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vendredi, 27 février 2015

Le #PS, les mains sales et les idées pures

 

Abraracourcix.jpgRevoilà les socialistes dans leur plus mauvais rôle, celui de la tribu désunie. On n'ose même plus écrire "famille", tant les liens qui les rassemblent se sont depuis longtemps distendus. Un mauvais rôle donc, dans le feuilleton éculé du combat des deux gauches. Celle qui gouverne et transforme dans la pratique et le compromis contre celle qui rêve et s'oppose dans le discours et la théorie. On connaît la chanson : aux premiers les mains sales, aux seconds les idées pures... Et pour tout le monde la raclée dans les urnes ?

A un mois des élections départementales, le spectacle de ces divisions irrite et consterne. Certes, voilà déjà quelques décennies que le PS est devenu un agrégat d'écuries personnelles, camouflées en courants. Il n'empêche : jusqu'à peu, les socialistes finissaient toujours par taire leurs querelles et respecter une forme de trêve électorale histoire de sauver l'essentiel, c'est-à-dire leurs mandats. Ne serait-ce que parce que ceux-ci assurent au PS des moyens financiers et un vivier de collaborateurs d'élus. Cette fois-ci, après la déroute des municipales et des européennes l'an dernier, la maison vacille. Le FN est passé de l'embuscade à l'offensive. C'est pourtant le moment qu'ont choisi les socialistes pour se tirer dans les jambes. Pire : il s'en trouverait même pour souhaiter la débâcle et espérer reconstruire sur les décombres…

Calculs d'apothicaire

A qui la faute ? Aux postures ! Tout le monde l'aura compris, ce qui s'est joué dans la tragi-comédie du 49-3 relevait moins du débat de fond sur la loi Macron que de la préparation du prochain congrès. Dans cette ambiance délétère, chacun montre ses muscles, chacun s'épie, chacun se guette. Pendant que la France désespère, les poids lourds du PS passent leur temps à des calculs d'apothicaire. Ici on compte les soutiens de l'actuel premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis ; là on interroge les astres pour savoir de quel côté tombera Martine Aubry ; là encore on se demande si Benoît Hamon ira bien jusqu'au bout… La belle affaire !

La gauche n'a jamais marché au pas, on le sait, c'est contre sa nature. Elle devrait apprendre à marcher en rangs serrés. Il en va de son salut. Cela nécessite de retrouver quelques réflexes de bon sens, comme la solidarité et la discipline. Cela impose aussi de clarifier la ligne et de s'y tenir, une bonne fois pour toutes.

Où finit le débat ? Où commencent les divisions ? Dans ce parti où certains ont pris l'habitude de s'affranchir de la délibération collective au nom de la liberté de conscience, c'est une équation que personne n'a jamais su résoudre. La gauche peut mourir, avait solennellement prévenu le Premier ministre quelques mois après son installation à Matignon. Sa mise en garde n'a jamais paru autant d'actualité. Or si la gauche meurt, elle ne pourra s'en prendre qu'à elle-même, à ses tourments. Et au poison de la division.

Matthieu Croissandeau

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