Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

dimanche, 11 janvier 2015

Nos valeurs sont celles de 1789 et 1905, pas celles de #Menard !

Jeudi soir, place de l’Hôtel de Ville de Béziers, Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, sont morts une deuxième fois !

Les mots utilisés lors d’un débat, d’une cérémonie sont toujours lourds de sens, ils sont en tous cas plus intéressants à analyser que les paroles parfois mal entendues ou trop vite assimilées.

Que retenir de ce texte ? Une lecture simple fait apparaître un discours plein à la fois d’émotion et de colère (toutes deux rappelées par l’auteur de ce discours).

Plutôt que de comprendre, entendons-nous bien, non pas d’excuser l’acte terroriste condamnable, mais bel et bien de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à ce que des armes circulent dans nos villes, plutôt que de vouloir défendre l'idée même d'une responsabilité collective dans la défense des valeurs républicaines (notamment la liberté d'expression ou celle de pensée), R. Ménard a préféré faire appel à l'émotion.

Ce faisant, il utilise les vieux concepts de la Droite Identitaire, des concepts fondés sur la notion de « civilisation française et européenne », insistant sur l’idée que nous formerions une même et seule « famille », une famille dont il exclu au passage, faut-il le préciser, en ne les nommant pas, nos concitoyens de confession juive et musulmane ; une « famille » dont on se demande d’ailleurs quels sont les principes sur lesquels, ou plus exactement dans lesquels elle se reconnaît. On a pu en entrevoir quelques-uns hier soir : le rassemblement national au-delà des luttes de classes, en appelant aux Français de culture, de tradition et, osons le mot, de souche.

Cette idéologie, car il s’agit bien d’une idéologie, plonge ses racines (c’est le cas de le dire !) dans l’idée qu’il nous faut mener une lutte « à mort » (R. Ménard n’appelle-t-il pas au combat dans son discours ?) pour la survie du « peuple » menacé d’invasion (allusion aux ennemis invisibles présents dans nos villages, nos villes, nos quartiers) ; d’ailleurs ne sommes nous pas déjà en train de les combattre comme il a plu à nous le rappeler ? Cette idéologie n’est pas la mienne, car elle est totalement opposée à ce que nous avons de plus cher. Elle est totalement opposée à l’universalisme républicain. Dés lors, il devient urgent de poser quelques questions, et bien d'autres sans doute : pourquoi avoir abandonné à l'Extême-Droite, par une suite de petits renoncements, la défense de la laïcité ? Pourquoi avoir oublié d’utiliser les mots de « Nation », « Peuple « ou de « Patrie », une idée dans laquelle Jaurès voyait « un moyen de liberté et de justice (…) l’affranchissement de tous les individus…. » (Jean Jaurès, Socialisme et République, 1898). Mes valeurs sont celles de 1789 et de 1905, « Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité ». Je ne me reconnais pas dans celles de R. Ménard.

Yannick Bénézech, secrétaire de la section PS Sérignan

Les commentaires sont fermés.