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jeudi, 12 février 2015

#Beziers #Ménard : Peur sur la ville !

 

Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

Avatar de Karine Chevalier

Par 
Conseillère régionale PS
 

LE PLUS. Robert Ménard fait à nouveau parler de lui. "Désormais la police municipale a un nouvel ami", tel est le slogan choisi par le maire de Béziers pour une campagne d'affichage de la police municipale de la ville. Une affiche qui suscite de vives réactions puisque c'est un pistolet qui l'illustre. Un message de haine, déplore Karine Chevalier, conseillère régionale PS.

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Mathilde Fenestraz

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Robert Ménard, maire de Béziers, devant l'affiche de communication de la police municipale (S. THOMAS/AFP).

 

Malaise. Stupéfaction. Nausée. Difficile de trouver les mots pour décrire mon ressenti en découvrant sur tous les panneaux de Béziers la nouvelle campagne de com' municipale.

 

Pourtant, depuis 11 mois, on en a vu des affiches toujours plus hard les unes que les autres. Mais celle d'aujourd'hui dépasse l'entendement, qui plus est au sortir d'une vague d'attentats.

 

Car ce n'est pas un symbole de paix ou de fraternité mais un engin de mort qu'a choisi le maire pour illustrer sa dernière action : un énorme flingue trône au centre de l'affiche. Et un slogan trash, qui semble tout droit sorti d'un mauvais western, qui annonce que le meilleur ami du policier municipal est son arme.

 

Bienvenue dans "Ménardcity", la ville où le maire se prend pour un shérif...

 

Le message est clair : "N'hésitez pas, tirez !"

 

Une police municipale armée, cela existe dans de nombreuses villes. C'est même très "tendance" ! Mais là, on a une affiche qui suinte la haine, qui est un appel à la haine. Une affiche qui légitime la violence. Quel est le message envoyé à ces policiers municipaux ? N'hésitez pas ! Tirez !

 

Au delà de cette affiche, c'est toute une stratégie de communication qui est mise en œuvre :

 

- Avec les thématiques manichéennes de l’extrême droite identitaire : les bons contre les méchants, les braves gens contre les voyous, les croisés contre les musulmans, les vrais biterrois (ceux d'ici "aqui es besiers") contre "ceux qui s'infiltrent".

 

- Avec la diffusion implicite de théories du complot. La dernier numéro du "tabloïd municipal" s'apparente à "X-Files" : la vérité est ailleurs... Et cette idée là est distillée à longueur de temps.

 

- Avec la volonté de choquer, de provoquer, de cliver, de diviser. Et donc de faire le buzz pour faire parler de soi. Ménard ne supporte pas de ne pas être sous la lumière des projecteurs.

 

Dans ce domaine, il réussit à la perfection puisque tous les médias parlent de cette affiche. Cela a même provoqué une réaction du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

 

Ici, les valeurs républicaines sont bafouées

 

Béziers est le laboratoire de l'extrême droite identitaire.

 

À Béziers, les valeurs républicaines sont bafouées. La laïcité n'existe pas : dans les locaux de la mairie sont exposées crèche et MenorahLa féria débute par une messe publique dans les arènes.

 

À Béziers, la guerre d'Algérie n'est pas finie : la rue du 19 mars 1962 est débaptisée et prend le nom d'un putchiste de l'OAS. À Béziers, les Zemmour, Oberton, de Villiers et bientôt Houellebecq ont table ouverte : la municipalité organise la promotion de leurs livres à travers des "conférences" intitulées "Béziers libère la parole". Comme si, en France, pays démocratique, la liberté d'expression n'existait pas...

 

Pour autant, sur le fond, rien n'a changé. La ville est toujours aussi pauvre qu'avant. Quand une entreprise comme Orchestra projette de s'installer à Béziers, avec à la clé la création de 300 emplois,elle est refoulée par Ménard. À croire qu'il n'y a pas de chômeurs à Béziers. Or, à l'évidence, ce n'est pas le cas.

 

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