Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

samedi, 17 septembre 2016

@fhollande: je suis social démocrate

Suite de l'entretien avec François Hollande , publié dans le MondeMais du côté de la gauche de gouvernement, ne conviendrait-il pas d’autant plus d’afficher la couleur en assumant le « social-libéralisme » qu’elle met en pratique, voire en abandonnant le mot même de « socialisme » ?

Le socialisme est une idée qui a la vie dure. La question est de savoir ce que l’on met derrière ce mot. Il ne se résume pas à des instruments, une organisation ni à une doctrine économique. En revanche, il porte le mouvement de réduction des inégalités à l’échelle de la planète. Il s’incarne dans les partis qui, pour y concourir, acceptent la réforme afin d’assurer le progrès dans la durée.

Si être social-démocrate, c’est accepter le compromis, je suis social-démocrate. Donner toute leur place aux partenaires sociaux c’est l’objet de la loi travail si décriée par ceux qui craignent la négociation collective au niveau le plus pertinent. Tout au long du quinquennat, j’ai cherché à mettre en dialogue un patronat moderne et un syndicalisme réformiste. C’est difficile. Il y a des résistances. Et à droite comme à gauche il y en a qui pensent encore que tout doit passer par l’Etat et la loi. Mais, depuis 2012, des accords importants ont été négociés. Et le syndicalisme réformiste s’est renforcé.

Le social-libéralisme ? C’est le libéralisme sans la brutalité. Je ne suis pas un libéral, dans le sens où la logique du marché devrait tout emporter. En revanche, j’admets dans certaines circonstances une politique de l’offre. En 2012, l’état du pays justifiait d’aider les entreprises pour redresser leur compétitivité. Ce fut le sens du pacte de responsabilité.

Etait-ce de droite, était-ce de gauche ? C’était nécessaire, et je l’ai fait. L’offre doit forcément rencontrer la demande. C’est le rétablissement des marges qui permet de procéder à une redistribution. Il faut produire avant de répartir. Et sans consommateurs, il n’y a guère d’avenir pour les entrepreneurs. Le libéralisme, c’est l’idée que seul le marché fournit les bons signaux, que l’Etat n’a plus sa place, que la régulation est contre-productive. Or tout ce que j’ai fait, que ce soit dans le domaine environnemental ou sur le plan fiscal ou dans la maîtrise de la finance, contredit cette vision de l’économie. Refuser le dirigisme ce n’est pas se rallier au libéralisme ! Il faut que l’Etat joue son rôle et l’exerce avec autorité pour que le marché puisse être plus efficace. Et que l’économie intègre le progrès social, le temps long et les impératifs de la lutte contre le réchauffement climatique. Le social ne s’ajoute pas à l’écologie. Ils sont désormais confondus.

 

 

Les commentaires sont fermés.