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lundi, 18 novembre 2013

Béziers : ce qui peut faire basculer les élections municipales

Quelques jours après la publication du sondage Midi Libre Ifop, qui donne Elie Aboud vainqueur , des municipales à Béziers en 2014, au deuxième tour avec 41 % des votes, petit jeu de politique-fiction.

Le sondage Ifop Midi Libre Sud Radio dévoilé cette semaine dans nos colonnes a surpris le "mundillo" politique. Jusque-là, les candidats et leurs états-majors ne pouvaient se fier qu’à leurs impressions, voire aux rumeurs de sondages. Désormais, ils connaissent un peu mieux les rapports de force du premier tour qui placent Élie Aboud et Robert Ménard au coude à coude (respectivement 36 % et 35 %), loin devant Jean-Michel Du Plaa (18 %) et Aimé Couquet (10 %). Le second tour donnant l’avantage au candidat de l’UMP, “vainqueur” avec neuf points d’avance sur celui soutenu par le Front national.

Ce sondage n’est pour autant qu’une photographie à l’instant T et d’ici le premier tour de scrutin, le 23 mars, il pourrait se passer beaucoup d’événements qui viendraient perturber la campagne. Et l’on ne parle pas des projets que les uns et les autres dévoileront. Petit florilège.

1 Un remaniement ministériel

L’hypothèse n’est pas impossible. Acculé par une partie des Français, pressé par les siens qui prédisent une catastrophe électorale, François Hollande peut être tenté de jouer la carte du remaniement ministériel. Et de placer, à la tête du gouvernement, le ministre le plus populaire, Manuel Valls. Ce qui permettrait au candidat socialiste, localement, de retrouver des couleurs… Et des électeurs aujourd’hui tentés d’aller plus à droite. Il faudrait toutefois que cela s’accompagne d’une série de mesures un peu plus populaires et d’un redressement du marché de l’emploi. Beaucoup de conditions en somme.

2 Une famille socialiste qui se déchire

Les primaires citoyennes n’ont visiblement pas permis de réunir la famille socialiste biterroise. En tout cas, trois semaines après le scrutin, les quatre protagonistes ne se sont toujours pas réunis. Et déjà, certaines langues se délient pour dénoncer le fait que le candidat désigné, Jean-Michel Du Plaa, établit tout seul dans son coin projet comme composition de la liste. Dans ce contexte, certains caciques seront peut-être tentés de travailler en sous-main pour enfoncer un peu plus un candidat déjà très bas dans les sondages et récupérer par la suite le leadership local. Il y en a même qui ne cachent pas penser déjà à 2020. Au point de favoriser Élie Aboud ?

3 L’arrivée d’Agnès Jullian dans le jeu

Le sondage l’a quelque peu reléguée au second plan. Mais Agnès Jullian n’a toujours pas déterminé le rôle qu’elle compte jouer dans cette campagne. Selon nos informations, les discussions achopperaient quelque peu avec Élie Aboud qui espérait la rallier à lui dès le début du mois de novembre. Peut-être aussi parce que le président de Région, Christian Bourquin, s’est mêlé aux négociations. Cela dit, même sans la conseillère régionale mais avec son assentiment, une partie de l’équipe Atouts Béziers pourrait rejoindre le député UMP, ce qui lui amènerait les faveurs d’une partie des acteurs économiques de la ville. Un réseau qui compte.

4 L’intervention de personnalités

Est-ce important dans une campagne ? Cela ne peut en tout cas pas nuire. Quelques personnalités locales et régionales s’apprêteraient à apporter un soutien médiatique à Élie Aboud. On pense notamment à Louis Nicollin qui devrait prochainement venir à Béziers pour promettre un soutien fort (financièrement parlant s’entend) à l’ASBH si le député UMP est maire de Béziers. Ce n’est évidemment pas neutre pour les nostalgiques du grand ASB.

5 Raymond Couderc relégué au second plan

Il entend tellement parler du bilan "désastreux" de Raymond Couderc, certains membres de son entourage le pressent même à franchir le pas, qu’Élie Aboud pourrait être tenté de minimiser le rôle du maire sortant dans son futur dispositif. Par exemple en déclarant haut et fort qu’il sera le prochain président de l’Agglo en cas de victoire en mars. Quel effet potentiel sur les électeurs déjà partis chez Robert Ménard ? Seules les urnes peuvent parler.

6 Des fuites vers l’équipe de Robert Ménard

Et si Annie Schmitt avait montré la voie ? Et si, d’autres adjoints ou conseillers municipaux de l’actuelle majorité, étaient tentés de rejoindre un Robert Ménard qui apparaît aujourd’hui comme un crédible outsider. À l’heure de composer sa liste, Élie Aboud devra faire des choix, “éliminer” de son équipe plus de la moitié des élus actuels, non seulement pour faire la place aux actuels impétrants mais aussi pour donner une image de renouveau et de dynamisme. L’exercice sera délicat, les frustrations obligatoires. Et Robert Ménard en attendra certains, les bras ouverts.

7 Des débats qui tournent à l’affrontement

Cette élection sera tellement suivie par tous les médias, locaux, régionaux et nationaux, que les quatre candidats auront certainement de nombreuses occasions de débattre sur les plateaux de télévision, à la radio ou dans les journaux. Or, Robert Ménard excelle dans l’exercice. Il maîtrise les ficelles de la communication... Élie Aboud, lui, est plus habile dans le langage politique. Le match s’annonce passionnant…

Tout comme ces quatre mois qui nous séparent de l’échéance. Car, si ces cas de figure ne pourront tous alimenter la chronique de la vie politique biterroise, il est certain que de petites ou grandes révolutions se produiront d’ici le 23 mars.

 

Midi-Libre

Ludovic Trabuchet

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