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samedi, 31 mai 2014

Qui pour sauver la gauche?

L’après-Hollande a commencé. Après la débâcle mémorable des municipales, la déroute historique des européennes a au moins un mérite pour la gauche : elle lève l’hypothèque d’une nouvelle candidature de François Hollande en 2017.

L’homme qui a rétréci la gauche, et qui s’est rétréci lui-même au point d’être devenu le président le plus impopulaire de toute la Ve République, n’a désormais quasiment plus aucune chance d’être celui qui la représentera dans trois ans. François Hollande ne sera pas en mesure d’être le candidat du PS au premier tour de la présidentielle. Tout simplement parce qu’il est désormais celui qui garantit l’absence de la gauche au second. C’est là la première victoire deMarine Le Pen.

Attendu, annoncé, et concrétisé de manière spectaculaire, le triomphe de l’extrême droite aux européennes rend tout à fait envisageable, voire probable, la présence de la présidente du FN au second tour de la présidentielle. Désormais, trois ans durant, toute la vie politique, à gauche comme à droite, va tourner autour de cette seule question : comment échapper à cette perspective ? PS et UMP vont se mettre en quête d’un candidat capable de devancer la présidente du FN au premier tour de l’élection suprême. Cette urgence-là condamne François Hollande. 

Le "bling-bling" a tué Sarkozy, le "plan-plan" a noyé Hollande

Aphone autant qu’inaudible, incapable de tracer une perspective claire au pays, oscillant depuis deux ans de hausses d’impôts massives en allègements de la fiscalité, de discours anti-patronal en cadeaux multiples aux chefs d’entreprise, François Hollande subit aujourd’hui un rejet massif dans le pays.

Même s’il parvenait à faire reculer de manière significative le chômage, une perspective que l’on sait déjà inatteignable avant 2016, au mieux, au vu des prévisions de croissance, son image s’est cassée. Son électorat l’a lâché, ses troupes parlementaires le contestent, le lien s’est rompu. Définitivement.

Le "bling-bling" avait tué Sarkozy, le "plan-plan" a noyé Hollande. Le chef de l’Etat n’a plus qu’une mission à assumer s’il veut que son mandat ne laisse pas une trace trop désastreuse dans l’histoire politique : préparer une transition en douceur pour qu’un autre prétendant que lui - Manuel Valls ou un autre - sauve l’honneur de la gauche dans trois ans et assure sa présence au second tour de la présidentielle.

Renaud Dély - Le Nouvel Observateur

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