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vendredi, 03 mai 2013

De l'Allemagne, de la France

Quelle tempête ! Claude Bartolone a parlé de « confrontation » avec l’Allemagne. Un brouillon de texte du PS a mis en cause l’intransigeance et la brutalité de la politique d’Angela Merkel. Essayons de raisonner avec un minimum de sang-froid !

1/ Claude Bartolone a eu tort et il a été maladroit. La « confrontation » réclamée avec l’Allemagne ne peut mener qu’à une escalade de la méfiance.

2/ C’est étrange qu’un texte du PS qui n’avait même pas été discuté puisse sortir dans la presse. A qui profite le crime ? Mais la mise en cause personnelle d’Angela Merkel était, là aussi, un malentendu et une erreur.

3/ Les problèmes de la France ne sont pas dus principalement à la pratique d’Angela Merkel. Ils sont d’abord le résultat d’une politique catastrophique de la droite depuis 10 ans. Ils sont aussi le révélateur d’une société pessimiste ayant du mal à se projeter dans l’avenir.

4/ L’Allemagne est-elle un modèle ? Oui et non. Oui, par la qualité et l’importance du dialogue social, par la présence des représentants des travailleurs dans les organes dirigeants des entreprises. Oui, par le sérieux et la continuité dans l’action des entreprises. Non, par les réformes du marché du travail, qui n’ont sans doute pas restauré autant qu’on le dit la compétitivité de l’Allemagne, mais ont certainement rendu plus précaire la situation des allemands.

5/ Il n’y aucun doute que la politique d’austérité contrainte et imposée par les dirigeants conservateurs européens, au premier rand desquels Angela Merkel, impose des souffrances scandaleuses aux peuples grec, espagnol, portugais, etc. et nous conduit droit dans le mur. C’est pourquoi François Hollande a raison de se battre pour un pacte de croissance à l’échelle européenne. Mais il est bien seul.

6/ Le débat doit bien porter sur une autre orientation pour l’Europe. Une Europe pour la croissance et l’emploi durables. Une Europe plus démocratique. Une Europe qui en finisse avec le dumping social, fiscal et social. La bataille sera très difficile. Mais seuls sont perdues avec certitude les batailles qu’on ne livre pas.

7/ Mais on peut être ferme sans être blessant ni agressif. L’amitié franco-allemande, celle des peuples au-delà des dirigeants, est un bien précieux. L’entente franco-allemande, à condition de respecter les autres pays, demeure indispensable à la construction européenne.

Jean Louis bianco

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