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samedi, 17 août 2013

Les agés, un atout pour la France dans 10 ans

Le nombre des plus de 60 ans augmentera de manière spectaculaire d’ici 2025 et ceci jusqu’en 2040. Ce n’est qu’à ce moment que le taux de dépendance augmentera notablement mais ce point est à la limite du sujet de ce billet. Il est au demeurant incertain; 25 ans, c’est le temps de la recherche médicale et je suis optimiste qu’à cette date, la maladie d’Alzheimer aura changé de visage.

C’est donc un afflux d’âgés, très majoritairement en bon état, dont va bénéficier notre pays si nous savons le préparer et le concevoir. Deux piliers majeurs à ce bénéfice collectif : le rôle des âgés dans la cohésion sociale et la « silver économie », l’économie au service de l’âge et de l’autonomie.

D’ores et déjà, le rôle social  des âgés est considérable : associations, partis politiques, municipalités, vie culturelle..  et bien sûr, familles, ne vivraient pas sans eux. Encore faut-il mieux valoriser ce rôle, le faciliter et le rénover pour que ces « nouveaux » âgés, très nombreux aient le désir de s’y engager. J’ai évoqué précédemment quelques pistes.

Parmi elles, le renouvellement du bénévolat, que les ex-soixante huitards qui vont arriver dans le champ de l’âge ne conçoivent pas de la manière compassionnelle qui a prévalu dans la première moitié du siècle dernier. Ces âgés seront plus « jeunes », plus actifs, plus informés, plus citoyens que caritatifs, ils veulent être des acteurs du monde qui s’esquisse, ils veulent construire plutôt que pallier.

Le besoin de ce rôle social/sociétal/culturel est d’ores et déjà immense. Ce monde qui s’installe sous forme de « crise », ne va pas et n’ira pas sans heurts et sans tâtonnements, ceci dans un contexte d’affaiblissement de l’Europe. Les âgés auront à y prendre toute leur part et leur engagement doit dès maintenant être favorisé, reconnu, mis en valeur. Sans cela, nous avons à craindre un rejet, une mise à l’écart ou toute autre forme de guerre des générations. Sans cela,  l’un ou l’autre, en face des difficultés certaines et d’un possible appauvrissement, en viendra à poser la question du poids de ces générations nombreuses et de leur coût. Les âgés de demain matin devront faire la démonstration que la grande chance de leur longévité n’est pas seulement individuelle mais collective. Lourde responsabilité.

Nous devons d’urgence préparer le terrain de cette nouvelle distribution entre les différents temps de la vie  La réforme des retraites et l’allongement de la durée de la vie professionnelle sont bien autre chose qu’un simple enjeu financier. La reconnaissance d’un temps de vie active non professionnelle (que nous ne savons pas même nommer), de son utilité, de sa qualité en est un autre volet. C’est hélàs un champ encore très peu exploré et pourtant conditionnel de notre futur.

Michèle Delaunay

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