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vendredi, 10 octobre 2014

Lionel Jospin , fier des 35 heures


Les 35 heures furent "un des instruments d'une grande et efficace politique de l'emploi, je reste fier d'avoir dirigé le gouvernement qui l'a conduite", a conclu Jospin, auditionné dans le cadre d'une commission d'enquête "sur l'impact sociétal, social, économique et financier de la réduction progressive du temps de travail" (RTT) instaurée en juin à l'initiative de l'UDI.

La RTT "n'était pas à elle seule un remède miracle, elle faisait partie avec les emplois jeunes, le retour recherché de la croissance, d'une politique d'ensemble pour faire reculer massivement le chômage", a-t-il expliqué en rappelant que le taux de chômage avait baissé de 12,6% à 9% entre 1997 et 2002.

"En 1997, le chômage était l'obsession de nos compatriotes (...) Le but était de faire revenir la confiance dans le pays parce que la confiance était un facteur de production", a-t-il rappelé. "C'est la croissance qui nous a engagés dans cette dynamique. C'est seulement quand la croissance a redémarré que nous avons fait la première loi sur les 35 heures en juin 1998", a-t-il noté, pour souligner la différence avec la situation actuelle.

Jospin a rappelé que la RTT avait été compensée pour les entreprises par des allégements de charges et "une certaine modération salariale". "Entre des augmentations de salaire et la perspective de rendre du travail à des centaines de milliers d'hommes et de femmes, nous avons fait un choix, celui du retour à l'emploi", a-t-il plaidé.

Face à l'UMP Bernard Accoyer, qui estime que "les RTT font rire dans le monde entier", Jospin a estimé qu'elles sont "passées dans les moeurs" et que "la polémique est surtout idéologique". "Pourquoi est-ce au moment où les lois sont détricotées en 2008 (ndlr, les 35 h n'étant plus que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires) que la compétitivité s'affaisse? Pourquoi tout ne s'est pas redressé quand le 'venin' des 35 heures avait perdu sa force?" a-t-il ironisé.

Jospin a admis une critique de l'opposition sur le passage "difficile" aux 35 heures dans l'hôpital. "Pour nous les 35 heures c'était dans le secteur concurrentiel, il y a eu une exception pour l'hôpital", a-t-il dit. Parce qu'il faut trois ans pour recruter et former une infirmière, "nous aurions dû attendre deux ans de plus pour passer aux 35 heures dans l'hôpital public", a-t-il reconnu. "La pression était très forte, nous avons cédé, c'est mon regret principal", a-t-il estimé.

AFP

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