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mercredi, 04 décembre 2013

NOUVEAUX RYTHMES SCOLAIRES, UNE DÉCISION BIOLOGIQUEMENT JUSTIFIÉE

Cette dernière rentrée remet à la page ce que l'on nomme les rythmes scolaires. Il s'agit d'essayer d'adapter au mieux les conditions d'apprentissage des élèves au tempo de leur horloge biologique. Ce sujet n'est pas nouveau et cette nécessité qui paraitrait logique avait été démontrée depuis longtemps (années 1980) par les spécialistes en la matière qui ont dénommé chronobiologie les fluctuations régulières des fonctions humaines lorsque le temps s'écoule.

Lors de la journée d'école, les expériences de mesure de la capacité intellectuelle montrent des performances optima entre 9H30 et 12 H puis en fin d'après-midi, entre 15 et 17 H. Par contre, de faibles performances sont observées en début de matinée, 8H 30 à 9H 30, et en début d'après-midi, entre 13H 30 à 15H. Lorsque l'on étudie le rythme hebdomadaire des performances sur une semaine de 4 jours, la rythmicité journalière classique décrite précédemment disparaît. Si au contraire, la semaine comporte 4 jours ½ ou 5 jours de classe, ce phénomène de désynchronisation ne se manifeste plus. Dans une semaine scolaire de ce type, les élèves réalisent leurs meilleures performances le jeudi et le vendredi matin.

Comment nos sociétés traitent leurs enfants à travers cet espace-temps ?

Le nombre de jours de classe des petits français était de 144 en primaire et 178 en secondaire. Ces journées étaient réparties sur 35 semaines dans l'année avec donc 17 semaines de vacances, dont 9 l'été. La moyenne européenne de jours de travail est de 187 jours, se répartissant sur un laps de temps plus long, en moyenne de 38 semaines. Cet allongement du calendrier permettant un meilleur étalement de l’année scolaire.

Nous étions les seuls à avoir adopté un rythme de 4 jours de classe par semaine au cours de laquelle se cumulent 24 h d'enseignement, soit 6 heures par jour. Chez nos voisins, les élèves répartissent un nombre d'heures moindre sur une semaine de 5 jours, permettant donc des journées plus courtes, moins denses et moins fatigantes. La durée de chaque cours est volontiers plutôt de 3/4 h que d'une heure. Notre calendrier français concentrait au contraire un nombre maximum d'heures de cours (847 h en primaire) sur un minimum de temps (144 jours).

Il était donc plus que temps que cette réforme s'engage depuis 30 ans que l’on en parle de ce tempo mal ficelé. Le Ministère a débuté de façon progressive des réformes qui introduisent des semaines de 4 jours 1/2, permettant de mieux étaler dans le temps les apprentissages sur 180 jours au lieu de 144. Des activités périscolaires (sports, arts, activités culturelles) se mettent en place, avec plus ou moins de difficultés, en fin de journée afin de raccourcir la durée du travail effectif quotidien et d'ouvrir l'enfant à des apprentissages variés sous une forme plus ludique. Un raccourcissement à 6 semaines de la durée des vacances d'été est aussi dans les cartons du Ministère, avec une plage commune de 4 semaines (mi-juillet/mi-août) et un zonage rajoutant 2 semaines, soit avant soit après, selon les deux régions concernées. Ceci permettrait d'allonger la durée du temps scolaire de 35 à 37/38 semaines par an.

La « fatigue scolaire » est le résultat du non-respect de ces données physiologiques communes à tous les enfants. Le risque d'un échec scolaire qui peut en résulter est source de stress, d'anxiété, de troubles du sommeil et de manifestations somatiques trompeuses (douleurs abdominales, céphalées, migraines, tics ...).

Comme le formule judicieusement l'Académie de médecine « Il faut souligner également le rôle non négligeable des habitudes sociétales actuelles dans les prises de position des uns et des autres : les loisirs, les week-ends, le temps libre. Il apparaît ainsi que l’enfant n’est pas au centre de la réflexion."

Dominique LE HOUÉZEC

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