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mardi, 25 juin 2013

Mobilisation

Longtemps la gauche a cru que le FN était le problème de la droite. Son boulet. Mais les temps ont changé, et le parti d’extrême droite est aussi devenu le fardeau du PS. Certes, des voix socialistes peuvent justement évoquer l’affaire Cahuzac pour expliquer son élimination au premier tour de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot. Mais cette déroute comme celle dans l’Oise en mars ne sont pas que des accidents, la simple conséquence des affaires ou la traduction d’une colère passagère. Elles illustrent la progression constante du FN, sa capacité à mobiliser au second tour jusqu’à flirter avec la majorité. Le Front national ne chasse plus seulement l’électorat de l’UMP, mais capte désormais une frange des voix de gauche. C’est cette nouvelle donne que le PS et la gauche doivent affronter. Sans faux-semblant, sans chercher à relativiser une menace que chacun sait réelle. Face à une formation d’extrême droite qui n’a rien renié de ses fondements xénophobes et de son idéologie rance, sa normalisation dans le verbe et dans l’apparence de ses représentants rend vain l’argument de la diabolisation. Sans rien céder sur ses valeurs, la gauche doit réapprendre à parler aux citoyens. Affronter le populisme avec ses convictions. Déconstruire chacune des solutions schématiques et dérisoires avancées par le FN. Restaurer une éthique et expliquer une politique. Dans chaque cité, chaque commune. Avec la mobilisation de tous, et pas seulement des appareils. C’est par les idées, et non par l’invective que le combat contre cette droite extrême se gagnera.

Eric Decouty, Libération

Commentaires

Les réponses classiques ont échoué. Le vote FN est un vote d'adhesion et non plus de protestation. Il n'y a qu'à écouter ce qui se dit en ville. C'est par les idées mais aussi et surtout par les actes qu'il faut combattre l'extrême droite. Pas en étant dans le déni ou en se cachant derriere des explications conjoncturelles comme le nombre de candidats ou le contexte local ou même la météo.
Au boulot !

Écrit par : claire | mardi, 25 juin 2013

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