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samedi, 17 mai 2014

Le 25 mai :une élection présidentielle

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« Le Parlement européen ? Il ne sert à rien, il n’a aucun pouvoir ! » « Pourquoi voter aux Européennes ? C’est la Commission qui décide tout et elle n’est pas élue ! »
Que celui qui n’a jamais entendu un politique, un journaliste ou son voisin de bureau tenir ces propos méprisants (et inexacts) lève le doigt… Pourtant, la crise de la zone euro a démontré que l’Union intervenait désormais jusqu’au plus intime des souverainetés nationales et que la couleur politique des dirigeants européens et d’un Parlement doté de larges pouvoirs était loin d’être indifférente. La Grèce, le Portugal, l’Irlande ou Chypre qui ont subi des cures d’austérité dictées par la droite peuvent en témoigner. Or, l’élection du 25 mai est une première qui va permettre aux électeurs européens de choisir le futur président de l’exécutif communautaire, comme dans une démocratie parlementaire fonctionnelle. L’offre politique est large : le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker pour les conservateurs, l’Allemand Martin Schulz pour les socialistes, le Belge Guy Verhofstadt pour les libéraux, le Grec Alexis Tsipras pour la gauche radicale, le Français José Bové et l’Allemande Ska Keller pour les Verts. Seuls l’extrême droite et les europhobes n’ont désigné personne, le souverainisme s’accordant mal avec la désignation d’un étranger…

 

Contrairement à ce qu’affirment les eurosceptiques, il n’y a pas une « Europe libérale » gravée dans le marbre, mais des libéraux et des conservateurs qui dominent de la tête et des épaules la Commission et le Parlement européen depuis 1999 (15 ans !). Ainsi, sur les 28 membres de l’exécutif actuel, on ne compte que quatre socialistes en tout et pour tout... Un rapport de force qui reflète celui du Conseil européen de juin 2009, la désignation des commissaires revenant aux seuls États. Or cette démocratie au second degré est justement l’un des principaux reproches adressés à la construction communautaire.

C’est pourquoi les partis politiques européens, inquiets de la désaffection des opinions publiques à l’égard de l’idée européenne, ont organisé un véritable putsch démocratique en décembre 2011 : alors que jusque-là le président de la Commission était choisi secrètement par les chefs d’État et de gouvernement, ils ont décidé de leur arracher ce pouvoir en s’engageant à désigner chacun une tête de liste qui sera en même temps candidat à la direction de l’exécutif européen. Et celui qui arrivera en tête au soir du 25 mai, à condition bien sûr qu’il réunisse une majorité politique sur son nom au sein du Parlement (il n’y a pas de majorité automatique, le scrutin étant proportionnel), succèdera automatiquement au conservateur José Manuel Dura Barroso.

Jean Quatremer

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