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jeudi, 25 août 2011

Avant le Sofitel, les coulisses du duel DSK-Aubry

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Dans un livre fourmillant de révélations, "Le Choc. New York-Solférino, le feuilleton DSK"(Robert Laffont, 25 août 2011), les journalistes David Revault d'Allonnes et Fabrice Rousselot reviennent sur le feuilleton politique et policier dans lequel les affres de DSK ont plongé le Parti socialiste. Et sur l'affrontement à la fois subtil et brutal qui l'a opposé pendant des mois à Martine Aubry dans la course à l'investiture socialiste. Bonnes feuilles.

DSK achève sa réflexion à Marrakech

Pour les vacances de Noël, Dominique Strauss-Kahn est, comme souvent, dans son riad de Marrakech, où ont été conviés, pour séjour ou simple visite, de nombreux amis. Le 29 décembre, le directeur général du FMI en reçoit plusieurs à dîner : Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, l'avocat Jean Veil, Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances, l'écrivain Dan Franck et Gilles Finchelstein, ami et plume de DSK.

A l'apéritif, un peu à part, DSK consulte tour à tour ses visiteurs. "Il prenait les gens les uns après les autres, comme Saint Louis sous le chêne, raconte un des invités. C'était comme si on venait consulter l'oracle..." [ ...]

Certes, l'homme de Washington n'a pas du tout envie d'atterrir dans le champ de mines de la primaire socialiste. "Cette compétition va dégénérer", s'agace-t-il auprès de ses proches. "Il ne voulait pas d'autre candidat sérieux à la primaire. Il pensait que ça ne pouvait qu'apporter des arguments à la droite", confirme un de ses lieutenants. Mais, à en croire plusieurs amis, il aurait, à ce moment-là, achevé sa réflexion. Sa décision est prise même si elle demeure, pour l'heure, secrète. [...]

Aubry ne renonce pas encore

Le mardi 11 janvier 2011, le conseil politique s'ouvre donc dans un climat tendu. Il y a là tous les ténors du parti sans exception, de Ségolène Royal à François Hollande en passant par Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Jean-Christophe Cambadélis. Réunion au sommet.

Au chapitre de la primaire, deux questions décisives sont examinées : celle de la date du scrutin ; et, encore plus stratégique pour DSK, celle de la date du dépôt des candidatures. Date fatidique puisqu'elle l'obligera à abandonner sa couverture du FMI...

Très vite, "c'est le psychodrame", rapporte un participant. Le match est serré. Pour Dominique Strauss-Kahn, Jean- Christophe plaide pour une campagne interne tardive, et pour un dépôt des candidatures "le plus tard possible". Mitterrand ne s'est jamais déclaré avant le mois de décembre", argumente le fondé de pouvoir de DSK. Contre-attaque de Ségolène Royal : "Dominique a besoin de se déclarer tôt car il a besoin d'être sous la protection du parti ! Moi, je n'en ai pas bénéficié !" L'ancienne candidate, comme souvent, parle d'expérience...

Nouveau contre de Cambadélis : "On n'est pas obligés de se précipiter !" François Hollande dégaine l'arme de dérision massive : "Et pourquoi pas une déclaration de candidature après la présidentielle ?" Avant que Martine Aubry n'enfonce le clou : "Il faut quand même plaide que Dominique rentre dans l'atmosphère..."

La patronne du PS, qui sait qu'elle dispose sur ce point d'une majorité, passe au vote. Et tue le match. Le dépôt des candidatures s'ouvrira le 28 juin et s'achèvera le 13 juillet. Les deux tours du scrutin auront lieu les 9 et 16 octobre. DSK vient de perdre la manche. La séance s'achève. [...]

Lorsque l'un de ses lieutenants l'informe, au téléphone, du résultat des négociations, le directeur général du FMI, "très agacé par Martine", se met en rogne : "Ca ne se passera pas comme ça ! Le calendrier était déjà un problème, mais là, c'est délirant d'être en campagne un an avant ! Ca commence mal ! Elle me dit d'y aller et elle fait le calendrier sans moi alors que je devais la voir dans deux jours..."

De fait, les deux associés rivaux se retrouvent, jeudi 13 janvier en fin d'après-midi, dans l'appartement parisien de la première secrétaire. De cette entrevue, plusieurs versions circulent. "Ce fut particulièrement froid et court", dit l'une. "Dominique a été extrêmement violent : 'Je ne comprends pas pourquoi tu me dis d'y aller et tu fixes un calendrier indépendamment de moi'", raconte une autre. "Il lui a dit qu'il serait candidat. Et elle lui a répondu : "Bon, bon, nous verrons cela plus tard'", assure une troisième. Version vivement démentie par les amis de Martine Aubry. [...]

Les deux camps réécrivent leur histoire

Fin juin, six semaines après l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry le jure encore, la main sur le coeur : "Pendant deux ans, nous avions beaucoup travaillé, discuté ensemble. Ce n'est qu'à partir de décembre dernier que nous avons davantage parlé de la présidentielle. Et, début mai, la décision définitive n'était pas prise, comme il l'a dit à tous ceux qu'il a vus à ce moment-là. Il hésitait. Nous pensions que nous étions tous les deux en capacité. On n'était pas au bout de notre réflexion. Et jusqu'à la fin, on continuait à réfléchir."

Une version démentie par la teneur des nombreuses rencontres de Dominique Strauss-Kahn cette semaine-là. Et vivement contestée, sous couvert d'anonymat, par tous les proches de DSK. Un de ses bras droits, fou de rage : "Bullshit ! Elle sait depuis le mois de février qu'il va revenir. Il le lui a dit. Il le lui a dit à la Dominique, en douceur : 'Je suis disponible. Qu'est-ce que tu en penses ?' Et elle a accepté. Elle sait très bien qu'elle ne va pas y aller. Et son entourage le sait. Tout ça est un absolu mensonge. Elle est une candidate de substitution, et puis c'est tout. C'est du pipeau complet. Une com ridicule. Il s'était imposé."

Un autre de ses lieutenants : "Martine récrit l'histoire. Elle raconte que Dominique n'était pas prêt. Et cette histoire, elle va la raconter de plus en plus." Un troisième strausskahnien : "On est en pleine période de révisionnisme. C'est légitime, puisqu'il faut maintenant bâtir le nouveau 'storytelling' d'une Martine candidate, qui n'en avait jamais abandonné l'idée. Mais elle avait fait savoir à Dominique qu'elle était prête à s'effacer."

Conclusion d'un quatrième : "Tout ça, c'est de la connerie. Ce mec y allait. Il en avait envie. Il voulait mouiller sa chemise pour son pays. Et sauver la France."

Le Nouvel Observateur

Commentaires

Une page de plus dans la trop longue litanie des tricheries, trahisons et autres turpitudes de la martine.On ne peut décidément lui accorder aucune confiance, aucun crédit. Vivement les primaires qu'on en soit enfin débarassé, que l'Hérault retrouve sa fédé majoritaire, que la région retrouve ses élus socialistes et que Vézhinet et consorts se cassent...

Écrit par : militant | jeudi, 25 août 2011

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