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samedi, 15 décembre 2012

Vaine agitation autour de Florange

 

Chaque jour en France, 1500 personnes environ perdent en silence leur emploi. Je ne parle pas des personnes qui font valoir leurs droits à la retraite, de manière anticipée ou non, ou qui font le choix de démissionner pour des raisons qui leur appartiennent. Je ne parle même pas de celles, encore plus nombreuses, qui tentent de subsister en enchaînant les contrats précaires. Je parle des personnes qui, du jour au lendemain, sont mises à la porte et contraintes d’aller pointer au chômage. Aucune catégorie socio-professionnelle n’est aujourd’hui épargnée. Pour ces personnes, il n’y a pas de trémolos dans la voix, pas de négociations au sommet, pas de tweets outrés, pas de déclarations vengeresses. Juste la triste et terrible réalité de gens ordinaires dont la vie a soudainement basculé sous l’effet d’un licenciement pour raison économique. Ce basculement est d’autant plus durement ressenti que les personnes concernées savent qu’il leur sera difficile de retrouver ce qu’elles viennent de perdre.

Or, depuis plusieurs jours, on fait un foin de tous les diables pour 600/700 emplois qui ont été pourtant sauvegardés sur le site de Florange. Oui, sauvegardés. Le gouvernement a bien indiqué qu’il n’y aurait pas de plan social. L’essentiel des postes a donc été préservé malgré la non-rentabilité manifeste des hauts fourneaux du site. C’était bien l’objectif que le gouvernement s’était assigné dans sa négociation avec ArcelorMittal : éviter un plan social, c’est-à-dire des licenciements secs sans aucun reclassement. Cet objectif a été atteint. Il faut ajouter – car la précision a son importance – que le gouvernement s’est engagé à être très attentif au respect des engagements pris par ArcelorMittal. Il est difficile d’exiger plus des pouvoirs publics qui, dès le départ, ont parfaitement bien compris les enjeux humains de ce dossier particulièrement sensible.

Malgré cela, vous avez certains imbéciles sensibles au panurgisme médiatique qui crient encore à la trahison et soutiennent toujours l’idée saugrenue d’une nationalisation dont le coût avoisinerait pourtant le milliard d’euros ! Toute cette vaine agitation vise à faire croire à l’opinion publique – qui n’est pas dupe – qu’il est possible à l’Etat de soutenir financièrement un secteur d’activité moribond dans le but de sauver quelques centaines d’emplois pourtant déjà sauvegardés grâce à l’accord signé entre le gouvernement et ArcelorMittal !…

Qu’en conclure sinon que le débat public en France tend à devenir de plus en plus délirant? En effet, pour sauver un site non-rentable, certains préconisent toujours que l’Etat dépense des centaines de millions d’euros pour nationaliser un site qui emploie à peine 600/700 personnes. Ils sont donc d’accord pour que l’Etat accorde des centaines de millions d’euros en aides publiques diverses pour faciliter l’installation d’un repreneur qui, dans quelques années, constatera à son tour l’inexorable décrépitude du site. On connait la suite. Elle est prévisible. Ce repreneur ne tardera pas à réclamer de l’Etat des aides supplémentaires pour maintenir l’activité faute de trouver des débouchés à une production coûteuse. Puis, conscient du merdier économique dans lequel il sera et estimant qu’il aura suffisamment pompé de fric, le repreneur claquera un jour définitivement la porte. Les pouvoirs publics récupèreront alors un nouveau conflit social. Résultat ? De l’argent public dépensé en vain. Un retour à la case départ avec de nouvelles désillusions à la clé.

Mine désaffectée en périphérie d’Alès (Gard)

Inutile donc de se voiler la face en faisant croire aux gens que tout demeurera immuable. Si seulement c’était possible… Or nous savons bien que ce n’est pas le cas. En France, nous avons connu un précédent de taille avec la fermeture des mines. Là aussi, il y a eu des discours enflammés, des serments enragés laissant croire qu’elles ne fermeraient jamais malgré l’absence de rentabilité des puits et l’émergence d’énergies nouvelles. Pourtant, en dépit des résistances, les mines ont fermé les unes après les autres. Les bateleurs d’estrades sont très vite passés à autre chose. Les professionnels de l’indignation vertueuse ont mené d’autres combats. Des milliers de personnes ont perdu leur emploi. Lâchés par les gauchistes de circonstances, les bassins miniers ont été alors contraints de penser leur avenir sans le charbon, le fer et le vrombissement des foreuses. Le choc a été d’autant plus terrible qu’en s’accrochant longtemps avec la force du désespoir à ce qui existait, les régions concernées ont mis du temps à imaginer des stratégies alternatives pour favoriser l’implantation de nouvelles industries et l’émergence de nouveaux secteurs économiques.

Gabale

 
 
 

Commentaires

franchement une politique de droite pour un gouvernement qui se dit de gauche. je serai vous je la mettrai en veilleuse ce gouvernement ne vaut pas une rame tout augmente, hollande a reculé sur ttes ses propositions de campagne.
la redevance tele bel exemple au lieu de taxer les plus riches non!! c'est beaucoup plus facile de prélever sur tous
.un gouvernement qui n' a aucun courage politique une nullité. vous avez l'exemple sur bzs

Écrit par : fabien | samedi, 15 décembre 2012

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