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jeudi, 28 mars 2013

Sarkozy – Cahuzac ou la tentation médiatique des comparaisons abusives

 

cahuzac-sarko

Nicolas Sarkozy a donc été mis en examen cette semaine dans l’affaire Bettencourt. Il lui est reproché d’avoir abusé de la faiblesse de la milliardaire Liliane Bettencourt, ce qui conforterait les doutes relatifs au financement de sa campagne présidentielle en 2007.

Toutefois, il faut rappeler qu’une mise en examen n’est pas la reconnaissance d’une culpabilité. Sarkozy est donc présumé innocent. Cela veut dire qu’un juge d’instruction a été commis pour instruire à charge et à décharge. Il appartient désormais au juge d’instruction de donner la suite qu’il convient à l’action publique et de renvoyer, le cas échéant, l’ancien président de la République devant le tribunal correctionnel.

Politiquement, c’est le genre de nouvelle qui tombe à pic et qui permet au gouvernement de souffler un peu après la démission de Jérôme Cahuzac. On voit bien cependant que lesmédias s’évertuent d’ores et déjà à mettre opposition et majorité dos à dos au nom del’indépendance de la justice. Or, les deux affaires ne sont absolument pas comparables même si elles concernent deux hommes politiques (j’aurais pu également parler de Christine Lagarde).

Dans l’affaire Bettencourt, les investigations sont menées depuis plusieurs années, les témoignages semblent accablants et proviennent de personnes qui ne peuvent être suspectées de parti pris politique (ex : le majordome et la comptable de Madame Bettencourt). Il y a ensuite des faits objectifs : les examens médicaux de Madame Bettencourt qui ont mis en évidence sa sénilité et qui ont abouti à sa mise sous tutelle à la demande sa fille. Je rappellerai également les libéralités et les contrats d’assurance vie absolument vertigineux que Madame Bettencourt a consentis à Monsieur Banier pour un montant total avoisinant le milliard d’euros ! Il y a quand même des actes authentiques (donations de biens immobiliers) et des actes sous seing privé qui attestent des largesses suspectes de la milliardaire. Dans ces conditions, il n’est pas invraisemblable de penser que Madame Bettencourt, déjà psychiquement et physiquement affaiblie, ait été fortement incitée à se montrer très généreuse à l’égard d’un candidat à l’élection présidentielle. En effet, comment ne pas se rappeler également du luxe arrogant de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkzoy en 2007 et de la débauche de moyens qui avait été employé pour lui permettre de l’emporter face à Ségolène Royal ? A l’époque, même les observateurs politiques n’hésitaient pas à confier publiquement leur admiration devant la formidable machinerie sarkozyste. Or, pour qu’un tel dispositif de propagande politico-médiatique fonctionne, il faut des sous… beaucoup de sous. D’où les doutes au sujet des comptes de campagne de l’UMP. Enfin, les ténors de l’opposition se déchaînent, sans aucune retenue, contre les magistrats. Politiquement, c’est un coup de tonnerre car cette mise en examen met un terme (provisoire ?) au retour de Nicolas Sarkozy dans le débat public.

Dans l’affaire Cahuzac, nous n’en sommes qu’au stade de l’information judiciaire. Ensuite Jérôme Cahuzac n’a évidemment pas la même stature politique que Nicolas Sarkozy. Il y a moins de six mois, les Français ne le connaissaient même pas. En outre, les preuves sont inexistantes ou du moins fortement sujettes à caution : le fameux enregistrement est d’une qualité extrêmement médiocre (l’expertise effectuée n’a pas conclu avec certitude que la voix enregistrée est celle de Cahuzac), le contexte de l’affaire est absolument rocambolesque, les témoins sont suspects de vouloir régler le compte de l’ancien ministre du budget (Michel Gonelle est un adversaire politique déclaré ; Patricia Cahuzac est en pleine procédure de divorce). Quant au fameux compte en Suisse, fermé paraît-il en 2010, on en parle beaucoup sans que son existence ait été pour l’instant attestée par l’UBS et les autorités suisses. On en est donc réduit à des soupçons de blanchiment de fraude fiscale. On parle aussi de rémunérations exorbitantes de laboratoires pharmaceutiques. On évoque des montages financiers complexes vers Singapour sans plus de précisions. Curieusement, on ne parle plus du fameux appartement parisien de l’ex ministre soi-disant acquis au moyen de fonds à l’origine douteuse. Enfin, les ténors de la majorité sont restés mesurés dans l’ensemble et n’ont pas commenté outrancièrement la décision du parquet de Paris. Politiquement, les déboires judiciaires de Jérôme Cahuzac sont certes un coup dur pour le gouvernement, mais ils n’auront tout de même qu’un impact limité (Cahuzac a démissionné, il a été vite remplacé, et surtout François Hollande n’est en rien concerné par cette affaire).

Gabale, 

Commentaires

Ce sont des personnages publics et a ce titre ils devraient etre irréprochables. Or avec ses gens il n'y a plus de limite.
On met plus de 16 ans pour juger des politiques alors qu'en cas d'agressions ou de vols pour le lambdas c'est la comparution immédiate, cherchez l'erreur.
Pour observation le pseudo de @moi devrait changer pour éviter toute confusion. Merci.

Écrit par : MOI | jeudi, 28 mars 2013

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