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jeudi, 20 avril 2017

Pourquoi #Macron

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Il est temps que ça se termine… On a beau chercher dans notre mémoire, difficile de trouver une référence, une comparaison. Comme l’a récemment confié François Hollande, souvent plus lucide dans le commentaire que dans l’action, "cette campagne sent mauvais". L’extrême incertitude qui pèse sur le scrutin, la fracture nette et profonde de l’électorat en quatre (gros) morceaux, le crépuscule d’un quinquennat sans mandataire sortant, la personnalité des candidats, l’explosion des repères, la colère, la peur, la déception, et bien sûr les affaires… tout concourt à faire de cette présidentielle une élection bousculée et violente. A l’image de la campagne que nous vivons.

Sur les estrades des meetings comme sur les réseaux sociaux, dans les discussions comme dans les journaux, le niveau d’agressivité, de haine et de mensonge a souvent dépassé l’entendement. Notre démocratie bouge encore, mais elle est malade. Les clivages qui structuraient le paysage politique depuis cinquante ans ont cédé la place à des antagonismes inquiétants.

La plupart des prétendants semblent avoir placé leur candidature sous le signe de la revanche, pour faire rendre gorge à leurs opposants. C’est Fillon contre la gauche, les fonctionnaires, les syndicats, les juges, les pédagogues... Mélenchon contre les riches, les patrons, les journalistes et tous ceux qui ont le malheur de penser différemment… Ou encore Le Pen contre tous ceux-là réunis, et contre les immigrés évidemment

Le pire est-il possible ? Aujourd’hui on se fait traiter de tous les noms quand on alerte sur la menace du Front national. A droite comme à gauche, certains y voient une grosse ficelle, une manipulation qui empêcherait les citoyens de se prononcer sereinement. Rappelons ici que s’il n’existe pas de votes inutiles, certains sont plus efficaces que d’autres pour éviter l’abîme. Et prenons donc une fois encore le risque de l’écrire noir sur blanc : si l’on en croit les derniers résultats électoraux (municipales, départementales, régionales), les enquêtes d’opinion, les très nombreux reportages ou encore les conversations que chacun peut avoir dans sa vie quotidienne – ce qui finit par faire beaucoup d’indices concordants… – le danger est bien réel de voir l’extrême droite française enregistrer le meilleur score de son histoire. Au premier tour, comme au second.

Et c’est une vue de l’esprit de croire que toutes les hypothèses se valent ou que Marine Le Pen serait battue le 7 mai prochain quel que soit son rival. Qui peut jurer en effet que les électeurs de gauche se rendraient aux urnes comme un seul homme pour glisser un bulletin au nom de François Fillon plutôt que de se réfugier dans l’abstention ? Qui peut assurer que les électeurs de droite feraient de même pour Jean-Luc Mélenchon ? Personne. Quoi qu’en pensent ses détracteurs, la position centrale d’Emmanuel Macron présente aujourd’hui la meilleure garantie de rassemblement pour faire barrage au Front national.

Macron, justement… On a beaucoup écrit sur l’irruption de cet ovni dans le paysage. Plus personne n’ignore rien ou presque de son (in)expérience politique, de sa carrière professionnelle, comme de sa vie personnelle. On aurait aimé pouvoir en dire autant de son équipe, de sa future majorité ou même de certains aspects de son programme. Son diagnostic des maux et des blocages de la société française a sans doute davantage convaincu que ses solutions. Mais il faut le reconnaître, il a su, mieux que personne dans cette campagne, incarner à la fois un projet, un élan, un espoir de renouvellement et une volonté de rassemblement.

Hamon aurait pu lui disputer l’espoir, mais il n’a pas eu l’élan. Mélenchon peut se targuer d’avoir un projet, mais il ne donne aucun signe de rassemblement. Pour les orphelins de la gauche de gouvernement, les réformistes authentiques, les citoyens attachés à la construction européenne, les adversaires du déclinisme ambiant et tous ceux qui redoutent de voir une vraie droite réactionnaire s’installer au pouvoir, Emmanuel Macron offre donc une honnête solution.

Il y a une part de saut dans l’inconnu, c’est vrai. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce que l’on connaît des autres ne le rend pas moins désirable.

La seule question qui vaille n’est donc plus de savoir si Emmanuel Macron est de gauche – il n’a répondu ni oui ni non – mais de savoir si un électeur de gauche peut voter pour Emmanuel Macron. Et la réponse est oui, évidemment, n’en déplaise aux fondés de pouvoir autoproclamés d’une gauche en décomposition. Ceux-là sont sans doute les dépositaires d’une tradition éminemment respectable, mais certainement pas les propriétaires d’un camp. Chacun est libre de penser qu’il souhaite le meilleur à son pays pour les cinq ans qui viennent.

Mathieu Croissandeau

Commentaires

Avec grande tristesse, je vois que vous soutenez la position majoritaire du parti socialiste qui, dans un déni de démocratie sans précédent, méprise ainsi tous ceux qui ont cru, en participant à la primaire, que le choix de la majorité serait respecté.
Soyez assurés de mon profond écœurement.

Écrit par : Lévy | vendredi, 21 avril 2017

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