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mardi, 03 février 2015

Législative du Doubs : la dure loi du tripartisme

 

Photo AFP

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Le Front national est en tête, largement en tête (32,6 % des suffrages exprimés), mais le parti socialiste sourit. C’est le paradoxe du premier tour de l’élection législative partielle qui s’est déroulée dimanche 1erfévrier dans la quatrième circonscription du Doubs.

Le PS sourit parce qu’avec 28,85 % des suffrages exprimés, il garde une chance de conserver la circonscription de Pierre Moscovici, parti à Bruxelles depuis sa nomination au poste de commissaire européen. Si l'hypothèse se confirme au second tour, ce sera la première fois qu'il remporte une élection  partielle depuis 2012.

Le PS sourit parce que le candidat UMP est éliminé. Charles Demouge bénéficiait pourtant de l'appui de l'UDI et de la neutralité du MoDem. Une claque pour Nicolas Sarkozy qui guettait un bon score pour asseoir le premier acte de la reconquête prévue en mars lors des élections départementales.

Le PS sourit parce qu’il craignait de faire les frais  de la très faible participation des électeurs (moins de 40 % de votants), et que c'est l'UMP qui  en  a été la grande victime. On a les victoires que l'on peut. Le PS sourit parce qu'il sort gagnant de la dure loi qu'impose le tripartisme : face à un FN  porté par la crise, il est celui qui a résisté le moins mal.

Même s’il est toujours délicat  de tirer une leçon nationale d’un scrutin local, le haut niveau atteint par ce parti dans cette circonscription ouvrière ressemble à une consolidation. Aux  européennes, le FN avait obtenu 36 % des suffrages exprimés. Sept mois plus tard  il  enregistre un score à peine inférieur sans que sa candidate Sophie Montel ait eu besoin de beaucoup tracter. La thématique avancée se nourrit de la crise économique et identitaire : "désindustrialisation et péril islamiste", selon les mots du Front national.

En dessous c'est un peu la loterie. Le PS qui se vante d'avoir un bon candidat en la personne de Frédéric Barbier, le suppléant de Pierre Moscovici, le PS qui a reçu la visite de Manuel Valls la semaine dernière, le PS qui  croit avoir bénéficier de l'effet 11 janvier est en retrait de 12 points par rapport à 2012. Il a fortement  souffert de la faible mobilisation de ses électeurs mais pas autant que l'UMP, qui peine à s'affirmer comme une alternative et du coup perd tout.

Ce qui passe en ce moment dans le Doubs sera médité pour la présidentielle de 2017. L'élection est à deux tours mais tout se joue au premier : il faut être celui ou celle qui se qualifiera face au FN.

Françoise Fressoz

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