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lundi, 29 août 2016

Non à la prolifération de symboles politiques prônant l'inégalité des femmes

Depuis que le Conseil d'Etat a donné son avis sur l'arrêté municipal de Villeneuve-Loubet, le nombre de juristes flambe sur Facebook.

Il y ceux qui ricanent en disant qu'il est embêtant qu'un Premier ministre et un candidat à la Présidence de la république se retrouvent en porte-à-faux devant une décision du Conseil d'Etat. Ils oublient au passage la séparation des pouvoirs qui existe entre le judiciaire et le politique et le fait que cette décision ne résout rien quant aux attaques que notre modèle social et politique subit de la part d'une idéologie qui veut hiérarchiser les êtres humains, leur ôter l'égalité des droits et le libre arbitre au nom de la soumission à une autorité divine.

La nécessité de lutter contre la prolifération de symboles, non pas religieux mais politique, prônant l'inégalité de droit des femmes à raison de leur sexe n'est pas invalidée par la suspension d'un arrêté. Cela veut juste dire que ce n'est pas le bon chemin.

On passera aussi sur ceux qui voudraient que le combat contre une idéologie obscurantiste et liberticide, infiltrée dans les milieux politiques, associatifs, financés abondamment par l'étranger et pratiquant l'entrisme depuis des années, ne soit pas un long fleuve tranquille où les républicains volent de victoires en victoires... Dans chaque combat il peut y avoir des erreurs de stratégie et des échecs, mais au moins certains politiques se sont réveillés et la question de la montée des provocations islamistes est posée sur la table.

Enfin et surtout, le Conseil d'Etat n'est ni l'arbitre des élégances politiques ni le détenteur de la vérité absolue. Il peut se tromper. Et ne se substitue pas à l'action politique.

Souvenez-vous qu'il s'était montré pour le moins pusillanime sur la question du voile à l'école. Il a donc fallu faire une loi pour protéger la laïcité et l'égalité à l'école. C'est la loi qui a alors rappelé ce qui était acceptable ou non dans notre contrat social et qui a fixé une limite, là où le juge avait refusé d'agir. Aujourd'hui la loi sur l'interdiction des signes religieux ostentatoire fait l'unanimité et nous a protégé!

En effet, saisi en novembre 1989 par le ministre de l'éducation nationale, Lionel Jospin, le Conseil d'Etat avait affirmé que le port du voile islamique, en tant qu’expression religieuse, dans un établissement scolaire public, était compatible avec la laïcité.

Le symbole de l'impureté consubstantielle de la femme et de son inégalité était jugé comme parfaitement acceptable alors que les psychologues expliquent les ravages psychologiques que font chez les petites filles le fait de devoir grandir dans le rejet et la honte de son corps. C'est dire s'il ne faut pas faire du Conseil d'Etat ce qu'il n'est pas: un repère politique et le juge de ce qui est acceptable ou non dans notre société.

Ne nous interdisons pas de réfléchir au recours à la loi face à des personnes qui arborent des symboles sexistes, ou qui se baladeraient en soldats de l'Etat islamique par exemple. Cela n'empêche ni l'éducation, ni l'expression politique, mais la loi ne se crée pas ex-nihilo, elle exprime les principes et idéaux d'une société, c'est un outil incarné qui dépend aussi d'un contexte.

Quoi qu'il en soit, ne baissons pas les bras. Ce combat est politique et mérite d'être mené, pour l'avenir de nos enfants et le respect de la dignité humaine.

Celine Pina

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