréprochable. Un taux d’informations exactes très faible. De mémoire, nous sommes à 1 sur 7 sur l’échelle de Pyongyang». Pyongyang étant la capitale de la Corée du Nord.

Le Club de la Presse L.-R. dénonce, derrière la violence et la démesure de ces propos, la volonté acharnée de diaboliser un journaliste qui a surtout le grand tort ne pas systématiquement aligner l’information de Midi Libre sur les desiderata du Maire de Béziers

mardi, 03 mai 2016

Le 3 mai, François Hollande endosse son habit de candidat

 

Photo Reuters

Photo Reuters

Son premier discours de candidat, François Hollande l'a prononcé mardi 3 mai au théâtre du Rond-Point, à l'occasion du 80e anniversaire de l'avènement du Front populaire, et c'était comme une transfiguration : ton ferme, âpreté à défendre le bilan, capacité à se projeter dans l'avenir. Il n'y avait, dans ce nouveau personnage, aucun des défauts de l'ancien. Juste une farouche détermination à se battre comme si, piqué au vif par les sondages, mordu au mollet par son ministre de l'économie, Emmanuel Macron, le président s'était libéré de ses entraves. Y compris de la promesse qu'il s'était faite d'attendre que la courbe du chômage s'inverse durablement pour partir à la reconquête du pays. La politique est un éternel recommencement, pourvu que l'acteur donne du sien et que la pièce soit léchée. C'était le cas mardi.

Le genre choisi collait à l'air du temps : une tragédie, soit l'histoire de « la gauche au pouvoir », perpétuellement accusée par une partie des siens de trahir. François Hollande n'a pas cherché à éluder le débat ni à le minimiser mais il a vigoureusement plaidé : « 1936, 1981, 1997, 2012... A chaque fois, la gauche a été appelée au pouvoir parce que le pays était en grande difficulté. » Dans la foulée de Blum, il assume le fait que « l'histoire soit tragique », considère comme l'« honneur » de la gauche de « relever le défi », défend l'idée d'une « adaptation permanente au réel »,rappelle toutes les réformes de gauche qui furent décriées sur le moment mais finalement inscrites au patrimoine national.

L'ancien chef socialiste s'adresse en priorité à ses troupes mais il n'oublie pas le pays, invoque « l'intérêt général », évoque le terrorisme, insiste sur « l'unité nationale » comme rempart contre la « dislocation ». Bref, il assume la gravité de l'époque et, ce faisant, gomme l'image naïve du président trop « normal » de 2012 qui s'était fait élire sur la double promesse de la concorde et de l'harmonie.

Deux leviers d'action : l'Europe et le dialogue social

Sur son propre bilan, le candidat président est pugnace. Conspué par la droite, il ne concède que deux erreurs : avoir minimisé, à son arrivée, l'ampleur de la crise de la zone euro et n'avoir pas dit qu'il « prenait la direction d'une France accablée de déficits ». Le match contre Nicolas Sarkozy n'est jamais loin. Vis-à-vis de la gauche, François Hollande défend pied à pied ses orientations, qu'il juge conformes aux idéaux de son camp : « démocratie, justice, égalité », revendique la conquête « de nouveaux droits » en même temps que « la modernisation du pays ». Et n'oublie pas, sur ce dernier point, d'invoquer Mauroy, Delors, Bérégovoy et Jospin, pour ne pas avoir à endosser seul la politique de l'offre qui continue d'être vécue comme une trahison par tout un pan de la majorité.

Mais c'est sur les perspectives que François Hollande se dévoile le plus et démontre pour la première fois sa cohérence. Certes, le slogan de la campagne manque encore mais la tonalité est là, forcément positive : « La France va mieux », elle n'a pas à rougir de ce qu'elle est. Face à la droite qui veut « tout défaire », François Hollande se pose en sauveur du « modèle français » par la construction, pierre après pierre, d'un « compromis » qui se veut « dynamique et juste ». Ses deux leviers d'action sont conformes à ce qu'il a toujours défendu : l'Europe d'abord, avec très prochainement de nouvelles propositions pour consolider et mieux intégrer la zone euro ; le dialogue social, ensuite, mais rénové, développé dans l'entreprise, avec l'appui de la CFDT, qui se sera imposée au cours du quinquennat comme l'allié le plus fidèle du président. Le hollandisme se dévoile enfin.

La conséquence la plus immédiate est que le projet de loi El Khomri ne subira plus de modification substantielle. François Hollande reste sourd aux arguments de Force ouvrière et des amis de Martine Aubry, qui dénoncent la remise en cause des accords de branche et craignent que l'entreprise devienne une jungle. Pour « moderniser, protéger et permettre à la France d'aller mieux tout en restant elle-même », le président a choisi de s'appuyer sur le partenaire syndical le plus réformiste. Et pour une fois, il le fait sans aucune ambiguïté.

Françoise Fressoz

C'est vrai, la France va mieux

Sébastien Denaja, député (PS) de l’Hérault et Frédérique Espagnac sénatrice (PS) des Pyrénées-Atlantiques

Le président de la République l’a dit le 14 avril, et c’est vrai : ça va mieux ! Ce n’est pas un mantra, c’est un constat. Cela ne va pas encore bien pour tout le monde, mais oui, cela commence à aller mieux pour beaucoup de Français. C’est notre combat.

Il y a aujourd’hui en France plus de croissance et moins de déficits. Le revenu des ménages progresse, la consommation repart. Les entreprises reconstituent leurs marges, investissent et surtout embauchent de nouveau. Le déficit commercial diminue. L’économie recrée enfin des emplois : plus de 82 000 en 2015, c’est la plus forte évolution depuis 2007.

Le redressement productif et industriel se confirme. Le chômage a enregistré en mars sa plus forte baisse depuis seize ans. C’est le huitième mois consécutif que le chômage des jeunes diminue : moins 6,6 % en un an. Le recul du chômage est désormais à portée de main.

Ça va mieux, même si nous mesurons chaque jour sur le terrain que la vie est dure pour encore beaucoup trop de Français, trop nombreux à faire face à la précarité. Nous nous battons pour eux.

Nos concitoyens savent la gravité de la situation dans laquelle se trouvait le pays en 2012. Il nous a d’abord fallu assainir les comptes publics, plombés par une dette alourdie de 600 milliards d’euros. Ce n’était pas un simple objectif comptable, mais une exigence de souveraineté pour notre pays face à la menace directe des marchés financiers.

Il nous a fallu reconstruire un appareil industriel profondément dégradé, qui avait perdu 750 000 emplois en dix ans, non seulement pour en recréer, mais, surtout, parce que tout est lié, pour garantir le financement durable de notre protection sociale. Et parce que les Français savent que l’on ne répartit que les richesses que l’on produit.

Il fallait en même temps réaffirmer la place des services publics, notamment en milieu rural, et surtout, investir dans l’avenir, mettre notre pays sur la voie de la transition énergétique et numérique, et réorienter l’Europe et ses politiques que la droite avait soumises au dogme de l’austérité.

Ces efforts en valaient la peine

En même temps qu’il a fallu relever ces immenses défis, la nation a dû affronter des crises majeures et inédites dans leur ampleur : une menace terroriste omniprésente, la montée du nationalisme xénophobe, le drame humain des réfugiés, le défi planétaire du réchauffement climatique. Alors si ça va mieux, c’est avant tout grâce aux Français, qui ont su ne pas se désunir, même au plus fort de la tourmente. Dans l’histoire, notre peuple a toujours eu le ressort pour se dépasser et se projeter.

D’importants efforts, c’est vrai, ont été demandés dans les premières années du quinquennat. On commence à le voir aujourd’hui : ces efforts en valaient la peine, et il est légitime que les Français en recueillent à présent les premiers fruits. Les baisses d’impôt ont bénéficié à plus de 12 millions de ménages depuis 2014. La prime d’activité a déjà été versée à plus de 2 millions de travailleurs modestes. La revalorisation du traitement des fonctionnaires, gelé depuis 2010, est intervenue, c’était un véritable impératif de justice. Des choix forts ont été faits en faveur de la jeunesse – déploiement de la Garantie jeune, création d’une aide à la recherche du premier emploi, augmentation des bourses étudiantes.

Cela va mieux, et cela sans qu’il ait été besoin d’infliger au pays cette potion amère que d’autres pays de la zone euro ont eu à subir, et que la droite française continue à préconiser : une cure d’austérité pour démanteler l’Etat social. Depuis 2012, notre modèle social a été non seulement préservé, mais conforté.

L’éducation est redevenue le premier budget de la nation. Parce que le premier combat de la gauche, c’est la lutte contre les inégalités sociales. Pour la première fois depuis 2004, le régime des retraites est à l’équilibre. Le déficit du régime général, la Sécurité sociale, a été divisé quasiment par trois en quatre ans, sans déremboursement de médicament ni « franchise » nouvelle.

Au-delà des chiffres, ce sont des hommes et des femmes qui sont concrètement protégés face aux risques de la vie. Les minima sociaux ont été revalorisés, et parce que c’était justice, celles et ceux qui avaient commencé à travailler tôt ont retrouvé le droit de partir à la retraite à 60 ans – un demi-million de travailleurs ont été concernés. De nouvelles libertés, de nouveaux droits, revendiqués par la gauche de longue date, ont été conquis : la généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés, la prise en compte de la pénibilité et des congés maternité dans le calcul des retraites, la garantie des pensions alimentaires, le tiers payant généralisé, l’IVG remboursé à 100 %, le droit au mariage pour tous.

Oui ça va mieux et comme parlementaires de gauche, nous allons continuer dans les mois et années qui viennent à œuvrer, à moderniser notre modèle social en offrant de nouvelles protections aux travailleurs, en renforçant nos entreprises et en confortant le dialogue social ; continuer à transformer notre modèle de développement économique par la transition écologique et numérique ; continuer à lutter contre la finance dévoyée, l’évasion et la fraude fiscales, contre l’argent sale qui corrompt, pour une République nouvelle et exemplaire, pour une démocratie renouvelée ; continuer à lutter, parce que c’est le combat historique de la gauche, contre les inégalités, les discriminations, les déterminismes sociaux, la relégation territoriale.

Un débat serein

Chacun à gauche peut bien sûr avoir un autre regard sur l’action conduite depuis, mais la caricature « pire que Sarkozy » et l’outrance, « retour au XIXe siècle » sont fausses et injustes. Nous savons qu’il existe des doutes, des désaccords, des colères, au sein de la gauche, et nous sommes prêts à un débat serein à propos de l’action que nous avons soutenue pour l’intérêt général, un débat qui doit viser aussi à se projeter dans l’avenir.

Nous savons qu’il existe deux attitudes, l’une plus radicale, davantage portée à privilégier la contestation, l’autre plus réformiste, acceptant la logique et la dynamique du compromis. Nous revendiquons clairement cette seconde attitude, mais nous pensons qu’il y a des idéaux communs, des valeurs partagées dans toute la gauche. C’est pour cela que nous croyons que le débat est non seulement possible, mais souhaitable.

Fidèles aux valeurs de la gauche, aux valeurs de la République, à nos engagements pris devant les Français, nous poursuivrons, inlassablement, notre action pour moderniser la France, protéger les Français, et redonner à notre pays fierté et confiance.

samedi, 23 avril 2016

Hé oh, la gauche !

Ministre de l'agriculture, porte-parole du gouvernement et hollandais-canal historique, Stéphane Le Foll lance Hé oh, la gauche, un mouvement de soutien à François Hollande, et défendra le bilan de l'exécutif avec plusieurs ministres, le 25  avril, à l'université René-Descartes de Paris.



Vous lancez un mouvement en défense du bilan du gouvernement, appelé Hé oh, la gauche… Quels en sont les objectifs ?

Ce n'est pas un mouvement, c'est un rassemblement autant qu'une interpellation. Avec plusieurs ministres, dont Jean--Michel Baylet, Emmanuelle Cosse, Najat Vallaud-Belkacem ou Marisol Touraine, nous rappellerons à la gauche qui critique et qui doute que ce que nous avons fait mérite d'être valorisé. Et que, dans une crise économique et politique en France et en Europe, nous avons su préserver et adapter notre modèle social.



C'est-à-dire ?

Nous n'avons pas touché à notre modèle de solidarité, par exemple la Sécurité sociale ou la retraite à 60  ans pour les carrières longues. Nous avons donné de nouveaux droits, avec par exemple l'universalité des droits à la Sécurité sociale, l'augmentation des bourses étudiantes ou encore la prime d'activité, qui bénéficie à 2,8  millions de ménages dont 400 000  jeunes.



La gauche aurait donc besoin d'être réveillée ?

Face à la gauche de la gauche qui nous accuse de trahir, nous voulons dire qu'aux responsabilités, dans un moment difficile, nous sommes, avec le président de la République et le premier ministre, restés fidèles à nos valeurs. Nous n'avons pas renoncé, loin s'en faut. Aux élections régionales, beaucoup de nos électeurs se sont abstenus car ils considéraient que l'on n'avait pas fait assez. Notre message s'adresse donc à cette gauche qui doute, qui doit être rassurée pour être reconquise.



Emmanuel Macron prétend incarner une nouvelle manière de faire de la politique. Joue-t-il pour lui ou pour Hollande ?

Sa démarche, qui consiste à entretenir le débat de manière spécifique et singulière, lui est propre. Nous, par opposition, créons une démarche collective. Nous, nous défendrons ce que nous avons fait. Qu'est-ce qui fait qu'Emmanuel Macron intéresse ? Il redonne optimisme, envie et ambition. Ce que je veux, c'est que nous incarnions, nous aussi, mais collectivement cette fois, cette part d'optimisme, de fierté, d'ambition.



Après des controverses sans fin sur le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), la déchéance de nationalité, le pacte de responsabilité ou la loi El Khomri n'arrivent--ils pas trop tard ?

Nous devons arrêter d'engager des débats sur la réforme qui vient et être capables de capitaliser sur ce que l'on a fait. Les difficultés économiques puis la pression exercée par le terrorisme ont occulté le débat traditionnel, mais absolument nécessaire, entre droite et gauche. Avec le CICE et le pacte de responsabilité, puis avec la lutte antiterroriste et la recherche de l'union nationale, nous avons accumulé les débats au sein de la gauche et au PS, où la critique frontale de notre politique a pris le pas sur la défense de la politique conduite. L'opposition, jusqu'à aujourd'hui, était en notre sein. Nous avons le devoir d'en sortir.



Est-ce qu'une initiative du courant hollandais Répondre à gauche constitue la bonne réponse à cette déliquescence de la gauche ?

Il ne s'agit pas d'un regroupement de vieux hollandais, ce rassemblement a une vocation plus large. Nous nous inscrivons dans la démarche d'alliance populaire lancée par Jean-Christophe Cambadélis. Nous avons d'ailleurs demandé à des militants d'interpeller les ministres. A ceux qui pensent qu'on a " tout fait pour les patrons ", nous répondrons que nous n'avons jamais trahi ni abandonné nos valeurs ni les salariés.



Se présenter face aux Français, sur France 2, pour expliquer que " ça va mieux " comme l'a fait le président de la République le 14  avril, était-ce une bonne idée ?

Cette émission présentait un risque : quand le président dit que ça va mieux face à une mère de djihadiste, le contraste est évident. Mais parce qu'il est président, il doit aussi expliquer l'état de la France, et qu'entre ce qu'on a trouvé quand on est arrivé et aujourd'hui, oui, les choses se sont améliorées. Mais cette émission, qui confronte un président à des situations individuelles toujours difficiles, a forcément créé un décalage.



Plusieurs sondages donnent Hollande sorti au premier tour de la présidentielle, quel que soit l'adversaire de droite. La cause n'est-elle pas perdue ?

Rien en politique n'est jamais perdu. Le risque est bien celui d'une élimination au premier tour. Mais ma conclusion, c'est qu'il faut lutter contre le doute, la défiance, et recréer de l'adhésion. Même si Jean-Luc Mélenchon passait devant nous, il ne sera jamais au second tour. L'alternative à gauche n'existe pas.



Vous y croyez donc encore ?

J'y crois. Avec François Hollande, j'ai traversé des moments difficiles et des tempêtes. Mais je sais mettre un ciré quand on se prend des paquets de mer.

propos recueillis par David Revault d'Allonnes

vendredi, 22 avril 2016

#MENARD VEUT AUSSI FICHER LES CHIENS

chienménard.jpg

jeudi, 21 avril 2016

BRAVO MARTINE!

Le Parti socialiste au bord de la banqueroute dans le Nord

Lessivé par ses échecs électoraux, l'ancien fief, en mal d'adhérents et de cotisations, va devoir mettre en oeuvre un plan de rigueur.

C'est l'un des navires amiraux du PS. La fédération socialiste du Nord est en proie à d'importantes difficultés financières, révèle mercredi 20 avril "Le Parisien" (payant). La fédération affiche un déficit de 1 million d'euros, selon le quotidien, ce qui est énorme.

Pourquoi les caisses sont-elles vides ?

En cause : la chute du nombre des adhérents, d'environ 10.000, quand le PS faisait carton plein, à 5.500 aujourd'hui.

L'ancien fief socialiste de Pierre Mauroy et Martine Aubry a été lessivé par ses piètres performances électorales :

  • les municipales de mars 2014 (défaites à Roubaix et Tourcoing) ;
  • les départementales de mars 2015 ;
  • les régionales de décembre 2015, au cours desquelles les socialistes ont perdu tous leurs sièges au conseil de la région après le désistement républicain du candidat socialiste.

Des solutions ?

La responsable départementale, Martine Filleul, lance un appel aux dons jeudi.

Et il est prévu un plan de rigueur sévère : réduction du nombre de salariés et vente du patrimoine, notamment du siège de la fédération.

Par ailleurs, les élus (députés, conseillers municipaux et départementaux) vont voir leurs cotisations grimper de 15%.

Il reste à savoir si cela sera suffisant après les législatives de 2017.