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jeudi, 24 novembre 2011

Toujours moins pour la solidarité

 

Mardi, pendant que le gouvernement annonçait (et que la majorité votait) l'instauration d'une journée de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie et d'un quatrième jour de carence pour les salariés du privé, Nicolas Sarkozy, solennel, martial, exhumait un thème de campagne déjà utilisé en 2006: la fraude sociale.

Le président-candidat ne recule pas devant les grands mots, estimant que « la fraude, c'est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l'esprit de 1945 ».  Nicolas Sarkozy en campagne retrouve ses fondamentaux. Déjà, en 2006, il s'adressait à « celui qui travaille dur pour gagner sa vie et qui est démoralisé de voir que l'assistance paye mieux que le travail. Aujourd'hui, la majorité a repris ce flambeau. On se souvient de Laurent Wauquiez  stigmatisant « les dérives de l'assistanat », qualifié de « cancer de la société ».

La nouvelle offensive anti-assistanat est lancée dans le contexte du rapport que vient de rédiger un député de la « droite populaire ». Ce document parlementaire évalue à 20 milliards d'euros le coût supposé de la fraude sociale à l'Etat, mais reconnaît que ce montant correspond pour l'essentiel aux cotisations non versées par les chefs d'entreprises, la fraude aux prestations sociales comme le RSA, les allocations familiales, les arrêts maladie, se limitant à moins de 1% des 400 milliards de prestations sociales versées chaque année par la sécurité sociale

Surtout, au moment où le gouvernement donne des leçons de vertu budgétaire en assurant, à juste titre d'ailleurs, que nous ne devons pas léguer nos dépenses sociales à nos enfants, il omet de préciser que c'est exactement ce qu'il a fait l'année dernière, en transférant à la CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale) 120 milliards de dette sociale, ce qui revient à emprunter pour faire payer une partie des soins médicaux d'aujourd'hui par ceux qui travailleront au-delà de 2022.

La lutte contre la fraude de quelques-uns est donc l'arbre qui cache la forêt de la régression sociale pour tous, et pour longtemps.

Bernard Roman

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