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samedi, 07 septembre 2013

Sarkozy : mon inventaire


    • L’engouement des électeurs de droite de Nicolas Sarkozy laisse pantois. Certes il est énergique au point d’être agité. Certes il est volontaire au point d’être impulsif. Certes il est actif au point d’être colérique envers ceux qui ne le sont pas. La presse ne se gêne pas pour le critiquer, ni plus ni moins que les autres. Pourtant un coup d’œil sur son parcours devrait amener un regard différent.

      Il n’a jamais rien pris à la Gauche et pourtant on le dit combattant. En réalité c’est un héritier aux combats moins difficiles qu’il ne le prétend. En 1983, il devient maire de Neuilly-sur-Seine en profitant d’un séjour de Charles Pasqua à l’hôpital pour un mal de dos. En matière de conquête, il y a plus glorieux et plus élégant ! D’autant que dans cette commune, l’opposition socialiste a du mal à atteindre les 10% ! En 2004, il devint Président de l’UMP, profitant d’une décision de justice défavorable à Alain Juppé prévu pour le poste. Il n’y a pas grand mérite à obtenir une fonction par défaut, sorte de victoire sur tapis vert. En 2007, il devient Président de la République en battant Ségolène Royal mais elle n’est pas sortante. Il remplace Jacques Chirac qu’il a traité de « roi fainéant ». C’est pour le moins peu délicat et cette année-là il n’a toujours rien gagné sur la Gauche.

      Voilà au moins une double différence avec J. Chirac et F. Hollande. Le premier est envoyé en mission par G. Pompidou en Corrèze en 1967 pour prendre les positions tenues par la Gauche. Il y parviendra jusqu’à présider le Conseil Général. Le second part pour la même mission en 1981 après l’élection de F. Mitterrand pour reprendre les mêmes positions cette fois tenues par la Droite. Il y parviendra jusqu’à présider le Conseil Général en 2008. Comment s’étonner que les deux hommes se comprennent, voire s’entendent ? Ce sont deux conquérants, devant un héritier aux mandats faciles. J’ajoute que François Hollande a mené deux combats électoraux contre Nicolas Sarkozy. Il les a gagné tous les deux : aux élections européennes de 1999 en lui mettant dix points dans la vue et bien sûr aux élections présidentielles de 2012.

      Nicolas Sarkozy a tout perdu pour la droite depuis 2007 et on le dit quand même bon candidat pour elle. C’est une mutation extraordinaire : le looser qui devient winner. Il suffit d’égréner la liste des défaites électorales pour s’en convaincre : élections municipales perdues en 2008, puis régionales en 2010, suivies des cantonales en 2011, en attendant le basculement à Gauche du Sénat en septembre de cette même année, le tout couronné par la défaite présidentielle en mai 2012, puis législative en juin. Seules les européennes de juin 2009 ont un goût de semi-victoire, mais c’est bien maigre ! Et après cela, certains à droite, veulent en faire leur futur champion. L’amour rend aveugle ! Sans compter que c’est la première fois qu’un Président sortant et candidat n’arrive pas en tête au premier tour de l’élection présidentielle !

      Il a mis à mal les finances de son pays et de son parti et on le prétend bon gérant des comptes. On oublie vite sa part dans l’accroissement de la dette de la France entre 2007 et 2012 : 600 milliards d’euros. La Cour des comptes les a repartis en deux parties : 200 dus à la crise et il faut donc l’en exonérer, 400 dus à sa politique et il ne faut rien lui pardonner. C’est maintenant à François Hollande de réparer la casse ! Pire pour ses amis, il n’a pas su gérer ses comptes de campagne et le Conseil Constitutionnel a dû les invalider. Bilan : 11 millions d’euros à trouver pour l’UMP. Militants et sympathisants se sont montrés généreux et ont réparé les bêtises de leur champion, comme des parents qui réparent celles de leurs enfants. Il faut reconnaitre la prouesse : le pyromane des comptes est devenu le pompier de crédits. Chapeau l’artiste !

      Rendez-vous en 2017 : si j’étais eux je ne le prendrais pas. Si j’étais lui je ne m’y risquerais plus.

      Bernard Poignant

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