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jeudi, 25 septembre 2014

Martyre

 

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D’abord l’effroi et la compassion. L’effroi devant cette cruauté cynique qui consiste à immoler un innocent pour la simple raison que c’est plus facile, que la terreur sera plus grande, que le sang versé au hasard aura plus de chances d’intimider l’opinion. La compassion, aussi, devant le martyre d’un homme ouvert et courageux, exempt de tout préjugé, parti marcher en Algérie parce qu’il aimait les peuples fiers et les hommes des montagnes, qui lui ressemblaient pour leur liberté.

Hervé Gourdel, qui aimait les sommets, est mort en raison d’une guerre qui lui était totalement étrangère. Il était à l’image des Français, qui prennent brutalement conscience des risques qu’ils encourent pour s’opposer au fanatisme islamiste.

Certains diront que tout cela était précipité, que nous nous sommes engagés dans ces opérations sans être directement concernés, que le gouvernement met en danger nos concitoyens pour des objectifs flous, dans une guerre menée par d’autres. Peut-être… Le débat devra se déployer sans contrainte, selon les bonnes règles démocratiques.

Mais pas aujourd’hui. Douter maintenant, c’est justifier la tactique des barbares. Fléchir au milieu du drame, c’est troquer l’intelligence pour la faiblesse. La juste horreur devant le crime ne doit pas conduire à la peur irraisonnée. Le défi lancé par ces criminels sanguinaires doit être relevé. La France peut-elle s’abstraire des tragédies du monde ? On sait bien que non. On ne réduit pas les risques en se détournant des réalités. Un pays démocratique qui se laisse influencer par ses ennemis ne l’est plus tout à fait.

 

Laurent Joffrin

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