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mercredi, 31 octobre 2012

Le dur combat d’Harlem Désir

Ce dimanche, Harlem Désir n'avait pas droit à l'erreur. Il s'en est bien sorti. Son verbe est haut, clair, énergisant. Il clôt le congrès socialiste de Toulouse en ayant réussi à gommer l'image peu glorieuse de la potiche. Les applaudissements ne sont pas feints. Les socialistes ont un premier secrétaire qui n'est pas seulement la gloire passée de SOS racisme ni le fruit d'un difficile arrangement entre amis plus importants que lui. Harlem Désir a réussi à faire naître le désir. Il était temps car le parti socialiste filait un mauvais coton, maison vide désertée par Martine Aubry et ses troupes au lendemain de la victoire de François Hollande. Stupéfiante dévitalisation au moment où la gauche s'emparait de tous les pouvoirs ! Pour redynamiser les troupes dans un contexte économique qui n'autorise aucune fanfaronnade, le nouveau premier secrétaire use des bonnes vieilles ficelles : l'attaque en piquet contre "la droite revancharde", la droite "UMP -FN", la droite chauffée à blanc qui se radicalise au point de reprendre le mots de Marine Le Pen. Ce faisant, Harlem Désir désigne clairement l'adversaire : la lepénisation des esprits, le populisme qui monte en même temps que la crise. Il l'acte comme aucun autre de ses prédécesseurs ne l'avait fait avant lui, mais il prend aussi des risques. Car ce n'est pas sur l'économie ni sur le social qu'il s'engage, pas sur la lutte contre le chômage qu'il galvanise ses troupes. C'est sur les réformes de société : la limitation du cumul des mandats (la salle est en délire), le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales (longue ovation), le mariage et l'adoption à tous les couples (tonnerre d'applaudissements). Ce pari du changement par les réformes de société n'a rien d'évident. Martine Aubry, au première loge dans le Nord, l'a bien senti et l'a dit avec force dans son discours de clôture : ce qui compte aujourd'hui pour les français qui souffrent c'est "l'emploi, le pouvoir d'achat, le droit à a la santé, à l'éducation, au logement". C'est la dessus qu'"il faut se mobiliser au côté du gouvernement" a- t- elle prévenu. Sur les réformes de société, a- t-elle poursuivi, il faudra convaincre. Façon de souligner que sur le droit de vote des étrangers comme sur le droit à l'adoption pour tous, la gauche n'a pas gagné la bataille de l'opinion. Le PS aura intérêt à faire beaucoup de porte à porte et à trouver les bons arguments si elle veut déjouer les fantasmes agités par l'UMP-FN. L'enjeu est tout sauf mineur : il s'agit d'éviter que les milieux populaires basculent dans le vote Front national aux prochaines municipales de 2014

Françoise Fressoz

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