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mardi, 03 mars 2015

Départementales: c'est (mo)rose dans l'Hérault

 

Un président socialiste du conseil général applaudi lors d'une très, très longue standing ovation alors qu'il quitte son fauteuil à la mi-février, voilà le genre de scène que le département de l'Hérault pourrait ne pas revivre avant un bon bout de temps. Car, après le départ d'André Vezinhet - aux commandes du conseil général depuis 1998 -, l'avenir s'annonce plus morose que rose pour le PS local. Pourtant, l'Hérault est vraiment ce que l'on nomme un "bastion" du Midi, une terre où seuls trois présidents socialistes se sont succédé depuis la Seconde Guerre mondiale ! Mais avec la réforme du scrutin et des cantons, les divisions à gauche et la montée de la droite et du FN, rien ne garantit plus aux socialistes une victoire en mars prochain.

Plus grave : ils pourraient revivre la même humiliation que lors des dernières municipales àMontpellier. C'est-à-dire se retrouver en minorité et obligés de transiger avec le "dissident" socialiste Philippe Saurel, désormais maire divers gauche de Montpellier et président de la métropole. En effet, faute d'un accord avec ses anciens camarades, le nouvel homme fort local a décidé d'engager dix candidats sous ses couleurs dans cinq cantons de Montpellier, en même temps qu'il ne se cache pas de pouvoir nouer des alliances aussi bien avec les écologistes qu'avec les centristes et l'UMP. Bref, d'être en situation d'adouber le futur président du département. Dur, dur pour le PS local, incapable de désigner un vrai successeur à André Vezinhet ou, à défaut, un leader pour mener la bataille des départementales, ce que le sortant s'est d'ailleurs bien gardé de faire également.

Un PS héraultais décomposé

Le genre d'absence de préparation et de stratégie qui en dit long sur l'état d'une fédération socialiste qui n'en finit pas de se décomposer. Comme un symbole, le canton populaire, certes un peu modifié, du président PS sortant André Vezinhet a d'ailleurs été "laissé" au Parti radical de gauche. Le sortant n'a même pas pris le soin de vraiment choisir un "camarade" pour lui succéder. Et aucun accord n'a été passé avec les écologistes ni avec les divers gauche soutenus par Philippe Saurel.

La droite, notamment l'UMP, saura-t-elle profiter des déboires socialistes ? Peut-être. Mais l'UMP mise surtout sur cette élection départementale pour opérer un changement de cycle. Du coup, elle met en lice de nouveaux candidats, pas forcément encore assez implantés ni connus pour susciter un réel engouement. Une sorte de tour de chauffe. Ils espèrent cependant profiter de la grogne des électeurs devant le manque de résultats du gouvernement, socialiste, faute d'un programme précis pour une assemblée départementale dont les compétences futures ne sont pas encore totalement connues.

Exécutif de rassemblement ?

Comme ailleurs dans le Midi, les scores du FN sont également attendus à la hausse dans l'Hérault. Néanmoins, à l'inverse du Gard ou du Vaucluse, le parti de Marine Le Pen ne semble pas en mesure de vraiment bousculer le conseil général. Mais il peut prétendre à une victoire à Lunel, "secouée" par le drame de ses jeunes partis faire le djihad. Et pourquoi pas sur un canton, voire deux, vers Béziers, où le maire Robert Ménard a annoncé son soutien à des candidats bleu marine, mais doit faire face à la dissidence d'autres postulants très à droite comme Fatima Allaoui.

Conséquence de cette nouvelle donne : sauf à enregistrer un très bon score de l'UMP qui lui permettrait de prendre les commandes, le futur conseil général pourrait bien devoir s'organiser autour d'un exécutif de "rassemblement" nommé en accord avec Philippe Saurel en cas de succès des candidats du maire de Montpellier. À défaut, il peinera à dégager une majorité pour nommer un président en avril prochain et le troisième tour s'annonce aussi compliqué qu'incertain pour la droite et la gauche traditionnelle. Pas vraiment "la vie en rose", donc, pour le PS héraultais, qui tenait le département depuis... 1945 ! L'année précise où fut écrite la fameuse chanson d'Édith Piaf. Mais, en politique, rien n'est "promis pour la vie".

Le Point

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