Pour autant, outre l’axe politique qui est le nôtre (emploi, emploi, emploi..), beaucoup s’interrogent sur telle ou telle mesure, désapprouvent telle nomination, réfutent telle décision et réclament son contraire. La question s’ouvre alors : peut-on en tous points être libre et loyale.

La réponse est non : pas en tous points. Il faut alors s’en tenir aux points principaux et ne déroger en rien sur ce que l’on croit important, où l’on pense avoir vraiment quelque chose à dire (exemple, me concernant : la politique anti-tabac) mais ne pas systématiquement prendre la parole sur tout, au risque de fragiliser l’essentiel de la politique du Gouvernement. Non par intérêt, mais par loyauté, la vraie : si nous ne réussissons pas, si nous ne donnons pas à ce Gouvernement le maximum de chances de réussir, c’est tous les Français qui échoueront. Simplement dit, je ne vois pas aujourd’hui d’alternative, et celle(s) que l’on évoque me font peur ou me rappellent l’échec majeur du quinquennat précédent.

Libre donc et loyale, c’est possible à condition de préserver un espace de quant à soi dont au demeurant le pays et l’Histoire se passeront sans difficulté.

La situation singulière d’une petite dizaine d’entre nous (les Ministres non reconduits) pourrait faire partie de ce quant à soi. Pourtant je l’en extraie, non en tant que telle mais parce que cette exception culturelle française qu’est le remaniement mérite qu’on l’examine du sous l’angle du parti pris donné à ce blog-feuilleton : contribue-t-il à faire aimer la politique et ceux qui la pratiquent ?