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mercredi, 11 décembre 2013

César, 23 ans, « emploi d’avenir » pour s’en dessiner un

Après des mois de chômage, César souffle enfin. Jeune sans formation, sorti trop tôt de l'école parce que "ce n'était pas [son] truc", parti travailler pour gagner sa première paye, s'acheter une moto et se payer ses premières vacances avec sa copine, il s'est retrouvé quelques années plus tard dans une impasse. A 16 ans, il n'y pensait pas: il ne voulait plus "rester assis à écouter quelqu'un qui parle". Et puis il a "toujours aimé l'argent" alors il avait envie de gagner sa vie. Aujourd'hui, il a été repêché par un emploi d'avenir. Ils sont quelque 80 000 jeunes comme lui. César Valencia travaille comme ouvrier qualifié pour une association gérant des résidences sociales, Pact 94. Il rénove, répare, fabrique autant de joints, robinets et installations électriques dans des appartements dédiés aux familles sortant du 115. Et navigue entre Maisons-Alfort (Val-de-marne) et Montreuil (Seine-Saint-Denis). "Je fais en sorte que tout soit prêt avant qu'elles ne rentrent dans l'appartement. Et puis je les accompagne", souligne ce jeune homme de 23 ans d'origine colombienne à la large carrure. Pour ne pas rester à ne rien faire De sa voix douce, il énumère tout ces petits riens dans lesquels ces adultes venant des hôtels sociaux peuvent se noyer : changer une ampoule, savoir quand débrancher un appareil ou gérer sa consommation d'électricité : "il faut les accompagner jusqu'à ce qu'ils soient autonomes", continue César. Il prend sa tâche à cœur : lui, il a tout fait pour rester autonome. Ses parents, repartis en Colombie, l'ont laissé se débrouiller seul quand il avait 19 ans. Depuis l'âge de 16 ans, il a enchaîné tous les petits boulots possibles avec son maigre bagage: livreur de pizzas puis de sushi; ouvrier chez Peugeot Citroën, manœuvre dans le bâtiment dans l'entreprise de son père puis gestionnaire de sa propre boîte. Jusqu'au chômage voici deux ans. Il venait de se marier, avait deux enfants en bas âge et ne supportait pas de "rester à ne rien faire". Fils de maçon, gamin de la banlieue sud, il savait qu'il n'avait pas toutes les chances de son côté. La mission locale l'a orienté vers l'association Pact et un emploi d'avenir. Habitué des contrats précaires Avec ses 980 euros mensuels et ses journées qui se terminent à 17 heures - loin des missions interminables sur les chantiers - il est content. Son CDD de trois ans doit déboucher sur un CDI, explique-t-il. La promesse est alléchante pour cet habitué des contrats précaires. "J'ai été bien accueilli et ça me plait", insiste ce jeune homme à la bouille ronde entourée d'un fin collier de barbe. Là, il peut enfin espérer se former, obtenir un CAP de technicien en électricité - "ce serait mon premier diplôme", dit-il les yeux rieurs. "Dans les autres boîtes que j'ai faites, je n'ai jamais pu me former alors j'espère que ça va marcher". Les emplois d'avenir ont un volet formation obligatoire et l'association est soutenue par Uniformation, organisme collecteur des entreprises de l'économie sociale et solidaire. Son responsable le lui a promis. 

Sylvia Zappi

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