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vendredi, 07 février 2014

Affronter le débat démocratique !

Interview de Bernard Roman dans le JDD

Etes-vous déçu que le gouvernement reporte le projet de loi sur la famille?
Je ne vais pas dire que je suis déçu par le gouvernement mais je le regrette. Je pense que la gauche est là pour faire avancer les problèmes de société. La PMA (procréation médicalement assistée, Ndlr) existe en France aujourd'hui, il ne s'agit pas de la créer (mais de l'ouvrir aux couples homosexuels, Ndlr). Maintenant, les femmes espagnoles vont devoir venir en France pour les IVG et les Française en Espagne pour les PMA. On marche sur la tête! Si on n'est pas capable de rationnaliser notre discours par rapport à ces problèmes de société, je crois qu'on ne fait pas tout à fait notre travail. Je regrette qu'on n'affronte pas le débat démocratique au Parlement sur cette question.

Faut-il y voir, selon vous, un abandon de la part du gouvernement?
Je ne suis pas sûr qu'il faille l'interpréter comme ça. Le gouvernement s'est rendu compte que le fait de vouloir faire passer le texte sur la famille sans y intégrer la PMA lui poserait un certain nombre de difficultés. Il a senti aux réactions des députés - dont le premier d'entre eux Bruno Le Roux - que les socialistes étaient attachés à l'idée qu'on avance sur la PMA. Le Premier ministre en avait pris l'engagement au moment du texte sur le mariage pour tous. Je pense que le gouvernement a préféré différer un problème qu'il aurait eu à la fois avec les extrémistes de droite, qui ont manifesté dimanche, et à la fois avec sa propre majorité.

Est-ce selon vous une solution de "différer un problème"?
Ça n'est jamais la meilleure solution mais cela peut être la moins mauvaise. Le manque de courage politique aurait été de dire "on ne fait pas la PMA parce qu'il y a eu 80.000 personnes dans la rue". Là on dit qu'on ne fait pas la loi famille maintenant. Mais j'espère qu'on y reviendra et qu'on ne finira pas la législature sans que la PMA soit une réalité dans le droit français.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, puis Matignon avaient prévenu lundi dans la matinée que le gouvernement bloquerait tout amendement sur la PMA. S'agit-il selon vous du reniement de la promesse du Premier ministre?
J'ai été choqué à double titre. D'une part, parce que nous avions un engagement et qu'il semblait être remis en cause. Et d'autre part, parce que le gouvernement peut s'opposer à un amendement mais c'est le Parlement qui fait la loi. Il est déjà arrivé dans l'histoire à de nombreuses reprises qu'on vote des amendements sans que le gouvernement ne le souhaite. C'est au Parlement que revient le dernier mot.

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