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mercredi, 13 mars 2013

Assez de récriminations!

 

A en croire un récent sondage, les deux tiers de nos compatriotes seraient déçus de l'action du Président de la République. A suivre l'actualité et les déclarations répétées des uns et des autres, il semblerait qu'il faille même compter au nombre des mécontents, une fraction croissante d'élus ou de dirigeants socialistes. Par un curieux mimétisme se dressent en effet aujourd'hui toutes sortes d'indignés pourtant nourris au lait de Solférino : là, c'est un groupe de puristes qui fait connaître par voie de presse son refus de voir la suppression du cumul des mandats reportée à 2017 ; ici, c'est un contingent de députés qui fait savoir à peine un projet de loi présenté à l'Assemblée sa détermination à durcir un texte jugé trop complaisant avec les banques ; partout enfin fleurissent des factions nouvelles se revendiquant d'une gauche, tantôt forte, tantôt populaire, tantôt durable, mais surfant à chaque fois sur les supposées insuffisances du gouvernement.

Il est curieux (mais banal) d'observer combien l'humeur des élus d'une majorité peut épouser celle de l'opinion ! Et plus curieux encore de noter que ces soudaines et tonitruantes prises d'initiatives surgissent quelques semaines après un Congrès qui fut, lui, d'un calme plat. Ceux, bien rares et dont j'étais, qui proposaient de faire de ce rendez-vous l'occasion d'un vrai débat sur l'organisation et le rôle du parti dans cette période inédite, se voyaient alors opposer les éternelles vertus du rassemblement et des non-dits que celui-ci implique nécessairement. Elus et cadres socialistes, tous ou presque ont ainsi accepté à l'automne, d'un même mouvement,  une procédure absurde consistant à coopter avant toute délibération un Premier secrétaire et "son" équipe, acceptant du coup sans mot dire le nouveau quadrillage imposé à nos instances par des ministres en mal d'influence. Je me souviens, brandissant  l'étendard de la rébellion, d'avoir alors voulu solliciter tous mes collègues parlementaires de l'Assemblée comme du Sénat, pour refuser cette ineptie, le plus souvent condamnée officieusement par un grand nombre : un seul (je le remercie encore) répondit à cet appel ! Et l'on pût applaudir à Toulouse à la plus curieuse communion d'hypocrisies à laquelle il m'avait été donné d'assister depuis longtemps, chacun (ou chacune, le manque de courage étant scrupuleusement paritaire) ayant une "bonne" raison de cacher en public ce qu'il ne manquait pas de dire en privé ! Aussi, ai-je aujourd'hui tendance à penser que les unes et les autres, plutôt que d'afficher leurs états d'âme, devraient désormais ne s'en prendre qu'à eux-mêmes !

Aussi, au cœur de la bataille, n'est-il plus temps de se plaindre et d'accentuer encore par l'écho de ses récriminations les difficultés du moment. Il fallait agir à temps ! Instrumentaliser la question du cumul, ne peut plus avoir  pour effet que d'affaiblir un peu plus nos sortants à un an d'une échéance qui sera particulièrement dure. Il faut donc, maintenant que la reforme a été confirmée et son calendrier arrêté, que la polémique cesse !

Critiquer publiquement certains choix économiques ou fiscaux  ne peut, de même, qu'accentuer le trouble qui affecte déjà largement l'opinion.

Le simple bon sens politique nous indique que nous n'avons plus d'autre solution que de serrer les rangs... sans renoncer pour autant à débattre de notre action ! Nous ne pouvons ignorer le malaise de l'opinion ni renoncer à en traiter les causes. Mais à la condition de l'aborder avec une vue d'ensemble et non en prenant tel ou tel point précis permettant de se distinguer à bon compte et sans risque (comme sur le cumul par exemple) mais au prix de l'affaiblissement de tous.

Il y aurait en effet beaucoup à dire, non pas tant sur le contenu de la politique conduite, que sur la manière dont elle l'est.

La vraie source de déception tient a mon avis à un défaut de pédagogie. Il faut cesser de biaiser et dire clairement aux Français la gravité de la crise et ses conséquences. En somme, les prendre au sérieux ! Le Président n'a, à aucun moment, cédé, ni pendant sa campagne, ni depuis, aux facilites de la démagogie. Alors pourquoi ne pas aller jusqu'au bout et assumer un marasme dont son ambition est de faire sortir le pays ? Montrer un cap est indispensable mais possible qu'une fois qu'on a clairement sur la carte reconnu sa position ! 

Gaetan Gorce

Commentaires

Entièrement d'accord avec M. Gorce notamment sur le refus du cumul des mandats, le parti devient une coquille vide.
Le fait du Congrés sans discussions et avec un premier secrétaire nommé avant le vote a contribué a ce que le parti soit inaudible.
Que dire des députés qui font de la panurgie en permanence sur la politique en France et en Europe.
Le débat me parait mal engagé. Pour ma part j'en parle au passé.
M. Gorge un des rares en qui j'ai de la sympathie.

Écrit par : MOI | mercredi, 13 mars 2013

un gouvernement plus que décevant aucunes promesses respectées. honteux d'être socialiste ilapplique les m^mes règles que sarko lors de ces déplacements la gauche caviar est bien présente. laisser le patronat faire ils veulent appliquer la mobilité aux salariés que fait la gauche on fait comme le medef c'est la honte!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! en 2014 certains vont pleurer.
un manque de pédagogie, non!!!! un super menteur les citoyens ont bien compris la crise on la vie au quotidien seuls les élus ne vivent pas la crise et la gauche caviar. monsieru g on connait bien la crise

Écrit par : decu | jeudi, 14 mars 2013

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