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lundi, 12 novembre 2012

La mémoire courte de Jean-Vincent Placé

 

Les écologistes ne manquent pas d'air. A commencer par le président de leur groupe au Sénat. Ce vendredi, Jean-Vincent Placé s'est interrogé au micro de Radio Classique sur les raisons de la participation d'EELV au gouvernement. C'est oublier un peu vite les accords préélectoraux avec le PS qui ont offert sur un plateau aux écologistes une représentation au Sénat et à l'Assemblée qu'ils n'auraient pas obtenu par eux-mêmes dans les urnes.

Que les écologistes aient des états d'âme peut se comprendre mais leur capacité à demander le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière confirme qu'ils sont des alliés dont la fiabilité est fluctuante.

Il est vrai que depuis l'élection de François Hollande, EELV, avale couleuvre après couleuvre. La mutation imposée de Nicole Bricq de l'écologie au commerce extérieur a d'entrée donné le ton sur la place réservée par l'exécutif aux questions environnementales. A aucun moment les deux ministres écologistes n'ont réussi à donner la moindre coloration verte à l'action gouvernementale. Attachés à leurs maroquins ministériels comme des moules à leur rocher, ils sont contraints de subir la loi Chevènement selon laquelle, "un ministre ça ferme sa gueule ou sa démissionne".

On peut le regretter pour l'écologie mais pas pour les écologistes dont l'appétit de pouvoir et la volonté d'avoir des places au soleil coûte que coûte est apparue au plein jour avant les présidentielles.

Selon l'accord de mandature passé entre les deux formations politiques en novembre 2011, une soixantaine de circonscriptions a été réservée aux écologistes, dont une vingtaine de gagnables en cas de victoire de la gauche afin de leur permettre d'avoir leur propre groupe parlementaire. Lorsque cet accord avait été débattu au sein du Conseil Fédéral d'EELV - avant d'être adopté à 74% - Alice Le Roy, militante parisienne, avait eu une analyse des plus lucides. "Cet accord est le reniement de toute nos valeurs pour se mettre les fesses au chaud" devait-elle dénoncer.

Jean-Vincent Placé ne doit pas avoir froid à son postérieur. Celui qui joue aujourd'hui les mauvais garçons était hier le même qui réalisait une hallucinante danse du ventre pour obtenir la constitution d'un groupe politique au Sénat. Un accord électoral et à la constitution de listes communes avec le PS, le PCF et le PRG permettait ainsi de passer de 4 à 10 sénateurs écologistes aux élections de 2011. Le tour de force de Jean-Vincent Placé aura été de faire abaisser le nombre minimal de sénateurs de 15 à 10 pour constituer un groupe. Une manœuvre loin d'être désintéressée. La constitution d'un groupe donne de nombreuses prérogatives, participation à la Conférence des présidents, droit de parole élargi, possibilité de constitution d'une commission d'enquête ou encore de présentation d'une proposition de loi dans une séance réservée au groupe (niche parlementaire)… Sur le plan matériel, outre une voiture de fonction avec chauffeur, un bureau et une indemnité supplémentaire pour le président, le groupe bénéficie d'une dotation pour son fonctionnement évalué à 350.000 euros par an, ... en l'espèce défalquée sur celle du groupe PS.

En fin connaisseur de la Haute assemblée, David Assouline, porte-parole du PS et sénateur de Paris, a bien une petite idée sur les raisons de la sortie de son collègue."Peut-être que Jean-Vincent Placé se poserait d'autant moins la question s'il était ministre lui-même", a-t-il malicieusement glissé sur LCI.

La mouette

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