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jeudi, 05 janvier 2012


 

 

La traditionnelle allocution présidentielle du 31 décembre a été l’occasion pour Nicolas SARKOZY de présenter les grands axes de sa politique pour la fin de son mandat. Voulant faire apparaître la lutte contre la crise économique et le chômage comme le cheval de bataille des quatre mois à venir, le Président de la République a relancé le débat sur la TVA sociale. D’abord confirmée mardi par Valérie PECRESSE puisévoquée comme une « piste » mercredi par François BAROIN, la mesure pourrait être prise avant l’élection présidentielle.

Diminuer le coût du travail en France et mettre à contribution les importations, tel est l’objectif de cette TVA dite « sociale ». Le mécanisme se veut simple : baisser les cotisations sociales des entreprises pour les rendre plus compétitives et augmenter la TVA sur les produits importés afin de les faire contribuer au financement de la Sécurité sociale. Mais dans les faits, cette nouvelle mesure est autant un non sens économique qu’une injustice sociale.

Présentée comme « la » solution pour maintenir l’emploi en France, nous ne pouvons qu’être sceptiques quant à ses effets. Il a en effet été prouvé que le coût du travail pour les entreprises françaises n’est pas à l’origine de notre différentiel de compétitivité. Soigner notre compétitivité par un allègement des cotisations patronales est ainsi une fausse bonne solution. Par ailleurs, les entreprises françaises joueront-elles le jeu de la baisse des prix ? L’effet limité de la diminution de la TVA dans la restauration nous fait croire le contraire. Non content de cet échec, le Gouvernement persiste et signe et cède une fois de plus à une demande de groupes de pression au sein du patronat français !

Ce n’est donc pas à une réduction mais bien à une hausse générale des prix que nous devons nous attendre. Cette baisse du pouvoir d’achat des Français, déjà grevé par les plans de rigueur successifs, ne pourra qu’avoir un impact négatif sur la consommation et donc la production.

Payée par tous sans prise en compte des revenus, la TVA impacte mécaniquement plus durement les catégories sociales les plus fragiles et accroît ainsi les inégalités. Nous regrettons que le Gouvernement fasse une nouvelle fois peser le poids du redressement économique sur les épaules les plus fragiles.

Pour toutes ces raisons, nous doutons qu’une telle mesure adoptée à la hussarde réponde réellement à l’intérêt général des Français, à quelques semaines de l’élection présidentielle…

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