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mercredi, 11 février 2015

Il y a un risque d'éclatement du #PS

Interview de Jean Christophe Cambadelis

 

Un électeur sur deux ne va pas voter. Pourquoi ?

Parce que nous sommes dans la phase des élections partielles, que nous vivons une crise de représentation des partis politiques. Un changement trop lent, une politique trop politicienne fatigue les électeurs. Les divisions, les polémiques incessantes entre les uns et les autres, la peopolisation les rebutent.

Les partis traditionnels ne sont pas ressentis comme un lieu de débat mais comme un lieu d’investitures pour les élections…

Le PS est un parti qui débat (27 contributions ont été déposées pour le prochain congrès !), les écologistes aussi, l’UMP s’y essaie. Le problème est que l’on ne perçoit pas le fond mais juste l’ambition derrière ces débats. C’est une difficulté et l’une des raisons du désamour vis-à-vis des partis politiques. Ils pêchent par défaut de sens, de transparence et d’unité. Ces trois éléments produisent un turn over des adhérents. On a commencé un gros travail pour garder les militants qui nous rejoignent, des sections plus attractives et un fonctionnement plus lisible.

Il faut transformer les partis en partis de masse. C’est une nécessité. Et c’est une partie de la réponse au FN.

On parle beaucoup des débats au sein du PS. Pensez-vous qu’il y a une possibilité d’éclatement du PS ?

L’enjeu est de maintenir tous les points de vue dans une formation unique, qu’il y ait à la fois les deux Gérard, Filoche et Collomb. Il n’est pas bon que le PS se sépare de courants politiques mais il faut qu’il y ait une capacité de compromis, qui n’est pas toujours au rendez-vous. Oui il y a un risque d’éclatement du PS. Certains sur notre gauche, veulent d’ailleurs le faire éclater, estimant que l’on ne retrouvera une gauche « réelle » que si le PS disparait du champ politique. Mais cette gauche dont ils rêvent n’existe pas, ou pas encore. Faire éclater le PS dans cette situation où cette gauche de relève n’existe pas conduira à faire disparaitre la totalité de la gauche.

Le tripartisme – FN – PS – UMP – actuel n’est qu’un moment avant le retour au bipartisme. Le tout est de savoir qui restera sur le ring à ce moment-là.

Le résultat des départementales aura donc une incidence sur ce « tripartisme » ?

La division de la gauche entre socialistes, communistes et écologistes, accélère un nouveau bipartisme mais sans la gauche. Car il faut 12,5% des inscrits pour être au deuxième tour des élections départementales, ce qui est compliqué avec des participations faibles.

Est-il possible que le PS soit absent du second tour dans 500 à 800 cantons comme certains spécialistes de la carte électorale le disent ?

C’est un risque. Mais si le PS perd, c’est toute la gauche qui perd. L’unité des forces de gauche pour les départementales est donc une obligation. Si la gauche s’auto-élimine, on laisse la place au FN et à l’UMP.

Vous êtes aujourd’hui et demain dans l’Est. Qu’allez-vous dire aux électeurs ?

C’est un déplacement dans le cadre des départementales. Le message est d’appeler à voter pour une gauche de terrain qui agit et protège. Il faut faire comprendre aux électeurs que ce n’est pas une élection nationale comme les législatives. Le département c’est la solidarité et le social. A qui veut-on laisser le social ? A l’UMP, au FN ? Sur le terrain, les électeurs font confiance à la gauche pour la solidarité.

 

Propos recueillis par Nathalie Mauret et Pascal Jalabert

 

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