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jeudi, 13 novembre 2014

Le Hollande Bashing continue...La phrase qu'il n'a jamais prononcée.

Pas facile de défendre ses mesures pour l'emploi quand le chômage ne cesse de grimper. François Hollande s'y est employé jeudi 6 novembre sur TF1, rappelant notamment les différents types de contrats aidés mis en place en France. Depuis, une phrase de son intervention lui vaut de nombreuses critiques: "Non, ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye". Sauf qu'il ne l'a en fait jamais prononcée. Explications. 

Ce que François Hollande a dit

En plein échange avec un jeune titulaire d'une capacité en droit, Hasen Hammou, le chef de l'Etat évoque les emplois d'avenir. Son interlocuteur lui fait remarquer que les collectivités locales rechignent parfois à faire appel à de tels contrats. D'autant que "ça coûte très cher", remarque le présentateur de TF1 Gilles Bouleau. Voici le dialogue qui a suivi: 

- "Non, c'est l'Etat qui paye" et pas les collectivités locales, rétorque alors François Hollande. "Donc en l'occurrence ça coûtait..." 

- "Trois milliards d'euros pour 150 000 emplois d'avenir", le coupe Gilles Bouleau 

"Oui, mais c'est l'Etat qui paye", répond François Hollande 

- "Ben l'Etat ce sont les contribuables...", rappelle Gilles Bouleau 

- "Oui, mais c'est pas la collectivité marseillaise ou le département ou la région. Mais, je vais y revenir, c'est l'Etat qui fait l'effort", complète François Hollande. 

Comment la citation s'est transformée par la suite

Plusieurs internautes, s'affichant pour la plupart comme étant de droite, relèvent rapidement la citation, s'interrogeant sur son sens. "Avec quel argent?" l'Etat peut-il payer, s'interroge ainsi un militant UMP. "Il faut expliquer à Hollande que l'Etat c'est nous et nos impôts", s'agace une autre. 

Jusqu'ici, tout va bien. Sauf que la déclaration de François Hollande va être complètement déformée par la suite. La députée UMP de Moselle Anne Grommerch fait ainsi partie des premières à attribuer, à tort, la phrase "ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye" au chef de l'Etat. 

Dès le vendredi 7 novembre Yves Thréard, dans son éditorial pourLe Figaro, reprend la citation à son compte. Selon lui, cette réplique "aussi spontanée que déconcertante, résume toute l'action de François Hollande depuis son arrivée à l'Elysée. Politique qui consiste à laisser filer les déficits, à dépenser l'argent que l'Etat n'a pas et à considérer les contribuables comme d'aimables vaches à lait". 

"Il y a une phrase que j'ai retenue hier. A un moment le président de la République a dit: 'Non, ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye'", abonde l'éditorialiste Nicolas Doze sur BFM TV. "Cette phrase, c'est notre crabe, c'est notre cancer", s'agace-t-il. 

Plus de 4000 tweets ont repris l'expression ces derniers jours, selon Topsy.com et de nombreuses pages Facebook anti-Hollandeen ont fait leurs choux gras. 

 

 
 

 

Reste qu'il s'agit là d'une interprétation assez libre des propos de François Hollande. Non seulement les commentateurs ont déformé ses déclarations, mais ils omettent au passage de rappeler qu'il conclut par "c'est l'Etat qui fait l'effort", ce qui semble indiquer qu'il a conscience qu'il ne s'agit pas d'argent venant de "nulle part".



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