Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

vendredi, 27 avril 2012

Des paroles et des actes

1

Hollande : « Je suis prêt »

 

Dès le début, François Hollande, désigné premier intervenant par un tirage au sort, s’est démarqué de la tendance de Nicolas Sarkozy, ces derniers jours, à reprendre les thèmes de Marine Le Pen, en rejetant la présomption de légitime défense pour les policiers défendue jeudi par le Président sortant.

Interrogé par David Pujadas sur l’annonce de Nicolas Sarkozy, il a rétorqué : « C’est une idée de Marine Le Pen »... Il s’est opposé à des décisions de ce type à chaque fait-divers.

Il a dénoncé la « course folle » de son rival à reprendre les thèmes du FN. « Je n’ai pas besoin de parler comme le FN », a-t-il dit, dans une pique à Nicolas Sarkozy, tout en refusant de stigmatiser les électeurs de Marine Le Pen.

Mais après ce départ offensif, François Hollande s’est retrouvé sur la défensive face à l’accusation d’« esquiver » les sujets délicats, lorsque Pujadas lui a demandé s’il y avait « trop d’étrangers en France ». Le candidat a refusé de répondre par oui ou par non, donnant le sentiment de refuser de choisir, même si sa position était strictement légaliste.

Il a lancé une autre pique à son rival en critiquant le train de vie de l’Etat, et en particulier celui de la Présidence.

« Un peu de modestie fait du bien, un peu d’économies fait du bien. »

D’entrée de jeu, François Hollande s’est fixé « trois devoirs » s’il est élu :

  • « redresser la France »,
  • « mettre de la justice là où elle a manqué »,
  • « rassembler les Français sur une grande cause, la jeunesse ».

« Se retrouver sur des valeurs et des principes »

Interrogé par François Lenglet sur son engagement à taxer les gros revenus et le risque de fuite des talents à l’étranger, François Hollande est resté inflexible, appelant les sportifs ou les créateurs visés par la nouvelle tranche d’impôt à « se retrouver sur des valeurs et des principes » à un moment où le pays traverse des difficultés majeures.

Il a rappelé qu’il proposait de baisser de 30% les salaires du Président et du gouvernement, de manière symbolique.

Amené sur le terrain du coût du travail, plus élevé en France qu’en Allemagne, François Hollande a proposé d’« élargir l’assiette » des cotisations, non seulement aux salariés, mais aussi aux machines et aux bâtiments. Une entreprise qui choisit un robot plutôt qu’un salarié sera également appelée à contribuer au financement de la protection sociale.

En réponse à une autre question, François Hollande a défendu la notion de service public pour l’hôpital, contre les règles de tarification qui sont imposées au service public dans le cadre des efforts de rigueur budgétaire. Là encore, dialogue de sourds entre François Lenglet qui parle gestion, et Hollande qui répond service public.

Sur l’Europe, face à une déclaration d’Angela Merkel, dans la presse allemande de vendredi, refusant une renégociation du Pacte budgétaire européen, François Hollande a été ferme et volontariste :

« L’Allemagne ne va pas décider seule pour l’ensemble de l’Europe. Je reçois de nombreux messages de plusieurs pays européens. Beaucoup de pays attendent la décision de la France. Ce que va faire le peuple français va modifier la donne en Europe. »

Et il a eu ce cri du cœur :

« Est-ce que c’est le libéralisme, la dérèglementation qui vont nous permettre de sortir de la crise dans laquelle ils nous ont conduit ? Je ne crois pas. »

Mélenchon « dans la majorité présidentielle »

Sur un autre sujet, plus politicien, François Hollande a indiqué, en référence à Jean-Luc Mélenchon :

« Ceux qui ont appuyé ma candidature au second tour seront membres de la majorité présidentielle. »

Et il a répondu positivement à la demande du leader du Front de Gauche, lundi soir, d’envisager des candidatures communes du PS et du FG dans les circonscriptions où Marine Le Pen est en mesure de les exclure.

François Hollande a aussi affirmé que le Premier ministre serait bien socialiste s’il était élu, et capable de « fédérer la majorité ».

Il a donné quelques indications sur la « moralisation » de la vie politique qu’il envisageait :

  • suppression du statut pénal du chef de l’Etat ;
  • suppression de la Cour de justice de la République ;
  • non-cumul des mandats ;
  • définition du conflit d’intérêts ;
  • un élu condamné pour faits de corruption ne peut plus se présenter pendant dix ans ;
  • dose de proportionnelle aux élections législatives de 15%

Rue 89

Les commentaires sont fermés.