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mercredi, 20 juin 2012

La “marinisation” des esprits UMP

 

Il aura suffi de peu pour rapprocher l’électorat de droite de l’extrême droite. Une trentaine de triangulaires et seulement 13,6 % pour le Front national au niveau national. C’est plus qu’en 2007, lorsque Nicolas Sarkozy avait réussi à envoûter l’électorat frontiste, mais loin du record de 1997. La différence est ailleurs. 66 % des électeurs de l’UMP souhaitent désormais des alliances électorales avec le FN. C’est ici, dans ce chiffre, que se joue la fissure du barrage républicain. Pas dans les alliances, mais dans les esprits.

On comprend mieux l’attitude des cadres de l’UMP et leur choix du “ni-ni” : ni FN, ni vote en faveur du Parti socialiste. Un non-choix en vérité, guidé par la pression de la base, et qui tourne à la torture pour des personnalités comme Nathalie Kosciusko-Morizet. La voir se renier à ce point est une douleur pour ceux qui croient à l’engagement, parfois sincère, des hommes et des femmes politiques. Mais cette cruauté n’est pas tombée du ciel. Elle est l’enfant d’une politique et de l’axe voulu par Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson et leurs alliés.

A commencer par l’excès en tout, sur l’immigration, la sécurité, les corps intermédiaires… Ceux qui ont fabriqué ces discours n’y croient pas toujours. Ceux qui les ont écoutés si. Difficile de les faire revenir à la nuance. Surtout quand le FN feint un pas de côté et que l’UMP continue de courir après. En manipulant quelques drapeaux étrangers pour fêter la victoire de François Hollande à la Bastille (le plus visible était celui de l’opposition syrienne à Bachar Al-Assad). Sans parler de la rumeur, fausse, selon laquelle la nouvelle garde des sceaux voulait amnistier ceux qui brûlent des drapeaux français… En criant au laxisme, lorsque cette même garde des sceaux veut, pour de bon cette fois, supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs et les jurés populaires. Ce qui n’est queremettre la République à l’endroit.

Il existe une gauche naïve et même idiote. Celle qui se réjouit de voir des musulmans intégristes comparer la politique de Manuel Valls à celle de Nicolas Sarkozy, simplement parce qu’il défend le droit à la sécurité et la laïcité. Celle qui croit répondre à ce que Laurent Bouvet appelle l’“insécurité culturelle” en voulant le droit des étrangers aux élections locales sans jamais insister sur le respect de valeurs communes, apporter des réponses économiques mais surtout aucune réponse sur le terrain des valeurs laïques, qu’ils associent désormais à la droite anti-islam.

Cette gauche existe, mais elle est minoritaire et peu représentée au sein de ce gouvernement. Rien de rationnel ne justifie de comparer le PS à un danger aussi grand que le FN. Pas plus qu’il n’est honnête de confondre le Front de gauche et le FN. Le Front de gauche est un parti antiraciste où il est désespérant de constaterqu’un allié de complotistes et d’antisémites soit toléré. Le FN est un parti dont le credo hiérarchise les Français, où l’on s’étonne que certains soient exclus pour l’avoir dit trop fort. C’est toute la différence entre la règle et l’exception. Feindre de ne plus voir la différence est un choix politique, stratégique, mais qui aura des conséquences idéologiques.

Caroline Fourest

Commentaires

Que d'inepties et de conneries en bon français, qu'écrit Caroline Fourest : le progamme économique du F.N ressemble à celui du FDG.
Et le compositeur grec ami de Mélenchon, n'est-il pas antisémite ?
La vérité, c'est que le FDG cherche des prolétaires et qu'il n'en trouve plus que dans les rangs de la récente immigration.

Écrit par : Robert le diable | mercredi, 20 juin 2012

Caroline Fourest, journaliste impartiale et encartée à sa place dans ce blog.
Ce qu'il faut souligner à Béziers et malgré sa logorrhée verbale, c'est que si l'UMP s'était allié avec le FN, Dolores Rouque, n'en serait pas où elle en est. C'est Élie Aboud qui serait au Palais Bourbon. Dolores Rouqué a été élue grâce au FN, qu'elle lui souhaite longue vie.
Mitterand avait mis 35 députés FN a l'AN, depuis 30 ans, le PS surfe sur ce coup machiavélique du Grand Maître socialiste.

Écrit par : Christian Bon | mercredi, 20 juin 2012

Non Monsieur Bon, Miterrand n'a pas mis 35 députés FN à l'Assemblée. Ce sont les électeurs qui ont envoyé 35 députés FN à l'Assemblée. Dans le cadre d'un scrutin proportionnel au programme de la gauche depuis 1974.
Votre approche du sujet n'est autre qu'un minable travestissement de l'Histoire.
Nul scrutin n'est plus JUSTE que la proportionnelle, ne vous en déplaise. Mais pas plus que ce qui est vrai, ce qui est juste ne semble motiver vos interventions...
Au fait, il y aurait eu aujourd'hui 110 députés FN à l'Assemblée, après dix ans de gouvernement de droite. Voyez vous, depuis les années 30, à droite, rien n'a changé : "mieux vaut Hitler que le Front populaire " demeure toujours le cri du coeur dans les moments de crise...

Écrit par : Ericc | mercredi, 04 juillet 2012

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