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samedi, 25 février 2012

La tribune d'un vil courtisan

 

 

Dans une tribune publiée dans Le Monde du 20 février 2012, Dominique Antoine, a pris parti pour François Hollande.

Il a été ancien chargé de mission auprès du ministre René Monory.

Il a été également ancien directeur de cabinet de Xavier Darcos et ancien directeur adjoint du cabinet de Luc Ferry.

Il a été enfin conseiller chargé de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, de la Culture et la Communication auprès de Nicolas Sarkozy. Il a travaillé auprès du petit Monarque au chaud à l’Elysée.

C’est un homme de droite.

On pourrait se réjouir de son ralliement à François Hollande. Mais, sincèrement, je pense qu’il ne le faut pas.

Cette prise de position tardive ne doit pas faire illusion.

Elle est celle d’un homme uniquement préoccupé par sa carrière et qui se réfugie derrière des idées générales.

Dominique Antoine aurait très bien pu rencontrer François Hollande et opérer un ralliement en douceur.

Au lieu de ça, il a préféré s’exhiber publiquement dans Le Monde.

C’est une faute de goût. A bien des égards, je trouve son texte parfaitement obscène.

Mais il n’est pas le seul membre de l’élite française à agir ainsi. Tous essaient de se placer. Tous sont occupés à trahir et à retourner leurs vestes.

Le texte de la tribune de Dominique Antoine est en bleu. J’ai mis mes commentaires en rouge.

Gabale


« J’ai travaillé deux ans dans l’équipe de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. C’était un honneur. Ce furent deux années d’espérances déçues.  » 20 % de nos jeunes quittent l’école sans qualification, je ne peux m’y résoudre « , avait écrit le candidat en 2007. Le technicien que j’étais faisait confiance à l’énergie de cet homme politique hors norme, à son discours républicain, à sa volonté de rupture.  » Que tous les enfants sortent de l’école avec le bagage nécessaire pour réussir leur vie d’adulte « , disait encore le programme. »

Dominique Antoine a travaillé deux ans dans l’équipe de Nicolas Sarkozy. « C’était un honneur », selon ses propres mots. En clair, honoré en 2007, il est allé à la soupe comme beaucoup d’autres, faisant abstraction de la personne qu’il est allé servir et se bornant naïvement aux promesses qui avaient été faites à l’époque.

« Dans le domaine éducatif, que retiendra-t-on de ce quinquennat ? 80 000 suppressions d’emplois, la fin de l’année initiale de formation des maîtres, la semaine de quatre jours à l’école primaire. Même si l’on place, dans l’autre plateau, les évaluations généralisées des compétences des élèves, le bilan est maigre. »

Le bilan n’est pas maigre. Il est nul. Et Dominique Antoine a contribué à cet échec même si, dans les lignes suivantes, il va s’empresser d’en rejeter la faute sur d’autres (qu’il ne nomme pas… car Dominique Antoine est pudique).

« Je m’en suis longtemps voulu de n’avoir pas su me faire entendre du président. Avec le recul, je pense que c’était mission impossible. »

Le pauvre homme s’en veut. Il a tenté de résister dans son coin. Mais il n’est pas parvenu à ses fins malgré des efforts que l’on imagine surhumains. Cependant, il tempère très vite ses scrupules de conscience. Dans les prochains paragraphes de sa tribune, il va désigner les méchants responsables : les conservateurs et les libéraux.

« Car dans le premier cercle des conseillers présidentiels – dont je n’étais pas -, la mêlée des conservateurs, des libéraux et des budgétaires formait un rideau infranchissable. Les conservateurs manifestaient une haute ambition : ils voulaient rétablir l’autorité des savoirs et des professeurs. Prisonniers d’une imagerie surannée et d’une obsession mémorielle, ils se référaient malheureusement à une éducation nationale de cocagne où les maîtres se seraient réjouis de recevoir une lettre de leur président, ou bien de lire à leurs élèves, à la demande du président, la lettre d’un jeune résistant, ou encore de jumeler chaque enfant des écoles avec le fantôme d’un enfant juif gazé dans les camps.

Les libéraux, en quête d’efficience managériale, voulaient appliquer la logique du marché en offrant aux parents le libre choix de leur établissement. Enfin les budgétaires, pour complaire à la finance internationale, voulaient soutirer des dizaines de milliers d’emplois à un ministère jugé par principe dispendieux. »

Le constat est lucide. Cependant, Dominique Antoine évite de répondre à la question suivante : comment se fait-il qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il allait fréquenter, en rejoignant Sarkozy, ces conservateurs et ces libéraux qu’il fait mine aujourd’hui de rejeter ? Il les connaissait pourtant de longue date, lui qui fut dans l’entourage de René Monory dès 1986…

« La vérité est que tous méconnaissaient la réalité concrète du métier de professeur, les conditions d’exercice dans les quartiers sensibles, les impasses de l’orientation pour les élèves peu doués ou défavorisés socialement. Au fond, ils idéalisaient l’éducation nationale mais ne l’aimaient pas, car elle votait mal et leur faisait peur. Et ils convenaient, à la suite du chef de l’Etat lui-même, que les priorités étaient ailleurs, dans l’économique et le social, dans l’international, la défense, la sécurité intérieure. »

La vérité si je mens ! En 2007, Dominique Antoine a lu le programme de Nicolas Sarkozy pour lequel il a probablement voté même s’il ne le précise pas (sinon pourquoi le rejoindre ?). Il rappelle sa lecture au début de sa tribune. Il ne pouvait donc ignorer les préoccupations de Nicolas Sarkozy. Il connaissait le personnage, son parcours politique et ses prises de position. Il aurait pourtant pu exprimer publiquement son désaccord dès 2009. Après tout, il n’est pas interdit à un homme brillant de se tromper. Mais il a préféré se taire, puis finalement l’ouvrir « courageusement » à quelques semaines de l’élection présidentielle.

« En 2007, le candidat Sarkozy affirmait dans son programme :  » Il est possible de changer l’école. «  Mais à la première vaguelette, il a demandé à Xavier Darcos de remballer sa réforme du lycée et a inventé la médiation de Richard Descoings pour gagner du temps. Du temps que Luc Chatel doit trouver long, tant il peine, malgré son dévouement à la cause de l’école et son talent de communicant, à chanter l’immobilisme auquel il est contraint. »

Dominique Antoine, immobilisé par contrainte, s’est vite consolé. Il a été nommé en conseil des ministres, donc en présence du (petit) monarque Nicolas Sarkozy, Conseiller-maître à la Cour des Comptes. On voit là qu’on a affaire à un véritable résistant au sarkozysme. Un résistant de la 25ème heure.

« Alors, quand Nicolas Sarkozy dit à Laurence Ferrari que, s’il est réélu, il faudra  » changer l’éducation nationale « , on ne le croit plus. Et l’on prête attention à l’équipe d’en face. En face, c’est François Hollande, et sa préoccupation constante de l’avenir de la jeunesse. Un candidat qui rappelle régulièrement que, dans notre pays, l’histoire de la République se confond avec l’histoire de l’école. »

Dominique Antoine va à nouveau à la soupe. Il se positionne car, en homme avisé, il sait que sa carrière en dépend. Par conséquent, après avoir mangé chez Sarkozy, il ambitionne maintenant de manger chez Hollande. Pour ce faire, il va devoir faire de la lèche, notamment auprès de Vincent Peillon.

« Il a auprès de lui Vincent Peillon, qui connaît bien l’éducation nationale et pas seulement les lycées de centre-ville et les classes préparatoires. Il a compris l’inanité des réformes imposées du haut de la rue de Grenelle. Son axe est pédagogique : pour lui, c’est dans la classe, dans la relation maître-élève, que se joue l’amélioration de l’école. Il fonde tout son projet sur la recherche-action, la diffusion des bonnes pratiques, la formation des maîtres. Et il en tire les conséquences sur les réformes à mener.

Je connais les principaux experts qui, autour de Vincent Peillon, forment l’équipe  » éducation  » du candidat socialiste. Ce sont les mieux informés, les plus intelligents, les plus clairvoyants du moment. C’est à eux qu’il faut faire confiance si l’on veut que l’école progresse. »

Les experts autour de Vincent Peillon sont les mieux informés, les plus intelligents, les plus clairvoyants du moment. C’est dire à quel point Vincent Peillon est informé, intelligent et clairvoyant puisqu’il a autour de lui autant de gens de qualité. Et je ne parle même pas de l’intelligence et de la clairvoyance de François Hollande – encore plus exceptionnelles – puisqu’il chapeaute ce merveilleux dispositif humain. N’en jetez plus ! Dominique Antoine en fait des tonnes. Il flatte comme un vil courtisan. Il force le trait. Il en fait trop. Trop pour être honnête.

« Je ne sais pas si mon ancien professeur d’économie à Sciences Po, François Hollande, parviendra à créer 60 000 emplois en cinq ans au bénéfice de l’éducation nationale. Je le souhaite, parce que j’ai la conviction que ces moyens seraient utiles à l’école et qu’ils ne seraient pas gaspillés. En annoncer le principe montre en tout cas que l’éducation sera bien, si François Hollande est élu, une priorité nationale. »

Alors là, c’est le pompon. Un monument de cuistrerie. L’élève Antoine fait publiquement de la lèche en rappelant que son professeur d’économie à Sciences était François Hollande. Exit les intermédiaires ! Moi, Dominique Antoine, j’ai eu mes devoirs corrigés par François Hollande. C’est dire à quel point je suis légitime pour aller à la soupe si jamais le candidat socialiste est élu président de la République. Et comme j’ai été un bon élève, sage et obéissant, je suis persuadé que le professeur doit me récompenser.

Qu’en conclure ?

Que plus le maître est vil, plus l’esclave est infâme.

Dominique Antoine a servi Nicolas Sarkozy.

En crachant dans la main de celui qui l’a nourri, il est assurément plus pitoyable que celui qu’il trahit aujourd’hui.

Commentaires

c'est un peu comme vous madame la conseillère régionale vous tentez de vous placer échec!!!!! vous devriez arrêter sur ce blog de faire de la pub pour le président en place et être un peu plus sur le terrain quand on parle de terrain on ne parle pas de la veille poste!! mais de vrais causes!!!!

Écrit par : militant | dimanche, 26 février 2012

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