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mercredi, 13 novembre 2013

Formation des profs : bien joué Monsieur Peillon

 

 

Le ministre a enrayé la crise des vocations et réussi en catimini une réforme de la formation sur laquelle ses prédécesseurs s’étaient cassé les dents

Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale, présentent les futures Espé à l'université de Lyon 1. (FAYOLLE PASCAL/SIPA)

Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale, présentent les futures Espé à l'université de Lyon 1. (FAYOLLE PASCAL/S

Autant la réforme des rythmes scolaires n’en finit pas de faire des vagues, et met en difficulté Vincent Peillon, autant  le ministre de l’Education nationale a joué tout en finesse et obtenu des résultats discrets mais prometteurs du côté de la formation et du recrutement des enseignants. La crise de la vocation qui vidait depuis plusieurs années le vivier des candidats est enfin enrayée : avec une hausse de 30% du nombre d'inscrits aux concours menant aux différents métiers de l’enseignement, qu’il s’agisse des professeurs des écoles, pour qui la hausse est plus spectaculaire encore avec presque 50%, ou ceux du secondaire.


Encourageant ! D’autant qu’il y avait urgence, la crise de la vocation de ces dernières années avait à ce point asséché le vivier que près de 1.000 postes n’ont pu être pourvus l’an passé faute d’étudiants ayant le niveau nécessaire et les taux de réussite à certains concours dépassaient les 50% - laissant craindre qu'on admette des candidats n'ayant pas les aptitudes souhaitées... Bien joué donc, Monsieur Peillon
Mieux : le ministère se félicite même d’enregistrer les augmentations les plus importantes dans les régions les plus déficitaires pour les enseignants du 1er degré et les matières là aussi les plus en demande pour le secondaire. Et cela devrait continuer puisque les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) enregistrent elles aussi une hausse d’à nouveau 30% des inscrits en première année des masters Métiers de l’enseignement qui permettent de se préparer aux concours, selon une estimation qui porte sur environ la moitié du territoire.

Et ce n'est pas tout ! Ainsi, les épreuves pratiques et professionnelles se sont vues accorder un coefficient deux fois plus élevé que celui des épreuves écrites, une vraie révolution ! En effet, jusqu'ici, les enseignants du secondaire devaient avant tout briller dans l'art très français de la dissertation. Xavier Darcos, sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, avait lui aussi souhaité mettre en place un tel dispositif, mais avant finalement reculé. Espérons que cette fois sera la bonne.Et ce n’est pas tout. Vincent Peillon vient de réussir en toute discrétion là où ses prédécesseurs avaient échoué : les nouveaux concours, dont la maquette a été officiellement adoptée juste avant l’été, devraient enfin permettre de sélectionner des enseignants ayant non seulement la maîtrise des connaissances, mais aussi le goût et les aptitudes nécessaires pour les transmettre avec efficacité aux élèves. 

Véronique Radier - Le Nouvel Observateur

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