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mardi, 08 novembre 2016

#Hollande en solitaire

A priori, rien de nouveau : si François Hollande décide de ne pas se porter candidat à  l'élection présidentielle, Manuel Valls apparaît le mieux placé. C'est ce que pense le chef de l'Etat, ce que croient ses fidèles et ce qu'a publiquement déclaré le ministre de la défense, dimanche 6  novembre, au micro d'Europe 1.

Et pourtant les propos de Jean-Yves Le Drian jettent le trouble, comme si un ressort avait cassé et que lui-même, qui accompagne François Hollande depuis le milieu des années 1980, ne souhaitait pas que son ami se représente.

Un indice ? Il reste à peine un mois au président de la République pour indiquer son choix aux Français. Or, pas plus que les élus, pas plus que le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, pas plus que le premier ministre, Jean-Yves Le Drian ne fait monter le désir ni n'invoque un argument qui rendrait désirable ou irréfutable la candidature de François Hollande.

Cruelle désillusion

" Quand on voit la manière dont la gauche ressemble à une bombe à fragmentation… Il faut une boussole. Est-ce que la boussole sera le président de la République sortant ? C'est à lui de le dire ", a-t-il déclaré, laissant l'intéressé seul juge de sa décision.

Quelle solitude ! Et ce n'est pas la première fois qu'un très proche du chef de l'Etat exprime ainsi un doute. Récemment, sur France Info, le ministre de l'économie et des finances, Michel Sapin, avait lui aussi désigné Manuel Valls comme candidat de substitution si François Hollande déclarait forfait en invoquant " la légitimité institutionnelle du chef du gouvernement, deuxième personnage de l'Etat, pour rassembler la gauche ".

Le 21  octobre, dans Marianne, l'avocat Jean-Pierre Mignard, un autre intime du président, s'était montré encore plus direct en déclarant : " A titre personnel, et amical, je souhaite qu'il s'évite une humiliation. " Des mots forts pour exprimer une cruelle désillusion sur la façon dont le " président normal " a exercé le pouvoir. Jean-Pierre Mignard n'a pas digéré que, devant des journalistes, le chef de l'Etat ait pu disserter sur la " lâcheté des magistrats ".

Jean-Yves Le Drian, chargé de " la Grande Muette ", supporte mal de devoir voler au secours de François Hollande, accusé de " forfaiture " par Nicolas Sarkozy après que le chef de l'Etat eut, devant les mêmes journalistes, reconnu avoir autorisé quatre opérations dites " Homo " (assassinats ciblés contre des ennemis).

Donc, quand le ministre de la défense vante " la compétence, le courage, la volonté, la détermination " du premier ministre, alors qu'il n'a pas eu un mot de soutien pour le président, on a du mal à croire qu'il ne pousse pas en fait Manuel Valls vers l'Elysée, comme il l'avait, à la fin de l'hiver 2014, mis sur orbite pour Matignon. A l'époque, il s'agissait d'aider François Hollande à être président. Cette fois, il s'agit de lui éviter le naufrage.

par Françoise fressoz

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