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dimanche, 08 mars 2015

8 mars:femmes politiques, cessons de nous plaindre et affirmons nos ambitions

Cette nouvelle Journée internationale pour les droits des femmes apporte, comme chaque année, son florilège d’éditos convenus, de sempiternels lieux communs et d’inévitables complaintes sur la situation des femmes en politique qui vivraient, à en croire certaines, un véritable enfer. Non pas que le problème n’existe pas ou qu’il soit sans intérêt.

 

La sous-représentation des femmes en politique, notamment au Parlement et à la tête des exécutifs, mérite certainement qu’on se mobilise ; mais loin des discours victimaires, je pense que nous sommes vraiment sur la bonne voie et que les femmes qui font de la politique en France aujourd’hui ont en définitive beaucoup de chance.  

 

Oui, on a notre lot d'indécrottables machos

 

Certes, nous évoluons dans un univers encore très masculin, fait par les hommes et pour les hommes. Quand on entre pour la première fois à la buvette de l’Assemblée nationale, on a l’impression de pénétrer par effraction dans un club privé britannique.

 

Certes, l’organisation générale, le déroulement des réunions et des prises de parole relèvent encore en politique comme partout d’un fonctionnement très masculin.

 

Certes, nous avons, comme partout, notre lot de potaches, de beaufs, de misogynes et d’indécrottables machos.

 

Mais en politique, le chemin parcouru est énorme

 

Mais de manière générale, contrairement à ce que vivent encore beaucoup de femmes dans d’autres univers, en politique, il est de plus en plus rare que la parole d’une femme soit discréditée en raison de son sexe.

 

Le chemin parcouru est énorme. Sur le terrain d’idées, que ce soit pour défendre un texte, un amendement, un désaccord, une conviction, la parole d’une femme est respectée autant que celle d’un homme.

 

Il ne viendrait plus à l’idée de personne de discréditer les décisions de la maire de Paris, des ministres de la Justice, de la Santé, de l’Éducation nationale au prétexte qu’elles auraient été prises par une femme. Là encore, il faut repenser à Simone Veil et Édith Cresson et mesurer le chemin parcouru.

 

Est-ce par conviction ou parce qu’ils n’ont pas le choix et qu’ils redoutent une médiatisation de leurs écarts, mais en politique, plus qu’ailleurs, les hommes savent qu’ils n’ont qu’à bien se tenir…

 

Nous sommes privilégiées par rapport à d'autres femmes

 

Les femmes politiques et, disons le, les femmes politiques de gauche en particulier ont aussi la chance de travailler avec des hommes qui, pour bon nombre d’entre eux et depuis longtemps, partagent leurs combats pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ; et là aussi, il n’est pas inutile de mesurer la chance que nous avons par rapport à d’autres femmes qui évoluent quotidiennement dans des univers moins solidaires, moins militants, moins protecteurs.

 

Car oui, nous sommes plus protégées que d’autres et disposons, en cas d’écarts sexistes, de recours, de ressources et de soutiens dont la plupart des femmes ne disposent pas dans leurs entreprises ou leurs administrations.

 

Les femmes qui sont humiliées ou sifflées quotidiennement au travail n’ont pas toutes la chance de pouvoir le dénoncer au 20 heures…

 

Battons-nous contre les phénomènes d'autocensure

 

Alors de grâce, cessons un peu de nous plaindre et battons-nous. Cessons de reprendre ad libitumcette idée largement erronée d’une conspiration d’hommes qui s’affairerait sans relâche pour que les femmes restent à leur place et n’accèdent pas aux responsabilités. Penchons-nous sur nos propres contradictions car, en politique comme dans la course aux postes à responsabilité des grandes entreprises, ce sont souvent les femmes elles-mêmes qui, pour de multiples raisons, s’interdisent de viser la place de numéro 1.

 

Luttons par l’éducation contre les phénomènes d’autocensure et battons-nous quotidiennement partout où nous sommes pour une meilleure compatibilité entre nos vies professionnelles, privées, militantes.

 

Rompons avec cette approche exclusivement victimaire du féminisme. Les femmes, les filles, doivent s’affirmer, affirmer leurs ambitions, leurs idées, leurs valeurs, leur Moi politique.

 

Allez les filles !

Anne Christine Lang, députée PS

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