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samedi, 02 juillet 2011

DSK saison 2

Avec le procès DSK,  la droite espérait disqualifier la gauche sur le terrain de la morale (Cf. post précédent). François Fillon et François Baroin n’ont pas hésité à utiliser l’argument dans l’hémicycle. Dans les allées du pouvoir, les sourires entendus affichaient une satisfaction peu avouable, celle d’un feuilleton judiciaire polluant la campagne présidentielle des socialistes.

Vendredi 1er juillet, dès potron-minet  la France s’est réveillée d’un bond. Sur les radios, les auditeurs ont découvert que la crédibilité de Nafissatou Diallo était très fortement remise en cause par le procureur suite à la découverte de nombreux mensonges de la plaignante. Les informations parvenues dans la nuit, le Figaro n’a pas eu le temps de modifier sa Une. C’est une photo de DSK qui illustre donc ce matin-là le gros titre blanc sur fond noir « l’heure où tout a basculé pour DSK ». Le journal de M. Dassault ne visait pas le probable et prochain acquittement de l’ancien directeur du FMI, mais sa descente aux enfers comme l’indiquait le sous titre « le Figaro a reconstitué minute par minute la succession des évènements qui ont scellé sa chute ».

Ce décalage aurait pu prêter simplement à la raillerie. Tous les journaux peuvent être victimes d’une actualité qui ne s’interrompt pas entre l’heure du bouclage et celle de la distribution. Ce qui dans le cas du Figaro ne lasse d’interroger c’est une Une sur DSK le jour où le choix éditorial aurait logiquement dû les conduire – par exemple – au retour de Taponier et Guesquière après 18 mois de captivité, au vote par la Grèce de son nouveau plan de rigueur, à l’entrée en vigueur de la réforme des retraites, voire au mariage civil du dernier des Grimaldi…
Comment ne pas soupçonner que le seul objet de cette Une ait été d’entretenir une petite musique, celle du discrédit ? Le papier en page 2 était un simple rappel des accusations portées contre DSK et la mise en exergue d’une phrase du porte-parole de l’hôtel – « le Sofitel a déclaré qu’elle donnait toute satisfaction, nous disons même que c’est une employée exemplaire » – donnait le ton (et prend toute sa saveur à la lumière de ce que chacun sait désormais).

Le vent a tourné. Plus personne n’osera critiquer Jean-Marc Ayrault qui lisant une déclaration solennelle devant le groupe socialiste le 17 mai expliquait que « dans cette affaire il y a une victime, mais nous ne savons pas encore s’il s’agit de l’accusé ou de la victime présumée ».

Sans céder à un nouvel emballement, tout semble indiquer un probable acquittement de Dominique Strauss-Kahn dans les semaines qui viennent. Viendra alors le temps de la réhabilitation d’un homme condamné à la vitesse de twitter. Puis se posera la question de son éventuel retour dans la course présidentielle.

François Hollande a suggéré que les délais de dépôt de candidatures aux élections primaires soient prolongés pour permettre à celui qui fût – avant lui – le favori des sondages , d’y participer s’il en conserve le désir. Le geste est trop rare dans cet univers pour ne pas le souligner. Un « homme normal » peut ainsi se révéler un politique exceptionnel

Olivier Faure

 
 

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