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vendredi, 25 janvier 2013

Cassez, pas Betancourt !

 

La cour suprême mexicaine a décidé de libérer Florence Cassez qui avait été condamnée à 60 ans de prison, estimant que ses droits constitutionnels avaient été violés par les autorités lors de son arrestation en décembre 2005 et lors du montage policier mettant en scène sa soi-disant arrestation en direct devant les caméras de télévision. Notre compatriote est donc libérée suite à des vices de procédure. Sur le fond de l’affairerien n’est tranché. De nombreuses questions restent sans réponse. Comment par exemple a-t-elle pu ignorer l’activité criminelle présumée de son compagnon toujours incarcéré pour kidnapping, mutilations, et trafics de stupéfiants ?

Mais bon, ce n’est pas ça qui me dérange. C’est plutôt tout le ramdam médiatique autour de cette libération qui m’indispose. Comme à l’accoutumée, il y a un effet de trop plein dans ces dépêches publiées à la va-vite, un manque de retenue et surtout une atmosphère de victoire tout à fait déplacée même si on peut se réjouir bien sûr du retour de cette femme sur le sol français. Il convient quand même de rappeler que Cassez n’était pas une prisonnière politique, mais une prisonnière de droit commun. Non, avec Florence Cassez, nous n’avons pas assisté au retour d’une nouvelle Ingrid Betancourt dans le sein de la mère patrie.

A cela s’ajoute l’agitation vulgaire des sarkozystes qui s’évertuent à attribuer le mérite de cette libération à l’ancien président de la République comme si les pouvoirs publics actuels et la diplomatie de notre pays y étaient étrangers. Précisons les choses. Je ne nie pas que Nicolas Sarkozy ait pu donner de l’espoir à notre compatriote à un moment donné puisquecette dernière le dit et le ressent ainsi. En revanche, cette insistance médiatique à vouloir présenter l’ancien président de la République comme l’artisan de cet heureux dénouement a quelque chose de profondément choquant. A-t-on oublié que Nicolas Sarkozy a au contraire desservi la cause de Florence Cassez ? A-t-on oublié ses provocations inutiles, sa décision d’annuler brutalement, en mars 2011, l’année du Mexique alors que Florence Cassez, elle-même, ne le souhaitait pas ? A-t-on oublié que sa gestion calamiteuse de ce dossier a failli aboutir à la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Mexique ?

Gabale

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