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vendredi, 14 juin 2013

L'ordre régne

 

Dans un éditorial non signé, le journal Le Monde s’en prend avec une certaine violence au Parti Socialiste et, en particulier, à son aile gauche. En parlant de « démons anti-européen », en intimant l’ordre de « siffler la fin » de la prétendue « cavalcade » solitaire du PS, le journal Le Monde se fait organe officiel du parti de l’austérité et non un journal éclairant le débat public.

 

Cet éditorial est grave.

 

Sans faire la litanie des conséquences de la crise, prenons quelques faits évidents et simples.

 

En Grèce, la télévision publique vient de fermer. Son émetteur est placé sous bonne garde. Ses personnels sont à la rue. Le Monde ne semble pas s’offusquer en une de cet événement inédit. Au nom de l’austérité, on peut donc fermer des médias…

 

La baisse de l’investissement dans nombre de pays d’Europe (dont l’Allemagne !) ne préfigure pas une sortie de crise aussi aisée que semble l’envisager Le Monde… Le chômage de masse atteint notre productivité. Les effets de la crise s’accumulent et menacent notre capacité de rebond.

 

Partout en Europe, les droites extrêmes prospèrent sur le terreau d’une crise qui ronge les fondations de nos sociétés. Le chômage explose. Les phénomènes morbides se multiplient. L’Europe connait une crise politique et sociale d’ampleur. L’implosion n’est pas loin. Le Monde pourrait faire l’effort de relier ces faits à l’application d’une politique économique contre-productive. Il n’en fait rien. Il assène prescriptions et oukases.

 

Ce qui est presqu’encore plus grave dans l’article du Monde, c’est la légèreté avec laquelle est pris le débat démocratique. L’austérité semble ne pas faire débat. Il s’agit d’une croyance, d’un dogme, d’une vérité révélée que la raison humaine ne saurait contester. Le droit d’un parti politique à débattre librement d’un sujet aussi important que l’austérité en Europe ne semble même pas effleurer l’auteur de cet éditorial non signé.

 

Il  quitte d’ailleurs délibérément le champ de l’analyse pour intimer des ordres et marteler des slogans d’autant plus éculés que, dans chaque rue ou ville de notre pays, on en éprouve aujourd’hui l’évidente impuissance.

 

La question de la politique économique menée en Europe est directement liée à la situation sociale et politique de nos pays, chacun l’a compris. On ne peut dissocier les sujets. On ne peut faire comme si la situation politique et sociale n’était en rien liée à la situation économique du continent.

 

C’est un Européen de toujours qui écrit ces lignes. Sans doute, ai-je contribué plus que beaucoup d’autres, à la réconciliation entre socialistes à chaque fois que le sujet européen est venu semer la discorde dans nos rangs.

 

J’assume totalement le fait de m’opposer à la politique d’austérité en Europe parce que je la considère destructrice et dangereuse. J’assume totalement de ne pas me soumettre à une doxa que je juge suicidaire pour l’Europe.

 

Au risque de me répéter, je constate que le débat, porté notamment par Paul Krugman ou Joseph Stiglitz semble, à ce point illégitime aux yeux du journal Le Monde que celui-ci passe outre les considérations de nombreux économistes (dont des Prix Nobel) et conteste le droit à des militants, des élus et des responsables politiques d’en débattre.

 

L’aveuglement touche à ce point l’auteur de l’éditorial qu’il ne s’aperçoit pas qu’en déniant au Parti Socialiste de réfléchir librement, sans dogme, aux conséquences de la politique en Europe, il est en train de saper les fondements du débat public.

 

Le Monde pourrait au moins se souvenir que s’il a des lecteurs, nous avons, nous, des électeurs. Sans doute cela implique-t-il, de notre part, un sens de la responsabilité quelque peu vif.

Julien Dray

Commentaires

Il n'y a qu'a voir la façon dont a été traité justement le traite transatlantique sans débat a l'assemblée nationale qui va nous impliqués certainement pour un bout de temps.
Le président nous fait miroiter l'exception sur la culture, laissez moi rire pour ne pas en pleurer, a peine 5 % de l'accord global.
De toutes les façons les américains feront ce qu'ils veulent, le pouvoir français se trouvant a Bruxelles he oui.

Écrit par : MOI | vendredi, 14 juin 2013

Arretez de nous faire rire, quand on voit le gouvernement se gargariser sur l'exception culturelle qui ne veut plus rien dire(séries télé américaines sic) on se demande si ils nous prennent pas pour des " gogols ".
Ensembles des négociations 95 % Culture 5 % cherchez l'erreur.

Écrit par : MOI | samedi, 15 juin 2013

Il semblerait que les commentaires n'apparaissent pas. Merci pour l'information.

Écrit par : MOI | samedi, 15 juin 2013

Les commentaires sont fermés.