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lundi, 18 février 2013

Municipales : primaires socialistes, saison 2 !

 


[...] Dans quelles villes organiser ces primaires ? Selon quelles modalités ? Le PS planche sur son plan de bataille. Chargé du dossier, le secrétaire national aux fédérations Alain Fontanel a déjà rencontré de nombreux prétendants potentiels. Et le calendrier se précise : dès mars, les instances dirigeantes adopteront la liste des villes concernées et le mode d'emploi. Le calendrier : candidatures à la rentrée, scrutins mi-octobre et convention nationale d'investiture en décembre. Restent quelques sérieux casse-tête à régler

Première cible : les villes de droite !

Pas question d'organiser des primaires dans chacune des 36.000 communes de France. La règle, dans l'immense majorité des villes, demeurera celle du vote des militants. Pour les primaires ouvertes à tous les citoyens, Harlem Désir cible les "villes de conquête", dirigées aujourd'hui par la droite.

Toutes ne sont cependant pas éligibles. Seules celles réunissant plusieurs critères : une chance réelle de l'emporter, une population dépassant la taille critique de 100.000 habitants pour assurer une rupture avec l'échelon militant, un problème de leadership non arbitré. La direction du PS estime par ailleurs qu'il faut un relatif consensus local pour que ces primaires aient lieu.

Au final, très peu de grandes villes sont concernées. Première d'entre elles : Marseille, où Patrick Mennucci, Eugène Caselli, Marie-Arlette Carlotti ou encore Samia Ghali sont déjà sur les rangs pour tenter de reprendre la ville, aux mains de Jean- Claude Gaudin. Comment les départager sans passer par une primaire, d'autant que la fédération est l'objet de toutes les suspicions ?

Autre ville dans la cible : Le Havre, où Hollande a obtenu 58% des voix au second tour. Deux candidats socialistes sont dans les startingblocks : Laurent Logiou, viceprésident du conseil régional de Haute-Normandie, et Camille Galap, un ancien président d'université fraîchement arrivé au PS. Le maire UMP actuel, Edouard Philippe, n'a pas été élu en 2008, mais a hérité du fauteuil de son prédécesseur, Antoine Rufenacht, en cours de mandat. Une bonne conjonction astrale, estime le PS. Seuls bémols : aux dernières législatives, Edouard Philippe a battu Logiou, et le Parti communiste continue à lorgner la tête de liste.

Quelques autres villes peuvent prétendre à une primaire : Orléans, Aix-en-Provence et Avignon. Mais pas Bordeaux, par exemple, où, aux yeux du PS, Vincent Feltesse est incontestable pour affronter Alain Juppé.

Et si le sortant est de gauche ?

Là aussi et surtout, la règle est que la primaire soit l'exception. Elle n'est envisagée que dans deux cas de figure. D'abord dans les villes où le maire sortant socialiste ne se représente pas.

C'est le cas de Paris, où Bertrand Delanoë va passer la main. Mais la primaire y reste très incertaine : pour l'heure, seule la première adjointe, Anne Hidalgo, est en piste, et Jean-Marie Le Guen proteste contre le calendrier retenu par la fédération parisienne, qui veut régler les choses dès le mois de juin. Mais pas sûr qu'Hidalgo, même si elle ne doit pas affronter de concurrent sérieux, n'ait pas intérêt à une primaire pour se légitimer, elle qui soufre de l'image de l'héritière.

Autre ville socialiste où le sortant n'a pas de successeur désigné : Clermont-Ferrand.

Le PS envisage également d'appeler les citoyens à trancher dans un autre cas de figure : lorsque le sortant socialiste est contesté. Harlem Désir lui-même a évoqué la première ville à laquelle il pensait : Montpellier, même si l'hypothèse a pris dernièrement du plomb dans l'aile. Hélène Mandroux doit y faire face à une pléthore de concurrents potentiels : deux adjoints, le président de la communauté d'agglomération, celui du conseil général, voire du conseil régional !

Deuxième cas : Angers. L'actuel édile socialiste, Frédéric Béatse, a succédé à l'ancien maire l'année dernière, mais il est contesté par l'adjoint à l'urbanisme, Jean-Luc Rotureau, qui a pris la plume pour réclamer une primaire ouverte à Harlem Désir. Et au PS on fait valoir qu'il y a un vrai risque politique : à droite, c'est le sénateur Christophe Béchu, président du conseil général, un «candidat dangereux», qui se prépare. Mais l'exercice est délicat. Certes, une primaire peut éviter de possibles dissidences. Mais elle pousse aussi à contester le bilan du sortant... [...]

Julien Martin et Maël Thierry dans le Nouvel Obs

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