Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

lundi, 04 janvier 2016

Plus de République,plus de politique

L’extrême-droite, si elle n’a pas atteint son objectif, a cependant réuni 6,8 millions de suffrages et il y a lieu de s’en inquiéter. Il faut combattre le FN, farouchement. Mais il ne faut pas que notre seul programme soit ce combat-là. C’est sur un projet consistant que doivent se fonder nos engagements, dès aujourd’hui. Il ne s’agit pas de réagir mais d’agir, il ne suffit pas de riposter à l’extrême-droite : il ne faut, bien sûr, rien laisser passer, ni se laisser bercer ou berner par cette pseudo-banalisation de l’extrême-droite; celle-ci reste, à l’échelle de l’histoire et des pays, l’ennemie des libertés, l’adversaire de la démocratie, la compagne des dictatures et des censures. Notre rôle de passeurs de mémoire exige que nous rappelions sans cesse ces faits. Mais pour vaincre, nous avons surtout à porter, positivement et non en défense, des valeurs qui nous identifient.

 

A cet égard, je crains plus que tout la tentation de retomber dans nos sempiternels et stériles débats entre « vraie gauche » et « fausse gauche ». Dans une économie de 2 000 milliards de PIB, ce n’est pas en déplaçant le curseur de 10 milliards ou de 20 que l’on sera plus ou moins à gauche. Pour ma part, j’appelle à refuser ces querelles et à souscrire à cette « injonction à agir » pour l’emploi évoquée par le Premier ministre, notamment en matière de formation des chômeurs les moins qualifiés, d’aide à l’investissement, de renforcement de la compétitivité des entreprises, d’amplification des leviers de la croissance, de lutte contre la précarité. Des mesures sont en préparation et seront prochainement présentées.

 Fondamentalement, deux piliers me semblent indispensables: plus de République, plus de politique.

 Plus de République, cela suppose de porter réellement ses valeurs comme un drapeau. Les Français ont démontré lors des attentats leur attachement à l’unité de la nation, à la solidarité qui la cimente, à la liberté qui en est le trésor, l’égalité qui en est l’horizon, la fraternité qui en est le coeur. Ils ont prouvé entre les deux tours des élections régionales leur formidable engagement pour leur pays. Peut-être devrions-nous réfléchir à la manière d’élargir et conforter le socle républicain, en ouvrant de nouveaux droits, en démocratisant encore nos institutions, en écoutant davantage les citoyens.

 Plus de politique, au sens étymologique de vie de la cité, c’est redonner sa noblesse à cette action publique, collective, qui est le ferment de la démocratie. La défiance des citoyens envers leurs élus, leur déception face aux promesses non tenues, ces explications avancées pour analyser le vote FN, sont sans nul doute pertinentes. Ne sont-elles pas aussi devenues des clichés qui nourrissent le populisme? Les Français montrent régulièrement leur goût pour le débat politique, leur envie d’y prendre part. S’ils n’en sont pas satisfaits, c’est moins pour s’en détourner que pour revendiquer au contraire davantage d’inter-activité entre élus et électeurs, décideurs et population. C’est le rôle des partis, et bien sûr du PS, de retrouver cette vocation initiale de relais, de porte-voix, d’accompagnateur des citoyens, d’animateur d’une démocratie vivante et moderne.

Bernard Roman, député du Nord

Les commentaires sont fermés.