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lundi, 11 juillet 2011

Question de tempo

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           La vie politique est une question de tempo. Le problème c’est que cela ne semble pas toujours bien compris.

 

            Prenons par exemple ce matin (Direct Montpellier PLUS, 8  juillet 2011) : l’un des « grands élus » (ainsi y en aurait-il des moyens et des petits et peut-être des tout petits ?) s’y exprime. Député, Président de Conseil général,  ami de DSK, il a dans la tourmente que vit ce dernier, reporté son affection sur Martine Aubry. Le fait que nous ne l’approuvons pas ne doit pas nous empêcher de respecter son choix.

 

            Ce choix interroge cependant, si son auteur souhaite rempiler aux élections législatives,  il a fait deux mandats, « les prétendants – à sa succession – sont des nénuphars de la politique » (il n’y a donc pas de féminin à « nénuphar » ?), le double principe de non cumul des mandats et de parité décrété avec force par Martine Aubry à l’ Université d’été  du PS de la Rochelle d’août 2009.

 

            Et dont le respect devrait, en toute logique, faire fleurir les « nénuphars » sur le terreau fertile du Parti socialiste de la 2e circonscription de l’Hérault, et aussi permettre aux « nénuphardes » se s’y épanouir avec splendeur.

 

            Oui mais voila. Martine Aubry a trois faiblesses. La première c’est d’oublier ce qu’elle a promis. La deuxième c’est de vouloir emporter la primaire à n’importe quel prix. La troisième  c’est de penser qu’elle peut conquérir la France hors du rassemblement préalable de son propre camp.

 

            Mitterrand, il a remporté deux présidentielles, avait une autre stratégie : d’abord rassembler son camp, les socialistes, puis rassembler la gauche et rassembler à l’ultime étape les français. François Hollande et Ségolène Royal le savent bien.

 Peux-t-on en vouloir pour autant à Aubry qui ne le sait pas ? Accordons lui  pour excuse, à l'inverse des deux précédents  de n’avoir ni fréquenté, ni réellement  connu Mitterrand.

 

            C’est pareil pour ce « grand élu ».

            Quand il s’oppose à la réintégration des exclus du PS, ils sont encore plus de cinquante, il ferme la porte du rassemblement. C’est bien dommage.

 

            Quand il menace « Si Navarro* revient, je pars ! », c’est un crime. Mais peut-ête qu'il a déjà compris que le sénateur même exclu peut être comme aux régionales l’instrument de la défaite d’Aubry, et de la même façon celui  du rassemblement des socialistes et de la victoire de François Hollande dans tout le Languedoc Roussillon.

 

            Aussi, j’invite respectueusement ce « grand élu », pour lui éviter une nouvelle fois toute déconvenue,  et dans cet esprit « d’unité nationale » que j’évoquais au début de mon propos, la Maison Hollande restant toujours ouverte, à nous rejoindre. Et dans l’intérêt supérieur des socialistes, de la gauche et de notre pays, j'invite le Sénateur Navarro à conserver les clefs et  ne pas se laisser déloger.

 

* Robert Navarro, sénateur de l’Hérault, Premier Vice-président de la Région Languedoc Roussillon, ancien Premier secrétaire de la Fédération socialiste de l’Hérault.


 Geneviève Tapie

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