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jeudi, 23 mai 2013

Les primaires ont du mal à séduire

Après le succès des primaires socialistes lors des deux dernières présidentielles, les primaires pour les municipales lancées par l'UMP et le PS dans les grandes villes ont bien du mal à séduire les électeurs. A tel point qu'on peut se demander si ça ne va pas déboucher sur un grand flop.

 

A Paris, notamment, où l'UMP a du mal à mobiliser les sympathisants, ils ne sont que 9.000 à s'être inscrits pour aller voter, ceux-là ont payé les 3 euros de participation. Or il faudrait en séduire 50.000 pour que l'UMP rentre dans ses frais, car cela coûte cher, l'UMP n'a plus un sou et il ne reste qu'une dizaine de jour pour mobiliser les troupes. Le parti a donc prolongé la procédure d'inscription jusqu'à la clôture du scrutin, le 3 juin.

Il faut dire qu'entre l'abandon de Rachida Dati et l'offensive des anti-mariage gay contre la favorite, Nathalie Kosciusko-Morizet, cette primaire UMP part très mal. L'affiche est beaucoup moins alléchante qu'au départ, il n'y aura pas de duel entre Rachida Dati et NKM. De plus,la favorite est la cible d'une partie de son camp, puisque l'un des vice-présidents de l'UMP a carrément demandé aux électeurs de ne pas la désigner parce qu'elle s'est abstenue sur le mariage pour tous.

NKM alerte donc sur le thème : il faut voter sinon attention au sabotage. "S'il y a trop peu de participants, s'il y a trop peu de mobilisation, le risque c'est le sabotage, c'est la manipulation. Le risque c'est que tous ceux qui ne veulent pas que l'on gagne, tous ceux qui ne veulent pas ce rassemblement et qui sont aujourd'hui les meilleurs soutiens de Mme Hidalgo, tous ceux-là vont faire passer un candidat qui ne sera pas le meilleur."

Une bonne chose malgré tout ?

Pour Philippe Goujon, le patron de la fédération UMP de Paris, cela reste tout de même une très belle idée ces primaires : "Je crois que demain, il n'y aura plus de candidat autoproclamé ou désigné par les intrigues de cour ou de couloirs dans les partis politiques. Il y aura des candidats départagés par les électeurs et c'est ce que nous sommes en train de mettre en place. Nous sommes des précurseurs et peut-être essuyons-nous les plâtres."

La primaire de l'UMP à Paris n'attire pas les foules. A Marseille, le Parti socialiste n'a pas ce problème et pour cause, il n'y pas de procédure de préinscription. L'un des candidats, Patrick Mennucci, se vante d'avoir un petit peu d'expérience en la matière : "Je peux vous dire que cela va bien marcher parce qu'à Marseille on connaît le corps électoral. Il s'agit de l'ensemble des Marseillais inscrits sur les listes électorales. On n'a pas de procédure à faire, tous les Marseillais pourront voter exactement comme pour la primaire qui a désigné François Hollande."

La guerre des clans

Mais ce que Patrick Menucci ne dit pas, c'est que les coups volent bas entre les quatre candidats déclarés, il pourrait y en avoir cinq et même six. L'enjeu est de taille, la gauche a une petite chance de reprendre la mairie à la droite.

Jean-Claude Gaudin hésite encore à attaquer un quatrième mandat et sa popularité n'est pas au beau fixe. Une opportunité pour le PS qui attise les ambitions. En coulisse, chacun fait jouer ses réseaux et ses soutiens.

Certains regrettent que le scrutin ne soit pas ouvert au MoDem qui est un allié du PS à Marseille. Elle est représentée par l'eurodéputé Jean-Luc Benhamias qui a appelé à voter François Hollande en 2012. Il a dénoncé un PS "totalement fermé".

"Le Parti socialiste est petits bras"

Ce n'est pas le seul exemple, au Havre, le Parti socialiste n'a pas ouvert non plus la primaire à toute la gauche. Du coup cela va se résumer à un duel entre deux candidats ce que regrette l'un des duettistes, Laurent Logiou, qui n'est pas tendre avec son parti : "Faire une primaire entre deux personnes, cela donne moins de dynamique que celle qu'il y avait eu pendant les présidentielles et où il y avait eu six candidats. Ce qui m'embête dans ces primaires c'est qu'il n'y ait que trois villes. Le Parti socialiste aurait du avoir plus de courage et organiser des primaires dans la quasi-totalité des villes de plus de 100.000 habitants. Pour moi le Parti socialiste est petit bras."

Le PS "petit bras", l'UMP un peu amateur à Paris. A Lyon, la primaire UMP ne tient pas ses promesses non plus, aucun candidat ne se détache, les débats mettent en lumière le manque cruel de leader à droite pour contrer Gérard Collomb. Bref ces primaires pour les municipales n'étaient peut être pas une si bonne idée que ça !

Anne-Laure Dagnet

France Info

22/05/2013

 

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