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samedi, 08 décembre 2012

Ulcos ou l'échec du marché des quotas d'émissions

 

 

La décision de Mittal d’abandonner le projet Ulcos peut paraître comme une trahison des engagements pris pour sauver les hauts fourneaux de Florange. Mais elle repose malheureusement sur une réalité économique incontestable. Dans l’état actuel du cours du carbone fixé sur le marché européen des quotas d’émissions la rentabilité d’Ulcos n’est plus assurée. Ulcos est un projet qui vise à diminuer de 50% les émissions de carbone liée à la production d’acier. Ce dispositif est censé donner un avantage compétitif aux sites qui en seront équipés, car à compter de 2013 les entreprises sidérurgiques seront astreintes au marché européen des quotas d’émissions. Elles devront donc acheter leurs quotas d’émissions de gaz carbonique sur ce marché. Les sites équipés du dispositif Ulcos ayant moins besoin de quotas seront donc plus compétitifs que les autres. Ce raisonnement pour être viable suppose que le prix du carbone atteigne un certain montant évalué entre 20 et 30 euros la tonne. Or le prix du carbone sur le marché des quotas s’est effondré. Il est aujourd’hui de 7 euros et pourrait encore baisser. Dans ces conditions, Ulcos n’a plus aucun intérêt économique et loin de constituer un avantage compétitif risque au contraire d’alourdir un peu plus la facture de l’acier produit.

La responsabilité de cette situation incombe essentiellement aux Etats européens qui ont négocié trop largement les quotas d’émissions à disposition de chaque pays, chacun cherchant à préserver son industrie. Le résultat est que le marché européen des quotas d’émissions est en passe de faire naufrage avec des conséquences qui ne concernent pas seulement Ulcos. Le produit des enchères de ce marché doit en effet servir à financer la rénovation énergétique du parc de logements. Ainsi le gouvernement vient de décider que les fonds du produit des enchères iraient à l’ANAH en escomptant plus de 300 millions la première année et jusqu’à plus de 500 millions les années suivantes. Mais il est clair que la viabilité de ce financement dépend de l’essor du marché des quotas d’émissions.

Il est donc urgent de se pencher sur son fonctionnement et de garantir sa montée en puissance. Cela passe par une volonté résolue de diminuer les émissions de carbone qui menacent la stabilité du climat.

Christohe Caresche

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