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mardi, 12 novembre 2013

Les espoirs de Jean Michel Duplaa

Vous êtes sorti vainqueur des primaires citoyennes auxquelles ont participé un millier de personnes. Peut-on tout de même parler de succès ?

Je ne sais pas si elles ont été un succès mais elles n’ont pas été un échec. Il y a certes eu moitié moins de personnes qui ont voté par rapport à la primaire de 2011, mais c’était dans un contexte très différent. Si l’on excepte Marseille, des six villes où il y a eu des primaires, c’est à Béziers qu’il y a eu le plus fort taux de participation. Je considère que ça aurait pu être pire. Autre avantage, le fait d’avoir fait appel aux électeurs nous met à l’abri des chicayas qui ont parfois secoué le Parti socialiste.


On s’était tous engagés, par le biais d’une charte, à soutenir celui ou celle désigné par les électeurs. Je souhaite maintenant, et on va réussir, à ce que tous ceux qui ont envie de travailler ensemble nous rejoignent. Après, il n’est pas nécessaire d’avoir la carte du PS pour être sur la liste. Tous ceux qui ont des idées auront leur place

.On doute tout de même que cela permettra d’arriver à cette union de la famille socialiste qui a tant fait défaut par le passé...

Par exemple Agnès Jullian ? Vous aussi vous la courtisez ?

J’ai lu qu’Agnès Jullian était prête à rencontrer tout le monde après les primaires, y compris Jean-Michel Du Plaa. Je suis disposé à la rencontrer mais j’ai cru comprendre que je n’étais pas celui qui lui fait la cour la plus assidue (il fait référence à Elie Aboud, NDLR).

Vous espérez encore vous unir avec le Front de gauche dès le premier tour ?

Honnêtement, je n’ai pas encore travaillé sur les contours précis de la liste, car ce qui compte, c’est le projet. Reste que nous sommes ensemble au conseil municipal dans l’opposition et que nous partageons la même analyse de la situation de la ville. Si l’on a mené les mêmes combats, pourquoi ne pas travailler ensemble dès le départ. Le contraire serait en tout cas difficile à faire comprendre aux Biterrois.

On dit souvent de vous que vous êtes un homme intelligent, malin...

En politique, quand on dit de vous que vous êtes intelligent, ce sont souvent vos adversaires qui le disent et ce n’est pas bon signe. Ça veut dire “il est intelligent mais il est trop loin des gens”. C’est pas forcément une qualité. Je retiens plutôt ce que disait ma grand-mère. Elle m’a appris que l’expérience est la somme des bêtises que l’on a faites. Et de ce point de vue, j’ai de l’expérience. J’ai essayé d’en tenir compte.

Quelle bêtise avez-vous commis en 2008 pour perdre au 1er tour ?

On a cru que les Biterrois nous croiraient sur parole lorsqu’on leur disait que Raymond Couderc allait créer un nouvel impôt à l’Agglo et que la création de zone franche à l’Iranget viderait le centre-ville. Pourtant, on avait raison.

Le centre-ville sera à nouveau votre priorité dans votre projet ?

Il faudra en effet redonner vie à ce centre-ville qui a été vidé, comme je le disais, par la création d’une zone franche à l’Iranget et l’implantation du Polygone à l’Hours. La première priorité sera le logement. Entre 7 000 et 8 000 logements sont vacants, certains n’étant même pas habitables. Il faudra donc démolir certains îlots. Mais aussi utiliser, le programme “rénover pour louer”. La ville l’a fait jusque-là avec la loi Malraux mais ce processus de défiscalisation n’a pas eu les effets escomptés. Aujourd’hui, l’état du parc locatif est tel que seules les populations les plus fragiles vivent en centre-ville. Ça ne fait pas marcher le commerce et fait partir les classes moyennes.

Vous avez déjà d’autres priorités en tête ?

Un certain nombre de points me paraissent en effet essentiels, le premier concernant les enfants. Aujourd’hui, la mairie fait le minimum légal dans les écoles mais il faut faire plus pour donner un maximum de chances à chacun. Je n’oublie pas non plus les personnes âgées. Il y a beaucoup à faire pour améliorer leurs conditions de vie. Enfin, il faudra réaliser un travail sur le patrimoine.

Et la sécurité ? Vous allez suivre vos adversaires sur le sujet ?

Quand Robert Ménard dit qu’il faut armer les policiers municipaux et qu’Élie Aboud, le lendemain, écrit aux Biterrois pour leur annoncer qu’il va leur donner des flashballs et des Tasers, moi, je ne vais pas déclarer après qu’il faut leur donner des armes chimiques. Arrêtons ! Il faut de la sécurité, certes, dans une société. Mais il faut aussi être rigoureux, très dur, sur les causes de l’insécurité. Quand vous avez des quartiers pourris, des gosses laissés à eux-mêmes qui traînent dans la rue, il ne faut pas s’étonner s’ils font des conneries.

Robert Ménard vous inquiète ?

Le Front national a déjà fait des scores importants à Béziers mais jamais sur des scrutins locaux. Là, on a des indices qui laissent entendre qu’il pourrait être plus haut. Il faut expliquer aux Biterrois que s’ils votent FN, ils votent contre leur propre intérêt. Concernant Robert Ménard, je l’ai bien connu lors de la création de Reporters sans frontières et j’avoue que j’ai du mal à comprendre son orientation.

Élu maire, vous prenez l’Agglo ?

Tant que ce ne sont pas les électeurs qui éliront directement le président, le maire de Béziers ne peut pas se désintéresser de l’Agglo, puisque c’est là que se prennent les décisions majeures pour la ville.

L'intégralité de l'émission à réécouter sur le site de Radio Peinard.

 

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