Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mercredi, 12 mars 2014

Chapeau les artistes !

 

Chapeau les artistes ! Hier toute la journée, nous avons assisté à une très belle démonstration du talent de l’UMP pour allumer des contrefeux efficaces à la déferlante de soupçons qui s’abattaient sur Nicolas Sarkozy.

Acte 1 – Présenter l’ancien chef de l’Etat comme une victime. Il faut dire que les incroyables travers révélés de la personnalité de P. Buisson pouvait presque inciter à la compassion…. sauf que ledit conseiller ne s’est quand même pas introduit dans l’entourage de l’ancien Président par effraction ! Et qu’il ne figurait même pas dans l’organigramme officiel de l’Elysée ! C’est bien Nicolas Sarkozy et lui seul qui a choisi d’en faire son prestataire exclusif dûment rétribué. C’est bien lui qui a souhaité qu’il participe à tous les cénacles même les plus privés ou les plus restreints…

Acte 2 – Récupérer le mouvement corporatiste des avocats. Sans que personne ne sache réellement le contenu du dossier qui a conduit les juges d’instruction à placer Nicolas Sarkozy sous écoute, une pétition circule au sein de cette respectable profession aux fins de protester sur de potentielles atteintes aux droits de la défense. Le temps permettra de faire la part entre le réflexe de solidarité qui sous-tend cette initiative dont les premiers signataires sont des confrères et surtout des amis de l’avocat de Nicolas Sarkozy et la réalité des craintes exprimées. Mais sans attendre un député UMP annonce le dépôt d’une proposition de loi répondant aux exigences manifestées. Et c’est ainsi que se noue l’impression que les avocats et l’opposition forme un front uni…

3 – Instiller le doute. Quelques hérauts sarkozystes sont passés maîtres dans cet art usant d’un arsenal de termes bien sentis permettant de pallier la faiblesse des preuves.  On entend ainsi parler « de procédure dérogatoire au droit commun« , de  » complot politique« , de « pratiques illégales« , de « cibles du pouvoir« Cette multiplication des attaques est alors organisée afin d’obtenir une amplification maximum qu’autorise le fonctionnement viral de notre démocratie où les infos des chaines relaient sans mot dire les philippiques publiées sur twitter.

4 – Désigner le gouvernement comme le coupable. C’est le sommet de la manipulation. Il vise à reporter la faute sur l’autre, à détourner l’attention des médias avides de nouveautés. On commence par « demander au gouvernement des assurances » selon lesquelles il n’était pas informé de ces écoutes, puis rapidement on dénonce en affirmant que « le pouvoir, forcément, quoi qu’il en dise, en a eu connaissance » !

Et voilà comment en quelques heures, ceux qui étaient en pleine panade tentent artificiellement de retourner l’attention. Belle acrobatie ! Et surtout formidable illustration du théorème imaginé un jour par l’orfèvre Charles Pasqua selon lequel « quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien... »

Jean Jacques Urvoas

Les commentaires sont fermés.